Printemps 2018
Avec quelle impatience avons-nous attendu ce printemps que le printemps arrive ! Le soleil a fini par pointer son nez, nous donnant de belles journées pour travailler malgré quelques retours au froid.
Ces trois mois d’avril à juin ont été denses, c’est bien naturel pour des maraîchers…
Aidés par de vaillants woofers, nous avons continué à palisser le flanc des buttes pour éviter tout éboulement de terre et désherbé, voire débroussaillé d’autres emplacements pour préparer les plantations.
![]() |
| La bande des "El": Emmanuel, Raphaël et Jean-Emmanuel au boulot. |
Les plants provenaient en grande partie d’un maraîcher ami avec lequel nous collaborons de plus en plus. Il est d’ailleurs temps de vous présenter Sylvain et Charlotte. Ce couple de maraîchers s’est installé à 25 minutes de la Roussie à peu près en même temps que nous et ont une fille du même âge que Bruno. Nous nous entendons bien et nous échangeons volontiers des services, des journées de travail, des légumes quand cela arrange l’un pour ses ventes etc… S’est joint à notre binôme une autre maraîchère, Alice. Nous travaillons de plus en plus ensemble et avons le projet de louer ensemble un atelier de transformation pour « passer » nos légumes en surplus à Alloue, une commune idéalement située entre nos trois micro-fermes. Nous vous en dirons un peu plus quand le projet prendra davantage forme. C’est en tous cas très agréable de pouvoir ainsi compter sur d’autres sans que la crainte de la concurrence ou la jalousie ne viennent assombrir la relation. Ce n’est malheureusement pas le cas avec une ferme voisine, à la fois si bien et si mal nommée « le Riveau ».
![]() |
| On a aussi fait quelques semis nous-mêmes |
Cette année, nous avons semé et planté pêle-mêle : différentes variétés de tomates, de pommes de terre, des oignons, des fèves, des petits pois, des salades, des courgettes, des blettes, des aubergines, des poivrons, des haricots (malheureusement trop peu et trop tard), des concombres, des courges.
![]() |
| Augustin en stage intensif de plantation sur butte... |
![]() |
| Un travail d'équipe efficace! Tiphaine, une woofeuse, avec Diane, la fille d'amis de passage. |
Jean-Emmanuel a voulu tester une technique de semis de petits pois et fèves glanée sur internet : il s’agit de semer très serré puis de contenir les plantes en les enserrant entre deux grillages. Le résultat n’a pas été à la hauteur des espérances : les plants de petits pois et de fèves se sont moins bien développés là où ils étaient les plus denses.
![]() |
| La récolte des petits pois. |
![]() |
| La plate-bande de fèves. |
Quant aux pommes de terre, elles ont été plantées cette année sous paille, soit juste posées sur le sol, soit à demi enterrées. Nous tirerons les conclusions lors de la prochaine saison. Nous avons utilisé pour cette plantation l’espace des futures bandes arbustives de la grande parcelle que nous destinons à l’agroforesterie. La plantation de pommes de terre ameublit le sol et prépare ainsi l’installation des arbres l’hiver prochain, si tout va bien !
![]() |
| Pose des pommes de terre sur du broyat végétal |
![]() |
| On déroule la paille sur les pommes de terre |
![]() |
| Nous avons complété la couche de paille avec le foin du verger. Il faut une bonne épaisseur pour que les pommes de terre ne verdissent pas. |
L’agroforesterie consiste à planter des céréales sur des bandes de 20 mètres séparées par des haies d’arbres. Nous avons enfin attaqué cette année le sol ingrat de la grande parcelle en y faisant faire un labour superficiel et un semis de sarrasin, plante qui s’accommode d’un sol pauvre.
![]() |
| Et ça pousse! |
Pour aider à faire partir les premières pousses quand la saison n’est pas encore très certaine, nous avons essayé les tunnels nantais : ce sont comme des mini-serres, c’est-à-dire des voiles posés sur des arceaux qui courent le long des plates-bandes. Nous avons trouvé l’expérience assez concluante et la renouvellerons sans doute.
Pour finir dans nos expériences de plantations, nous avons à nouveau fabriqué une lasagne (voir le blog de l’été 2016) : cette technique consiste à superposer des couches carbonées (paille) et des couches azotées (tonte d’herbe) qui chauffent et favorisent les cultures. Inutile d’attendre pour vous dire le résultat : les aubergines que nous y avons plantées ont beaucoup mieux poussé que les autres, c’est assez extraordinaire.
![]() |
| La lasagne "diamant" plantée d'aubergines. |
Mi-mai a commencé la saison des fraises dont la récole fut plus abondante que l’an passé grâce à la multiplication des pieds, mais aussi grâce à la mansuétude des fameux saints de glace (saints Mamert, saint Pancrace et saint Servais les 11, 12 et 13 mai). Une bonne partie des fraises est heureusement située sur des buttes, ce qui a facilité la cueillette. Ces délicieux fruits rouges nous ont bien occupés (enfin, surtout Claire aidée à la fin par Claudie, merci à elle !), avec la cueillette quotidienne, suivie du tri, de l’équeutage et de la mise en confiture (91 grands pots, et 29 petits). Une partie a été vendue fraîche en direct aux deux restaurants que nous fournissons, à la Maison Maria Casares (la maison de l’actrice à 10 km d’ici transformée en résidence pour troupes de théâtre) ou à des gens du coin. Nous en avons également gardé pour nos papilles, congelées coupées pour nos futurs sorbets ou transformées en coulis pour améliorer l’ordinaire quand vous viendrez nous visiter !
