Comme nous en prenons le rythme chaque année maintenant, l’été est essentiellement le temps de : cueillir, vendre, accueillir, avancer les travaux, transformer les fruits et légumes.
Cueillir: c’est l’activité du petit matin, quand il ne fait pas encore trop chaud. Il faut cueillir chaque jour les courgettes, et de façon plus espacée les concombres, tomates, persil, blettes, aubergines, poivrons, haricots. Les tomates, pourtant bien parties, sont venues cette année encore assez tard. Difficile de l’expliquer.
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| Toutes premières tomates début juillet sous la serre |
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| C'est toujours une joie et un régal quand elles reviennent... |
Quant aux oignons et pommes de terre, il faut s’y coller, si vous permettez l’expression, par petites doses et aller les ramasser dans le fond du champ, les trier et les mettre en cageots pour les stocker ensuite dans la grange. La récolte de pommes de terre a été plutôt bonne cette année; quant aux oignons, on a fait moins bien que l’an dernier qui avait été exceptionnel, mais pas si mal quand même !
Au début de l’été, nous avons vu apparaître dans la serre un hôte nouveau: des punaises vertes. Les croyant tout d’abord inoffensives, nous les avons traitées avec indifférence. Mais nous nous sommes peu à peu aperçus que non seulement elles causaient d’étranges taches sur les premières tomates et ralentissaient la pousse des plants, mais encore qu’elles se multipliaient à toute vitesse et devenaient un vrai problème. En se renseignant, nous avons vu que ces punaises se multiplient à la faveur du réchauffement climatique et remontent de plus en plus vers le nord. Elles aiment particulièrement les tomates, aubergines, poivrons, concombres sous serre et s’attaquent aux boutons floraux, provoquant leur dessèchement. Alerte rouge! La seule solution que nous avons trouvé est de les éliminer physiquement en les faisant tomber dans un seau placé bien en-dessous de la plante. Et du travail en plus que nous n’avions pas prévu !
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| Punaise! On a fini par les avoir... |
Par ailleurs, nous avons constaté que les pastèques ne marchaient pas si mal chez nous, bien au chaud contre les murets des criques et Claire allait les voir régulièrement pousser, impatiente de les goûter ! Sur la fin, les criques étaient recouvertes d’autres courges plus invasives, de sorte qu’on ne voyait plus beaucoup les pastèques. À la fin de l’été, nous en avons ramassé quelques unes, certaines bien mûres, d’autres moins. Difficile de savoir ! D’après certains, une pastèque est mûre lorsqu’elle sonne creux. Mais nous n’avons pas eu le loisir de faire le test pour les suivantes car nous les avons retrouvées grosses apparemment mais toutes vidées de l’intérieur. Mais qui est le coupable? Plusieurs pistes possibles. La plus sérieuse : le ragondin! Cet animal indésirable nous nargue depuis quelques semaines, voire plusieurs mois et agit en toute impunité durant la nuit malgré plusieurs pièges posés à son intention. Très malin et très gourmand, nous voudrions bien avoir sa peau (pardon pour les amoureux des animaux qui liront ces lignes, m’enfin!). Deuxième piste: la poule d’eau et sa smala qui ont trouvé abri sous les saules pleureurs de la mare voisine. Les limaces auront-elles fini le travail?
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| Vous remarquerez la belle forme des feuilles de pastèque |
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| Non, ce ne sont pas des poussins qui se sont mis à nager comme des canards... ce sont nos copines les poules d'eau! |
Ainsi, à notre petite échelle, nous observons les dures lois de la nature... ou bien l’invitation à partager?
