Chers amis, chère famille,
Vous ne les attendiez plus… voilà des nouvelles
fraîches de la Roussie !
Alors, ça avance ??? Jugez-en par vous-mêmes.
Côté maison d’abord…
Ca y est, la porte entre la future cuisine et la
future arrière-cuisine est finie d’être percée, et une porte en bois a
désormais comblé le trou.
Quant à la salle de bain, il y a quelques
progrès : à l’emplacement de la douche, Jean-Emmanuel a appliqué par
couches successives un stuc qui permet de remplacer le carrelage. C’est ce qu’on
voit en rouge sur la photo.
D’aucuns y
voient une inspiration orientale. L’éclairage s’est également amélioré grâce à
l’apposition de spots au plafond. Le chantier n’a pas évolué pendant l’hiver,
et la température a tourné autour de huit degrés ; les douches n’ont
jamais été aussi courtes, même si, Dieu merci, nous avions de l’eau
chaude ! Pour que les travaux avancent davantage, il fallait attendre que
le système de chauffage soit mis en place, pour que le plancher en châtaigner
que nous avons déjà acheté ne pourrisse pas. Or, ce n’est que très récemment
que nous avons fait l’acquisition de notre cuisinière à bois- bouilleur qui va
alimenter le chauffage au sol et le radiateur de la salle de bain (reste à
l’installer).
Jean-Emmanuel a déjà commencé à isoler les murs de la pièce par
l’extérieur avec de la paille enfilée dans des palettes en bois.
Revenons dans la pièce principale.
Jean-Emmanuel a complètement enlevé l’escalier et a finalement renoncé à le
réutiliser. Nous voulions en effet déplacer l’escalier qui se trouvait, après
l’abattage d’une cloison, au milieu de notre grande pièce. Après avoir imaginé
toutes les configurations possibles pour lui trouver un nouvel emplacement,
nous pensions juste le décaler en changeant le quart tournant (de droite à
gauche). Ce qui se révèle en réalité une opération assez complexe. Nous venons
donc de faire l’acquisition d’un nouvel escalier qu’il reste à mettre en place…
une fois que le sol sera fini ! Transition parfaite pour vous parler
maintenant du grand chantier sol de la grande pièce…
A la fin de l’été, le sol avait bien avancé (voir la
précédente newsletter), et il restait à le recouvrir. Oui, mais avec
quoi ? Là est toute la question que nous avons retournée dans plusieurs
sens. Allait-on mettre des tomettes ou réutiliser les briques ? Dans
quelle disposition ? Pourquoi ne pas mettre du parquet ? Idée
tentante, mais qui s’éloigne de l’esprit originel des lieux. En combinant tous
les critères, à la fois techniques, économiques, pratiques et esthétiques, et
après plusieurs projets, nous avons finalement opté pour cela:
Une
alliance de bois et de briques. Et, ô miracle, la largeur de la pièce
correspond au millimètre près à 7 carrés de briques. Le défi technique reste de
rendre la surface du sol parfaitement (ou presque) plane, alors que la chape
en-dessous ne l’était que très très approximativement. Pour le moment seule la
future cuisine en est revêtue. C’est que ce petit travail est exigeant
physiquement et demande beaucoup de temps !
Toujours dans la pièce principale, une partie des
murs et du plafond a perdu sa carapace de peinture marron, verte et orange.
Ouf ! Comme cela fait du bien !
Les matériaux naturels, le
bois et la pierre, commencent à apparaître sous les coups du burin
électrique et du sable projeté à toute force par un compresseur à air. Le
sablage n’est pas une mince affaire : il faut d’abord s’habiller en
conséquence avec un casque de scaphandrier et changer la vitre du casque tous
les trois sacs car le sable raye le verre. Bilan de l’opération :
efficace, mais relativement onéreuse.
Quant à l’extérieur, les choses se mettent en place
petit à petit également.
Jean-Emmanuel a fini le système de drainage autour
de la maison.
Pour finir sur ce chapitre de l’eau et de
l’humidité, Jean-Emmanuel s’est employé à transformer le vide de 70 cm entre
notre chambre et la bergerie dans lequel s’accumulait l’eau de pluie et donc
l’humidité, en un espace couvert et muni d’une chape isolante au sol. Nous
voudrions en faire une douche et des toilettes à terme, ce qui rajoutera
quelques mètres carrés à la maison !