Pour rester sur les fruits, nous avons aussi récolté de la rhubarbe avec laquelle nous avons fait quelques confitures et des framboises qu’il nous faut encore multiplier. Nous aimerions en parsemer le verger entre les arbres des baissières. Nous avons aussi bénéficié de la générosité d’amis voisins qui croulaient sous les cerises, exceptionnellement abondantes cette année. Nous nous sommes donc lancés, en plus de quelques pots de confiture, dans les bocaux de cerises au sirop, de quoi agrémenter nos repas d’hiver quand les fruits viendront à manquer.
Côté légumes, le printemps a ramené avec lui des saveurs oubliées depuis près d’un an, comme les petits pois tant attendus par Claire, les fèves ou les courgettes. C’est un réel plaisir, si on accepte de jouer le jeu des saisons, de redécouvrir le goût des fruits et des légumes quand revient l’époque de les manger. Ainsi le goût de la première tomate fraîche… Une belle découverte de la saison a été la dégustation des petits pois mange-tout, légèrement sucrés, délicieux poêlés quelques minutes. Nous les multiplierons l’an prochain !
Il ne s’agit pas seulement de les récolter pour nous, mais aussi pour nos clients, restaurants ou quelques habitués du coin, avant que l’on ouvre officiellement à la vente à partir de la mi-juillet.
![]() |
| Pois mange-tout. Quel délice! |
Laissez-nous maintenant vous présenter Ursule et Rochon. Arrivés tout juste sevrés au lendemain de Pâques chez nous, ils ont vite rejoint l’enclos des poules qui ont dû partager leur espace vital…
![]() |
| A peine sevrés, ils viennent d'arriver chez nous. |
La cohabitation ne se passe pas si mal, même si ces goinfres de cochons auraient tendance à manger la pitance des poules et même leurs œufs ! Il a donc fallu remettre un peu d’ordre et obliger les poules à pondre dans le poulailler et non dehors dans l’enclos. Nous avions dans l’idée, en prenant en pension ces bêtes, de les utiliser pour préparer des terrains : ils commencent, paraît-il, par manger l’herbe et toute la végétation avant de s’attaquer aux racines. Il faut les arrêter juste à temps avant qu’ils ne défoncent le terrain. Pour le moment, nous n’avons pas encore eu l’occasion de vérifier la chose car ils sont encore assez petits et ont de quoi faire dans l’enclos. A vrai dire, nous avons une seule fois tenté une sortie dans un enclos à mailles électrifiées pour voir s’ils allaient retourner le terrain. Mais les cochons ne nous ont pas laissé le loisir de cette expérience car, à peine ont-ils eu pris une châtaigne dans le museau qu’ils ont foncé tête baissée, réussissant à passer entre les mailles du filet… C’est qu’après il a fallu les rattraper et les ramener au bercail ! Le souvenir des chasses au mouton était encore frais et pour le moment, les cochons sont toujours sous notre surveillance dans l’enclos des poules où ils sont en train de prospérer tranquillement et de comprendre ce que c’est qu’un fil électrique.
![]() |
| Heureusement, ils ne sont pas encore trop lourds! |
Quant à nos poulettes, tout va bien Madame la Marquise ! Nous avons eu la joie de voir les premiers poussins naître chez nous, non sans casser quelques œufs… Nous avions tout à apprendre même si la naissance de poussins peut paraître la chose la plus naturelle au monde. Il suffit de laisser couver la poule et d’attendre 21 jours ? Certes, mais notre poule naine, excellente couveuse, couvait évidemment à l’endroit où les poules pondent chaque jour. Or, après lui avoir laissé 6 œufs à pondre, il n’en faut guère plus, il devenait difficile de venir chercher nos œufs quotidiens car la naine les recouvrait et se montrait menaçante quand nous voulions aller les chercher. Sur les conseils d’une dame de Hiesse, nous avons isolé la poule couveuse hors du poulailler, dans l’ancienne cabane des cochons, où elle a effectivement donné naissance à trois poussins noirs, dont un s’est malheureusement échappé et disparu, peut-être dévoré par un chat… Que crudele ! La même dame de Hiesse nous avait fait éclore dans sa couveuse électrique un quatrième poussin qui a rejoint les autres, mais a disparu à son tour une nuit après plusieurs semaines en même temps que deux poulettes dorées que nous avions achetées. Et pourtant le poulailler était fermé et on ne trouve pas de trace du passage d’un prédateur… Nous ne comprenons pas encore tous les mystères de la nature !
![]() |
| Tout juste né, collé à sa mère. |
Nos petits poussent bien. Augustin gambade partout et Bruno participe volontiers aux travaux de la ferme.
![]() |
| On est bien dans l'herbe fraîche! |
A bientôt pour vous narrer nos aventures estivales. Bon été à vous!
