Cela me rappelle une autre histoire de prédateurs. Vers le milieu de l’été, un chat sauvage plus audacieux que les autres - c’est qu’il y en a souvent trois ou quatre qui rôdent dans les environs de la grange- est venu s’inviter à nos repas sur la terrasse. Un chat de plusieurs mois déjà, on dirait un ado, mais assez malingre. Notre premier sentiment fut la pitié. Les enfants commençaient déjà à l’adopter. Une filleule de Claire, Rose, est venue passer deux jours à la maison et l’a apprivoisé avec talent. Et voici que peu de temps après, nous le voyons à deux reprises avec un poussin entre les dents. Deux autres avaient encore disparu. Crime impardonnable - avec Claire on ne rigole pas avec les poussins- haro sur le chat qui ne se laisse pas prendre comme cela! Fort heureusement il a disparu tout seul, peut-être la proie d’un autre prédateur...
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| Sont-y pas mignons, tous? Chat comme enfants... |
Bon, on n’est plus trop dans le chapitre cueillette, mais c’est l’occasion de vous parler de nos poules. Je ne sais pas ce qui leur a pris, mais nous avons eu droit à 4 couvées entre la fin du printemps et la fin de l’été. Nous avons une poule naine noire qui est une championne de la couvaison ; les autres ne semblaient pas avoir l’instinct. Et voilà que la blanche (une Sussex) s’est mise elle aussi à couver, bientôt secondée par une autre poule noire. Elle semblaient couver un peu en dilettante au départ et nous ne croyions pas trop à l’éclosion. Mais si, au bout des 21 jours de rigueur, les poussins sont bien sortis, et ils ont eu droit à deux mères poules pour guider leurs premiers pas dans la vie.
Si nous faisons le recensement de la population du poulailler, cela nous fait 16 nouveaux individus apparus dans l’été qui s’ajoutent aux 7 poules et deux coqs déjà présents. Et nous y avons adjoint 3 poules rousses récemment, profitant de ce que les parents de Jean-Emmanuel démarraient à leur tour un poulailler chez eux. Vingt-huit gallinacés, nous atteignons un pic !
Vendre: pas de gros changements cette année, si ce n’est que nous n’avons pas fait de marché officiel à la ferme à jours fixes comme les trois années précédentes. C’est que nous avions une grosse commande de la Maison María Casares de fin juillet à fin août qu’il nous fallait honorer en priorité et nous ne voulions pas faire de la publicité pour que les gens soient déçus devant notre étal. Des clients habitués sont tout de même venus à la ferme.
La Maison Maria Casares a choisi de maintenir le festival de théâtre malgré les histoires de virus, et bien leur en a pris car ils ont rempli quasi quotidiennement les places pour les goûters, apéros et dîners-spectacles qu’ils proposent durant un mois. Nous devions leur fournir les légumes pour les dîners (environ 60 personnes par soir), en nous appuyant sur d’autres producteurs amis pour compléter les commandes si nécessaire. Nous avons dû le faire pour les tomates, poivrons, aubergines et salades.
Par ailleurs, nous avons continué de livrer les deux restaurants habituels, le Comptoir des Lions, ainsi que des paniers pour des particuliers de Confolens que Claire inclue dans sa boucle de livraison tous les jeudis. Ainsi le jeudi est une journée bien chargée pour elle, avec le matin la préparation des commandes et la livraison l’après-midi. Une fois par mois, elle doit tenir en plus une permanence à Alloue pour que les clients du Comptoir des Lions viennent chercher leurs paniers précommandés sur internet.
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| Louise en pleine pesée de légumes pour les paniers du jeudi |
Si Claire était un peu frustrée de ne pas faire les petits marchés d’été à la ferme, elle s’est consolée avec la boutique de la Maison María Casares. Avec une productrice de savons d’Alloue, nous étions invités à exposer nos produits aux côtés des livres et bouteilles proposés par la Maison et tenir une petite permanence quelques jours pendant le festival de théâtre. C’est que Claire aime bien le contact direct avec les clients, discuter, parler de nos produits etc...
