Le printemps est là, il a même été en avance cette année, nous poussant à l’action après le temps des bilans et de la réflexion sur la saison à venir.
Les pommes de terre, les petits pois et les oignons ont déjà été semés, il reste maintenant les fèves, en attendant les plantations des légumes d’été qui nécessitent plus de chaleur.
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| Bruno et Augustin "au travail" près des fèves qui émergent tout juste |
La grande affaire de la saison a sans nul conteste été la fabrication de la serre derrière la maison, du moins la première partie, car elle a vocation à être doublée l’année prochaine. Enfin ! direz-vous peut-être… Un maraîcher sans serres est un drôle de maraîcher ! D’abord, Jean-Emmanuel voulait tester ce qu’il était en mesure de cultiver sans cet artifice. Et il a vu que pour les légumes d’été comme les tomates, mais surtout les aubergines et les poivrons, il y avait tout de même besoin de cette maison chaude pour étendre leur période de production...
De plus, il voulait prendre le temps de concevoir une serre idéale, si tant est qu’elle puisse exister, du moins qui tenterait de pallier les inconvénients des serres conventionnelles (les tunnels plastifiés):
- Par rapport au problème de la prise au gel quand le thermomètre descend en-dessous de 0, il a choisi de doubler la bâche plastique ;
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| Agraffage de la double-bâche avec Manon, Coline et Maxime |
- pour réduire la quantité d’eau nécessaire à l’arrosage d’une serre classique, il a prévu la récupération de l’eau de pluie qui coulera des toits directement sur le sommet des buttes de culture et irriguera ainsi toute la butte
- quant à la circulation insuffisante de l’air en cas de forte chaleur, elle peut être corrigée en optant pour la version « serre chapelle » plutôt que la traditionnelle « serre tunnel ». Les couloirs de cultures appartiennent à un même vaste espace dans lequel l’air circule mieux et se réchauffe moins vite. Jean-Emmanuel a maintenu le choix des buttes étagées pour cultiver dans la serre : cela gagne de la place et permet de mieux optimiser l’eau.
En parallèle de la réalisation de la serre, de nouveaux espaces de cultures ont été mis en place : les « plates-bandes du bureau », toutes proches de la maison elles aussi (c’est le meilleur moyen de bien en prendre soin), ainsi que « l’octogone » dans le parcours et les « plates-bandes de la plage » près de l’une des mares.
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| L'octogone avant... |
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| Après ! |
Au mois de mai, les saints de glace ont sévi en avance, les traitres. Heureusement que la météo existe ! Nous avons voilé tous les fraisiers en fleurs, mais n’avons pu empêcher le gel d’endommager les plants de pommes de terre déjà sortis. Ces coups de froid terminés, nous pouvions commencer à semer et planter les légumes d’été : les haricots, tomates, basilic, aubergines, poivrons, concombres, courgettes et courges essentiellement.
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| Savez-vous planter les choux, à la mode de chez nous? |
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| Ici tout le monde travaille ! Implantation de courges. |
Cette année, Jean-Emmanuel a essayé une nouvelle technique sur plusieurs plates-bandes : la plantation sur bâche biodégradable. La bâche noire fournit un paillage (c’est que cette année la paille est chère à cause de la sécheresse de l’été dernier), elle réchauffe le sol, évite le désherbage et permet d’économiser de l’eau en maintenant l’humidité du sol.
Dans le champ, le sarrasin a laissé place cette année à un semis d’engrais verts. Il était prévu au départ d’y cultiver une céréale, mais c’est que de l’idée à la réalisation, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît pour des bleus comme nous. A force de recherches pour savoir quoi semer, où se fournir la semence, à qui faire appel pour faire le travail de préparation du sol, la saison des semailles était passée, et nous avons dû nous rabattre sur les engrais verts, ce qui au fond n’est pas si mal car notre champ a grand besoin d’être régénéré !
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| Début du labours dans le champ |
La fin de l’hiver, nous avions semé au fond du champ entre les lignes d’arbres plusieurs variétés de pommes de terre en espérant que les doryphores ne s’y déplaceraient pas. Mais ce n’est pas assez loin encore pour eux, et nous avons été pris d’assaut pas ces voraces. Quand on ne traite pas, le seul moyen est d’essayer de les éradiquer avant que les larves n’éclosent. Mais quel travail de minutie et de patience le dos courbé ! Tout comme le désherbage, certes réduit par le paillage, mais tout de même nécessaire.
Pour toutes ces tâches énumérées au-dessus, nous devons remercier chaleureusement le père de Jean-Emmanuel qui a été d’une aide précieuse pour plusieurs tâches, surtout la serre, ainsi que tous les woofers qui se sont succédé durant le printemps.
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| Une jolie petite barrière séparant le verger du jardin. Merci Dady ! |
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| Une belle équipe cette semaine-là avec Jean, Florian, Vincent, Roxane et Caroline |
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Dernier repas pour Manon et Coline. François reviendra pour de nouvelles semaines de stage chez nous. |
Nous nommerons Jean en particulier, chercheur en paléontologie, qui est resté chez nous durant quatre mois, de début mars à fin juin et qui a été un fidèle soutien, motivé, intéressé et intéressant. Un grand merci à lui !