Et le jardin ? Et le maraîchage ?? Ca
avance ???
Patience ! Avant de semer à toute volée, il
faut bien réfléchir les choses et mettre en place le terrain. Un principe de
base en permaculture.
Avant toute chose, il est important, car bon pour le
moral (et le moral, c’est le nerf de notre guerre !) de vivre dans un
environnement plaisant. C’est pourquoi nous avons tenu à refaire les bordures
devant la maison en utilisant la technique médiévale du plessis.
Cela a
le double avantage d’empêcher l’herbe de gagner sur la bordure et d’être joli
(enfin, nous trouvons). Ces bordures vont être plus particulièrement consacrées
aux plantes aromatiques, faciles à cueillir devant la maison et bien exposées
au sud, ce qui n’empêche pas de planter quelques fleurs au passage.
Le plus gros de l’affaire reste la construction des
fameuses buttes potagères. Les buttes offrent de nombreux avantages :
outre le fait qu’elles augmentent la surface par rapport à des cultures en
plein champ, elles empêchent de se casser le dos, elles permettent une meilleure
exposition au soleil et surtout elles maintiennent une certaine humidité, même
en période de forte chaleur (grâce au paillage) tout en empêchant les cultures
d’être inondées en cas de fortes pluies.
Fabriquer ces buttes n’est pas aussi simple que cela
paraît : cela nécessite de se procurer des branchages et des végétaux, de
disposer dessus de la terre, de la border avec du bois coupé, et enfin de la
pailler. Jean-Emmanuel a réalisé ainsi dernièrement quatre buttes maraîchères,
ainsi que des buttes destinées à délimiter le terrain devant la maison, sur
lesquelles on a déjà planté des arbres et arbustes et semé des graines. Des
entreprises locales d’entretien d’espaces verts nous ont apporté régulièrement
des végétaux qui viennent s’empiler sur ces « buttes frontières ».
Jean-Emmanuel s’est également mis en cheville avec
son voisin agriculteur pour recevoir les déchets verts que les particuliers
mettent à la déchetterie de Confolens, la petite ville voisine. Régulièrement,
des camions viennent décharger des bennes sur une plateforme construite à cet
effet, et deux fois par an, une machine vient broyer ces déchets, qui
compostent ensuite gentiment sur place. De l’or brun en perspective !
Un autre voisin agriculteur nous a également nettoyé
un petit terrain qui était littéralement couvert de ronces de l’autre côté de
la route. La terre y est bonne et attend des arbres fruitiers.
Mais à
chaque jour suffit sa peine… Nous avons déjà planté quelques arbres fruitiers
autour de la maison : des pommiers, pruniers, cerisiers et noyers.
Enfin, la mise en place du terrain passe aussi par
l’aménagement de mares car… l’eau c’est la vie, comme se plaît à le répéter
Jean-Emmanuel. Les premières buttes maraîchères ont été faites autour d’un trou
d’eau qui s’est transformée en une toute petite marre, avec même une petite île
potagère au milieu, le tout très bien
exposé au soleil et à l’abri du vent du nord. Voilà des conditions favorables
pour la culture de certains légumes et fruits qui aiment à la fois l’eau et le
soleil !
Claire continue à travailler pour ses élèves, et
comme le faisait remarquer quelqu’un récemment, on peut dire aussi que c’est
une jardinière, qui essaye de faire grandir les jeunes qui lui sont confiés.
Mais on ne fait pas pousser un arbre en tirant sur ses feuilles, alors il faut
beaucoup de patience pour exercer ce métier d’enseignant avec des élèves en
(grande) difficulté ou qui n’ont tout simplement pas envie de trop travailler…
Et pour finir, nous voulons vous partager la joie de
voir passer les semaines et les saisons de plus près. Lumières, du soir et du
matin, gelée et neige, brouillard, grues qui partent et qui reviennent à grands
cris.
Bref, nous ne sommes pas malheureux ici.
Nous pourrions vous raconter encore les liens que
nous nouons progressivement dans le voisinage plus ou moins proche, mais c’est
encore une autre histoire, tout aussi passionnante.
Vous savez que vous êtes toujours les bienvenus si
vous êtes de passage dans notre Charente limousine. Alors à bientôt, et
portez-vous bien !
Claire et Jean-Emmanuel





































