Hiver 2017-2018
L’on avait pris l’habitude ces dernières années de nous plaindre de ne plus avoir de « vrai » hiver. Qu’étaient les grosses gelées et les étendues neigeuses devenues ? Cette année, nous avons eu ce qu’il fallait et Bruno a fait connaissance avec la neige pour sa plus grande joie ! La pluie quant à elle n’a presque pas cessé de tomber, et nous avons vu avec satisfaction nos mares se remplir peu à peu. Voyez au passage comme nous devenons de bons paysans à débuter une causerie en parlant du temps qu’il fait…
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En revenant chez nous après les vacances de Noël, nous avons trouvé un certain nombre de courges, notamment des potirons, qui s’abimaient. Nous avons donc décidé de faire une série de soupes au potiron : cela nous a donné environ 90 bouteilles que nous avons pour la plupart englouties à petites doses presque tous les soirs de cet hiver. Quel confort d’ouvrir une bouteille de soupe 5 minutes avant le diner ! Au bout de plusieurs semaines, nous avons été étonnés de ne pas nous lasser de boire toujours la même soupe, peut-être grâce aux nombreuses vertus nutritionnelles du potiron !
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| Les hommes au boulot dans la cuisine!!! |
Outre le potiron, nous avons vécu tout l’hiver sur nos pommes de terre qui ont bien poussé l’été dernier. Cela a été un travail de continuer à les sortir de terre, les trier, les laver, non seulement pour nous, mais aussi pour quelques clients du coin qui sont venus en chercher à la ferme.
L’hiver est la saison favorable pour faire des travaux d’entretien et du rangement à l’extérieur : ainsi, aidé par des woofers de passage, Jean-Emmanuel a pu poursuivre son travail de casser les mangeoires dans la grange pour fabriquer des racks à bois. Les pierres et gravas ainsi dégagés ont ensuite servi à continuer l’empierrage d’un chemin dans le verger.
En passant entre les gouttes, Jean-Emmanuel aidé de Guillaume (merci à lui !) a pu avancer la mise en place du grillage autour de la grande parcelle.
Sinon, l’hiver est le moment de « faire le bois ». Comme on dit, le bois chauffe trois fois : lorsqu’on le coupe, lorsqu’on le débite et le range, et lorsqu’on le fait flamber dans le poêle…
Côté travaux, l’hiver a été calme. Téméraire, Jean-Emmanuel a tout de même voulu profiter de quelques jours de beau temps en janvier pour faire des enduits au mur et au plafond dans notre fameuse future chambre… Eliott, un woofer corse que rien n’effraye, lui a prêté main forte. Hélas, le froid et l’humidité qui ont vite repris le dessus ont provoqué des moisissures sur le mur enduit avec de l’argile et de la chaux, mais aussi de la matière organique (des copeaux de bois et de la sciure).
Côté animaux, la saga continue ! Il devenait nécessaire de faire un véritable enclos et un poulailler pour notre coq et nos quatre poules. Encore un travail de grillage et de piquets… Quant à la cabane des poules, Eliott leur a aménagé un vrai hôtel 4 étoiles en nous prédisant que 15 jours après son départ, en février, elles se mettraient à pondre ! Sauf que les poules, elles, n’en avaient pas décidé ainsi et nous avons des œufs depuis la fin mars.
Les poules ont dû partager leur enclos pendant quelque temps avec de nouveaux arrivants : un couple de moutons du Cameroun, achetés sur le Bon Coin (que ferait-on sans lui ?), bientôt augmenté d’un petit agneau né chez nous un beau jour froid et ensoleillé. Les vendeurs, des éleveurs de chèvres, n’en voulaient plus car, disaient-ils, cette race ne donne pas beaucoup de lait.
Plusieurs semaines après, nous commençons à comprendre qu’ils avaient peut-être cherché à s’en débarrasser car un peu compliqués de caractère… Superbes d’apparence, ces moutons étaient à moitié sauvages, ce qui correspondait mal à l’usage que nous voulions en faire : leur faire tondre l’herbe autour de la maison en déplaçant leur enclos électrique tous les deux jours environs. C’est là qu’est le hic : au moment du changement, on est obligés d’enlever l’électricité, et c’est ainsi qu’une fois ils se sont échappés, ce qui a donné lieu à une mémorable chasse au mouton. Une autre fois nous avons dû battre la campagne pour les retrouver. C’est qu’ils courent vite, ces bougres ! Bref, même si jouer au chasseur est assez amusant, nous avons tellement d’autres choses à faire à cette saison que nous avons décidé de nous en séparer. Ils sont maintenant chez des Anglais proches de chez nous, chez qui ils s’étaient réfugiés après s’être enfuis, très heureux parmi d’autres moutons.
L’aventure continue maintenant avec des petits cochons, mais ce sera pour le prochain article du blog…
Quant au jardin, nous avons repris les activités avec le mois de mars, aidés en grande partie par Jade et Antoine, ainsi que Benjamin, des woofers bien motivés. Il a fallu retravailler sur les buttes qui avaient un peu souffert de l’hiver et dont la terre s’était écroulée par endroits. Pour mieux retenir la terre, nous avons bordé peu à peu le flanc des buttes avec des planches. Vue la surface, c’est un travail de longue haleine qui n’est toujours par terminé à ce jour. Pour s’approvisionner en bois, Jean-Emmanuel a dû faire plusieurs allers-retours dans une scierie à 25 minutes de chez nous où il a des prix très intéressants.
Avec des planches de la même scierie, des plates-bandes surélevées ont été rajoutées sur la butte en rond, ce qui permet de franchement séparer les espaces dédiés aux fraisiers des autres cultures. Sans oublier les plates-bandes au sol entre les buttes du parcours cueillette, toutes bordées par des planches, ce qui fait gagner en propreté et en solidité.
Les fraisiers arrachés pour réaliser les plates-bandes surélevées ont été repiqués ailleurs dans le jardin. Ils ont dans l’ensemble bien repris et beaucoup ont déjà fait des fleurs, annonçant les futurs fruits…
Jade et Antoine, qui sont restés presque un mois, ont proposé de faire une spirale aromatique, à la plus grande satisfaction de Claire. Il est bien utile et agréable en effet pour une cuisinière d'avoir des herbes aromatiques à portée de main, tout proche de la cuisine. Orientée vers le sud, elle permet sur un petit espace de planter persil, thym, coriandre, estragon, basilic, romarin, mélisse et tout ce qu'on voudra, en choisissant le meilleur emplacement pour chaque plante: en haut celles qui aiment le sec et vers le bas celles qui nécessitent plus d'eau. Les pierres quant à elles sont chargées de conserver la chaleur. Merci à eux ainsi qu'à Benjamin!
A la fin de l’hiver, les premiers semis et plantations que nous avons faits en pleine terre sont les oignons, les fèves, les petits pois, l’ail et les pommes de terre.
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| Les fèves sortant tout juste de terre |
Nous avons aussi fait des semis, de tomate essentiellement, en godets, mais cette année encore nous allons acheter la majorité de nos plants en attendant d’avoir notre propre serre à plants.
La famille sinon se porte bien, les enfants font plutôt plaisir à voir et progressent chacun selon leur âge. Bruno aime beaucoup travailler avec son père dehors et tient compagnie parfois aux woofers. Augustin observe tout ce qui se passe et apprécie la présence de son frère avec qui il part dans des crises de fous rires. Bref, on ne s'ennuie pas!
A bientôt pour la suite de nos aventures !