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| Jean nous montre une belle couleuvre qu'il a trouvée dans une des mares. |
Pour loger tout ce petit monde, de un à quatre woofers en même temps, nous bénéficions du studio mis à disposition dans leur ancien garage par les parents de Jean-Emmanuel (grand merci à eux !), d’une tente d’appoint ainsi que d’une caravane nouvellement acquise. Nous avions remarqué que nos voisins avaient stocké leur caravane dans leur jardin et ne s’en servaient guère. Notre prix fut le leur, un grand coup de propre et hop, la voilà en service !
Le printemps apporte avec les nouveaux légumes qui apparaissent progressivement de nouvelles saveurs dans l’assiette, et ça, c’est un vrai plaisir ! Les orties d’abord sont revenues à foison. Il nous restait des pommes de terre, les dernières de la saison : nous avons donc décidé de descendre en Sud Charente dans le labo de transformation que nous avions déjà loué l’an dernier pour faire une grande tournée de soupes d’orties. Plus de trois cents bouteilles en une journée. Avis aux amateurs pour l’hiver prochain !
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| Empaquetage des bouteilles de soupes après leur sortie de l'autoclave |
Puis les fraises ont fini par rougir vers la mi-mai. Aussi bonnes dégustées fraîches ou en sorbet qu’en confitures.
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| Des sorbets maison à la mode du Poitou ! |
Il y a eu ensuite les fleurs de sureau dont on peut tirer un bon sirop, ce que nous avons fait. Bruno est toujours aussi demandeur d'aider en cuisine...
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| Filtrage du sirop de sureau après avoir trempé une dizaine de jours avec les fleurs |
Et enfin les salades, les oignons frais avec leurs tiges vertes, les choux pointus, les petits pois, les fèves, les betteraves, les blettes et tout dernièrement les pommes de terre nouvelles.
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| Les gousses de petits pois: vert sur vert, pas facile la cueillette ! |
En-dehors des légumes, nous avons testé, grâce à Florian et Jean motivés pour aller à la pêche, les cuisses de grenouille. De nos mares bien sûr ! Et bien, contrairement aux escargots l’an dernier, nous avons été heureusement surpris du résultat : une chair blanche, assez fine, au goût discret mais bien présent.
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| Le dépeçage des grenouilles |
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| Les cuisses de grenouilles à l'ail et au persil |
De même Florian, qui venait d’une ferme où il avait appris à tuer et vider un poulet, nous a préparé deux poules de notre poulailler, qui ont fini l’une rôtie comme un poulet, et l’autre au pot comme au temps du bon roi Henri. Et bien nous réalisons que ce n’est pas un hasard si les vieilles poules étaient plutôt passées à la marmite qu’au four, elles sont plus tendres ainsi…
Tant qu’à parler des animaux de notre ferme, voici quelques nouvelles, pas tellement réjouissantes pour certaines… Commençons par les poules : nous les avons déplacées de leur enclos historique, où il n’y avait plus d’herbe et donc plus grand-chose à manger en partie à cause des cochons, pour les emmener sur la « plage ». Jean-Emmanuel leur a confectionné un poulailler sur pilotis dans lequel elles puissent monter toutes seules le soir.

C’est qu’elles n’y sont pas toutes arrivées du premier coup et il a fallu leur proposer plusieurs genres d’échelle pour que tout ce petit monde rentre au bercail sans que le renard y monte aussi. Et puis les poules n’aiment pas tellement le changement : cela se voit au temps qu’elles ont pris pour se remettre à pondre comme avant. Pendant ce temps, l’engrais vert semé dans leur ancien enclos a poussé assez rapidement avec les pluies de printemps et elles sont maintenant revenues à la maison. La petite poule naine noire s’est mise à couver, nous attendons les naissances.
Une belle surprise un beau jour d'avril: une cane sauvage s'est invitée dans notre mare ronde pour faire éclore ses petits canetons.
Quant à Oseille, nous devons malheureusement vous annoncer qu’elle n’est plus de ce monde. Nous l’avons retrouvée raide morte devant notre porte au matin de l’Ascension, non sans avoir constaté la veille qu’elle n’était pas très en forme. C’est alors que Claire a réalisé qu’elle l’avait surprise l’avant-veille dans la bergerie, où il lui était interdit d’aller et où nous mettions des pastilles empoisonnées pour venir à bout des rats. Cela fait un vide, elle avait petit à petit conquis sa place parmi nous et conquis tous nos visiteurs par son calme et son côté très affectueux.
Au mois de juin, nous avions finalement pas mal de choses à vendre dans notre jardin, les fraises bien sûr, mais aussi des salades, des oignons frais, des blettes, puis des petits pois et des fèves, des choux pointus et des betteraves avant de voir apparaître les toutes premières pommes de terre nouvelles et courgettes. Ne commençant les ventes régulières que mi-juillet, nous avons spontanément organisé une vente/cueillette à la ferme durant trois matinées du samedi en faisant appel à notre propre réseau. Sur un malentendu, une journaliste de la Charente Libre est venue lors de la première vente ; l’occasion fait le larron, c’est bien connu, nous l’avons donc laissé rédiger un petit article dans le journal qui nous a rapporté sur les ventes suivantes… deux clients !! Heureusement, nous avons déjà commencé à tisser un réseau local qui s’étend peu à peu.
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| Les mêmes, en couleur ! |
La vie continue à la Roussie, bien animée par les enfants en pleine forme, par le séjour des différents woofers ou par la visite ponctuelle de famille ou d’amis, toujours bienvenue.
Bruno a fêté ses trois ans en avril, non sans fierté, avec une grande conscience d'être devenu un grand.
Le petit numéro trois semble bien grandir. Rendez-vous en octobre pour l’heureux événement !