Année 2022
2022: voilà maintenant huit années que nous sommes ici! Nous prenons racine toujours plus dans ce coin de terre charentais et dans cette vie proche de la nature. Et pourtant nous ne pouvons pas dire que nous sommes installés dans un rythme de croisière… Cette année fut encore mouvementée et bien chargée!
Nous avons bénéficié de l’aide de deux stagiaires, Céline et Henri, qui ont pu donner un bon coup de main aux moments décisifs, c’est-à-dire au tout début du printemps pour la préparation des plates-bandes et au moment de planter en avril-mai. Quelques woofers nous ont apporté de l’aide, mais nous avons constaté une assez nette baisse de la demande tout au long de l’année. Difficile d’en saisir les raisons.
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| Les stagiaires avec leur jeune stagiaire... |
La nouveauté technique de l’année est l’extension de la culture sous bâche avec goutte à goutte, très propice aux légumes du soleil: tomates, courgettes, aubergines, poivrons, concombres. En effet, ces plantes ont besoin à la fois d’eau et de chaleur. Or la bâche garde très bien l’humidité et capte mieux la chaleur au printemps par sa couleur noire. Chaque pied a été planté à côté d’un goutteur. Ce système nous a permis de passer cet été particulièrement sec assez sereinement grâce à l’économie d’eau réalisée. Quid de la paille nous direz-vous ? Bien sûr la paille est plus naturelle mais la bâche en plastique est moins coûteuse, plus pratique à la mise en place, elle retient mieux l’eau et réchauffe le sol tandis que la paille isole. C’est ainsi que pour la première fois nous avons eu nos premiers poivrons et premières aubergines fin juin, soit un bon mois plus tôt que d’habitude.
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| Mise en terre des plants d'aubergines sur bâche. Nous n'avons malheureusement pas de photos des superbes pieds qu'ils ont donné.. |
Mais c’était sans compter les caprices de Dame nature qui a cru bon faire tomber de la grêle en cette fin du mois de juin. Et voilà nos jolis plants, qui donnaient déjà du fruit, hachés menus en quelques minutes… Nous vous garantissons que cela procure une drôle d’impression, surtout quand ça arrive à 6h du matin. Au même moment il se mettait à pleuvoir littéralement à verse dans notre stock de bocaux… Bref, une journée mémorable dont les effets ont été, avec le recul, assez faibles. Les plants de haricots, poivrons, aubergines, courgettes ont certes pris du retard mais ont repoussé et donné ensuite généreusement. Et les trombes d’eau qui ont suivi la grêle ont achevé de remplir nos mares-réserves.
Autant nous sommes très fiers de nos aubergines et poivrons, autant nous pouvons revoir notre copie pour les tomates… Ce n’est certes pas le mildiou qui nous a gêné cette année, vu qu’il n’est quasiment pas tombé une goutte de l’été. De plus, nous avions pris soin de les placer sous serre pour ne pas avoir ce genre de problème. Nous avions déjà monté l’armature métallique l’an dernier. Il ne restait « plus qu’à » tendre les fils en plastique dessus et installer ensuite la bâche. Quant au sol, une grosse pelle était malheureusement passée dessus pour creuser une tranchée et enterrer les poteaux de la serre. Jean-Emmanuel a donc voulu décompacter la terre en passant le motoculteur. Mais mal lui en a pris car en mélangeant ainsi la terre et le broyât de déchets verts, il a créé ce qu’on appelle une faim d’azote: le bois non décomposé dans le broyat a tendance à monopoliser l’azote disponible dans la terre. Et il n’en reste plus beaucoup pour nos pauvres plants de tomates qui ne partaient déjà pas très bien car trop poussés dans leurs godets en attendant que tout soit prêt…
Ensuite les tomates aiment avoir chaud, mais point trop n’en faut! Durant les gros coups de chaud de juillet, Jean-Emmanuel a bien ouvert les quatre côtés de la serre, ce qui suffisait à aérer les bords, mais pas les plants du milieu de la serre, qui en plus souffraient de la réverbération de la bâche noire.