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| Le comptoir de la boutique à la Maison Maria Casares |
Accueillir : les woofers bien sûr, dans le studio, dans la caravane, sous tente ou dans la grange. Merci à chacun d’entre vous pour l’aide précieuse que vous nous avez apportée, que vous soyez restés une semaine ou un mois. De fin juin à fin septembre: Samuel, Thibaud, Léa, Pierre et Veronique, Christine, Lou et Raph, Matthias, Marie, Maël et Maélis, Jean-Loup, Kevin et Emilie, Clémentine, Julie, Malika, Julie, Ruben et Louise. Et merci aussi pour les petites et grandes conversations que nous avons eues, cela fait partie de notre joie de vous accueillir ! Les woofers durant l’été travaillaient de 7h30 jusqu’au déjeuner (avec une pause au milieu bien sûr !) et ceux qui voulaient revenaient un peu l’après-midi pour donner un coup de main supplémentaire.
Ce rythme nous permettait d’accueillir aussi amis et famille de passage dans le coin.
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| Visite d'Armelle et Joseph, étape sur leur tour de France des familles un peu folles! |
Grâce à ces visites, nous nous sentions tout de même un peu en vacances et nous avons été ravis de revoir plusieurs d’entre vous. Des amis ont même loué la maison voisine qui est devenue depuis cet été un gîte de vacances. A bon entendeur...
Nous avons également accueilli en juillet Elisabeth, une jeune fille au pair allemande, qui est en réalité la petite sœur des quatre garçons chez qui Claire avait elle-même été jeune fille au pair quand elle avait 15 ans! Le contact est bien passé avec les enfants et sa présence a bien soulagé Claire le temps d’une dizaine de jours.
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| Ils ont l'air si sages à table avec Elisabeth! |
Les travaux : dur dur de dégager du temps pour eux et de discerner les priorités. Il fallait profiter de l’été et des grandes plages de beau temps pour régler le sort de la toiture de la bergerie. Il s’agit en réalité de relier deux pans de toiture par une noue. Les travaux ont bien été lancés par grand soleil, mais voilà qu’une série de jours pluvieux a commencé vers la mi-août. Fort bien pour les cultures, mais pas pour la toiture qui était encore ouverte ! La pluie est arrivée d’un coup et assez violemment, arrosant copieusement certaines parties de la bergerie. Le temps de réaliser ce qu’il se passait, Jean-Emmanuel et les woofers présents se sont précipités pour essayer de sauver ce qui pouvait être sauvé. Un épisode assez épique, dont certains doivent se souvenir...
Pour remplacer les plaques de fibro-ciment qui couvraient le toit de la bergerie, Jean-Emmanuel a récupéré les tuiles d’un bâtiment qui tombait en ruine dans la région, ainsi que les poutres. En mettant bout à bout ce travail de démontage, la fabrication de la noue, la pose des liteaux puis celle des tuiles, cela a bien pris plusieurs semaines en jonglant avec la météo (et les autres choses à faire par ailleurs bien sûr !). Quand cela fut fait, quel soulagement!
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| Il faut savoir prendre de la hauteur de temps en temps... |
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| La noue en cours de réalisation |
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| Et voilà le travail! Il restera à faire l'autre pan de la toiture de la bergerie, toujours en fibro-ciment |
Dans la salle de bains, Jean-Emmanuel a voulu isoler par au-dessus le plafond avec un mélange miscanthus-chaux mais en omettant un petit détail: c’est que le plafond en question était fait en placo-plâtre. Celui-ci a absorbé l’humidité de l’enduit et est devenu tout mou. Le soir, le plafond s’est écroulé, ce qui en soi est ennuyeux mais pas catastrophique. Ce qui l’est plus, c’est qu’il y avait le lit de Remi juste en-dessous... Par miracle, et le mot n’est pas vain, Claire était à ce moment-là en train de le bercer et a pu le retirer rapidement de ce fatras d’enduit. Deo gratias !
Si Remi dormait dans la salle de bain, c’est qu’il n’a pas encore de chambre à l’étage. Sa future chambre a été un chantier de l’été et de l’automne avec l’application de plusieurs couches d’enduits sur les différentes surfaces. On tient le bon bout!