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| Tranchée pour enterrer les poteaux de la serre |
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| Mise en place de la bâche à partir du sommet de la serre. C'est qu'elle pèse lourd! |
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| Mise en terre des plants de tomate, nous sommes le 2 juin... |
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| Quelques mois plus tard! A gauche, le feuillage rampant des patates douces. |
Enfin, dernière erreur, nous avions commencé le travail de tuteurage des tomates, mais n’avions pas été jusqu’au bout par manque de temps. La cueillette en été rendue plus difficile ensuite.
La bonne nouvelle c’est que nous avons encore l’année prochaine et toutes les autres pour faire mieux!
Vous avez peut-être remarqué que nous vous parlons de plus en plus de nos plates-bandes autour de la maison et dans le champ, de notre petite et désormais « grande » serre, mais un peu moins du « parcours cueillette », notre premier terrain de cultures, tout en buttes disposées autour de deux mares. C’est que devant la réussite de la technique MSV, ou maraichage sol vivant (sous bâche), Jean-Emmanuel se rend compte qu’il va être difficile de bâcher les buttes et de continuer à entretenir l’ensemble. Certains piquets commencent à pourrir et des bouts de butte à s’effondrer. Ce serait beaucoup de travail d’entretien, de temps de paillage et de désherbage pour pouvoir le maintenir tel quel.
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| Le parcours cueillette, un petit paradis de biodiversité! |
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| Le début de la fin? |
Voilà où nous en sommes de nos réflexions…
Au verger, une deuxième année sans fruit. Quelle tristesse ! Une accumulation de « pas d’chance »? Tout simplement une fin d’hiver trop douce, un débourrement et une floraison précoces, une grosse gelée tardive, et pour finir une pluie de grêle fin juin qui a mis fin aux maigres espoirs restants. Allez, espérons que le climat l’année prochaine sera plus clément !
Faute de fruits, le verger nous a donné des œufs. Enfin, façon de parler. Ce sont nos poules à qui Jean-Emmanuel a fabriqué un nouveau parc, qui nous ont donné de bons œufs même si ce fut assez irrégulier. Les poules sont pires à comprendre que les femmes!
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| Un beau grand parc, aux petits oignons nos poulettes! |
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| Le jour baisse, l'heure du dodo |
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| Un pondoir spécialement conçu pour que les oeufs roulent derrière un petit rideau au fond et échappent aux oiseaux chapardeurs... Merci Dady pour la réalisation! |
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| La joie de la récolte des oeufs, qu'il y en ait un ou seize! |
Le chapitre travaux sera très rapide. Ils ont porté cette année sur le hangar à droite de la grange. C’était le dernier emplacement de la ferme auquel nous n’avions quasiment pas touché depuis notre arrivée, une sorte de sanctuaire où dormaient dans la pénombre de vieux tonneaux en bois, des piles de bouteilles remplies d’une piquette paraît-il buvable, une balance à moutons, de vieux outils, des pneus, de la ferraille et autres objets tout juste bons pour la déchèterie. Le premier travail, et pas le moindre, fut donc de le débarrasser. Il s’est agit ensuite de réparer quelques poutres puis de rehausser l’ensemble de la charpente pour pouvoir y faire rentrer des véhicules. Jean-Emmanuel a pour cela fabriqué et installé de nouveaux poteaux. Enfin il fallait creuser et poser un drain tout autour pour assainir les lieux. Cela fait du bien maintenant de pouvoir rentrer nos véhicules à l’abri!
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| Des étais supportent la charpente réhaussée. |
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| Nouveaux poteaux et début du drainage |
Début juillet un petit chantier terrassement à l’emplacement de l’ancien poulailler nous a permis de préparer un terrain bien aplani et proche de la maison pour installer la « tente de transfo ». Premier pas vers l’aménagement d’un futur laboratoire de transformation à la ferme, cette tente nous a permis de faire mûrir ce projet tout en nous donnant un lieu un peu plus adéquat cette année pour réaliser la plus grande partie de nos bocaux (l’autre partie se faisant dans un laboratoire professionnel dans le sud de la Charente).
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| C'est le chantier dans l'ancien poulailler! |
Nous devons remercier non seulement les woofers qui sont passés (Diego, Salomé, Ariel, Willy, Dimitri, Joey, …) mais aussi les parents de Jean-Emmanuel qui nous ont tous donné un bon coup de main pour la confection des bocaux, en particulier la mise en bocal qui est une opération assez longue, surtout pour les petits pots.
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| Cuisson des courgettes pour les bocaux de Courgettes à la Provençale |

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| Avec le sourire s'il-vous-plaît Joey, Salomé et Ariel ! |
Cette année, les bocaux prennent clairement le pas sur la vente de légumes frais. Plusieurs choses l’expliquent: le choix des bocaux et l’attirance naturelle de Jean-Emmanuel vers les légumes d’été font que nous ne produisons pas toute l’année des légumes très variés, il faut faire des choix. Cela nous a valu, du moins en partie, de perdre le débouché de deux restaurants. En outre, nous voyons s’installer de plus en plus dans le coin de nouveaux maraîchers. Or la demande en légumes bio/locaux dans cette région très rurale n’est pas illimitée. Et comme nous commençons à avoir de l’expérience dans les conserves, qu’elles semblent être appréciées et que nous avons du goût à les faire, il nous semble judicieux de poursuivre dans cette voie plutôt que de faire la même chose que les collègues.
Comme pour confirmer cette décision, plusieurs occasions de vendre nos bocaux dans des boutiques en local se sont présentées à nous récemment.
C’est pourquoi nous sommes maintenant bien décidés à nous lancer dans l’aménagement d’un labo de transfo chez nous. Nous sommes actuellement en pleine réflexion sur les modalités pratiques avant de débuter les travaux au printemps. Un sacré projet en perspective!
Cet été, nous avons renouvelé notre partenariat avec la Maison Maria Casares où se déroule un festival de théâtre pendant un mois. Outre quelques légumes, nous avons surtout fourni les galettes poitevines pour le goûter spectacle. Claire est devenue une championne en la matière avec plus de 120 galettes confectionnées en quatre semaines!
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| Combien de galettes sur la photo? |
Dans un tout autre domaine, bien qu’il s’agisse toujours de culture, quelque chose nous a bien occupés l’année passée : c’est la création, avec une petite association, du Cours Aliénor d’Aquitaine, un collège du réseau Excellence Ruralités (anciennement Esperance Ruralités) dans le Confolentais, à Esse. Une aventure qui a commencé durant le premier confinement, alors que Jean-Emmanuel, toujours désireux de réfléchir aux problématiques de son temps, avajt lancé un petit groupe de réflexion informel par visio. Et la première question traitée fut celle de l’éducation. Nos réflexions rencontrèrent par hasard, mais nous ne croyons pas au hasard, le désir de la Fondation Excellence Ruralités de fonder un second établissement, le premier se trouvant à la Fère, dans l’Aisne. Leur pédagogie nous a tout de suite parlé, l’idée de se lancer dans la fondation d’un collège, un peu moins. Et pourtant… Septembre 2022, avec l’aide de la Fondation et grâce au travail de notre petite association, le collège a ouvert avec 7 élèves, un directeur et quatre professeurs très motivés. L’essence de cette pédagogie : offrir aux jeunes un cadre favorable pour lutter contre le décrochage scolaire et atteindre chacun sa propre excellence. Cela passe par des classes à petit effectif, des professeurs-éducateurs présents en classe mais aussi dans la cour, aux repas et à l’étude, un esprit d’école et d’équipe pour que personne ne soit seul, une relation de proximité avec les parents etc… Nous sommes très heureux de l’aboutissement de ce projet même si le travail est loin d’être terminé, notamment avec la recherche de donateurs et mécènes sans lesquels ces établissements hors-contrat et destinés à des populations modestes ne pourraient pas exister. À bon entendeur…
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| Inauguration du collège en octobre |
Pour finir, voici quelques photos de nos trois gaillards qui grandissent bien. Rémi a fait sa première rentrée à l’école en septembre, Augustin profite de sa dernière année de maternelle tandis que Bruno a attaqué le CP.
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| Et là, ce sont enfin les vacances!!!! |












































