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| Ruben et Théo en pleine action! |
Transformation des fruits et légumes : cette année, il y avait de quoi faire! Heureusement, nous avons bénéficié de l’aide de plusieurs woofers de passage et de celle du père de Jean-Emmanuel, car même si nous nous sommes mieux équipés, l’ensemble des taches, de la cueillette à l’étiquetage en passant par la préparation, la cuisson, la mise en bocaux, prend beaucoup de temps! En salé, nous avons refait nos grands classiques, comme la sauce tomate, la ratatouille, les soupes, le caviar d’aubergines ... mais nous avons aussi diversifié notre gamme avec de nouveaux produits: pesto de basilic, pickles de courgettes et d’oignons, tomates confites (merci Clémence pour l’idée!), ketchup, purée courgette-pomme de terre. En sucré, nous avons pu faire plus de confitures que l’an dernier, c’était plutôt une bonne une année à fruits.
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| Réalisation de bocaux de pickles avec Maël, Maëlis et Philippe. Essayez, ça met de bonne humeur! |
Nous vous avions parlé d’un projet de labo dans les locaux d’une ancienne boulangerie à Alloue. Celui-ci est tombé à l’eau, mais la bonne nouvelle c’est que ce n’est pas grave car la cuisine de la salle des fêtes du même Alloue fait très bien l’affaire! Nous pouvons la louer très facilement pour la modique somme de 50€ par journée. Nous allons toujours par ailleurs dans le laboratoire en sud Charente pour la confection des soupes non acides, comme la soupe à la courgette, à l’oignon ou aux courges. Quant aux confitures, le plus adapté pour le moment est de les faire chez nous. Voilà où nous en sommes pour le moment, en attendant d’aménager notre propre labo de transfo chez nous. Mais là il va falloir attendre encore un petit peu...
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| Empotage dans la cuisine de la salle des fêtes d'Alloue avec Lou et Raph |
Début septembre, nous avons prêté main forte aux parents de Jean-Emmanuel qui sont les heureux propriétaires d’un rang de vigne. Cette année la récolte est plus abondante et ils vont pouvoir faire leur pineau maison. Aidé de Jean-Loup, Malika, Julie et Julie, Dady a vendangé sa vigne et tous sont venus ensuite chez nous presser le raisin. Le détail en images:
Si nous ne sommes pas partis en vacances (prévues pour la Toussaint), nous sommes en revanche allés régulièrement nous rafraîchir dans l’eau, en nous baignant soit dans la Vienne, soit chez nous tout simplement, dans la mare recreusée depuis peu et pas encore trop envasée.
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| Attention, le crocodile arriiiive! |
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| Un petit air du Jardin d'Eden... à la Roussie! |
Fin août nous avons fêté les 3 ans de notre petit Augustin. Déjà difficile d'affronter la réalité de ce grand âge!
Le grand changement du mois de septembre a été la première rentrée des classes pour nos deux « champions », comme les appelle leur père. Pour Bruno cela n’a pas fait un pli, il était mûr à point ! Quant à Augustin, il lui a bien fallu quelques jours pour ne plus pleurer quand on le déposait, mais il semble maintenant content d’y aller. Ce nouveau rythme convient très bien aussi à leurs parents, et surtout à Claire qui peut davantage se consacrer aux différentes taches de la maison et de la ferme pendant le temps scolaire, et ainsi être plus disponible pour les enfants à leur retour.
Rémi, lui, ne fait que grandir. Il a passé le cap de sa première année début octobre en marchant (voir la vidéo ci-dessous). Il aime de plus en plus jouer avec ses frères, et il n’est pas le dernier à chercher les embrouilles !
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| Ah! Les hirondelles se regroupent avant leur départ vers le sud. Cela sent la fin de l'été! |




















































