L’automne, plus encore que l’été, est pour nous une saison merveilleuse par l’abondance des récoltes, juste avant que la nature ne rentre dans une longue période de repos. Une sorte de chant du cygne… Mais c’est par contrecoup une période très exigeante car nos clients réguliers n’étant plus là, il nous faut transformer tous nos légumes, nous vous en avons parlé dans le dernier article. Nous avons été ainsi sur le pont jusqu’à fin novembre environ.
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| Mathilde tournant la pâte de coing. Attention, il ne faut pas s'arrêter, gare aux éclaboussures brûlantes! |
Les poivrons, très longs à venir et à prendre leur couleur définitive (rouge ou jaune), ont donné leur pleine mesure juste avant les premières gelées, fin septembre et début octobre. Et nous avons découvert avec satisfaction que lorsque nous les cueillons encore verts, ils finissent de mûrir doucement dans un endroit bien sec. Nous n’avons donc jamais eu autant de poivrons qu’en cette toute fin de saison. Cela nous encourage à en produire plus, c’était encore modeste cette année, et surtout à les planter plus tôt en saison pour en profiter davantage.

Fin septembre, le temps de la récolte des courges également. Aidés par Dady au volant du C25, nous progressons petit à petit dans le verger entre les arbres fruitiers pour y ramasser les potirons, bleues de Hongrie, Butternuts, potimarrons, puis allons compléter la récolte sur un autre site où nous avions fait des essais de courges plus originales : galeuse d’Eysine, Marina di Chioggia, courges Spaghetti, potiron vert olive etc… Par rapport à la quantité de graines semées, le résultat est assez décevant, mais la récolte est belle tout de même !! Nous réalisons, mieux vaut tard que jamais, qu’il est préférable de semer moins abondamment et bichonner ensuite les graines et les plants mis en terre, plutôt que de pratiquer la méthode extensive. Cela s’est vérifié également avec les choux que nous avons planté pour certains au fond du verger, sans eau et sans plus d’attention, mais qui n’ont pas du tout aimé la sécheresse.
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| La récolte des courges dans le verger, bien sec comme vous pouvez le voir |
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| Bruno, tout fier de rapporter un petit potiron pour le déjeuner |
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| La galeuse d'Eysine, vilaine par l'aspect (et encore), mais pas au goût! |
Cet automne, nous avons poursuivi la récolte des pommes, notamment chez des Anglais, propriétaires d’un beau domaine et qui se réjouissaient de voir leurs pommes mises en valeur plutôt que des les regarder pourrir sous les arbres. Merci Johan, Annabel et Colombe, de passage en woofing chez nous, de nous avoir aidés, car il y avait du volume et… la terre est basse ! Nous avons ainsi pu apporter plusieurs centaines de kilos de pommes à un producteur qui les a transformés en jus.
Entre deux bocaux de sauce tomate, nous nous sommes octroyés une semaine de vacances dans le Cantal début octobre. Les dernières remontaient à Noël précédent. Le temps fut délicieux, les fromages aussi. Les balades et le grand air, enfin un autre grand air car on ne peut pas dire qu’on étouffe à la Roussie, nous ont fait grand bien.
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| Un petit versant ensoleillé à l'abri du vent pour déjeuner près du Puy Mary. |
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| Oh la belle coulemelle! |
Nous avions envie de refaire des soupes cette année, mais avec les petits moyens de notre cuisine, cela s’annonçait compliqué. De plus, nous voulions être absolument sûrs de leur durée de conservation, ce qui nécessite d’utiliser un autoclave, montant à plus de 100°c, et non plus nos simples stérilisateurs. Nous nous sommes donc rendus dans un laboratoire de transformation professionnel qui loue ses locaux et son matériel. En une grosse journée de travail, nous avons produit et stérilisé environ 230 bouteilles de soupe (ortie, tomate et potiron), ce que nous n’aurions jamais pu faire chez nous ! Ce qui nous a fait gagner du temps sont les machines pour éplucher les pommes de terre et les oignons, découper les légumes, ôter les dernières particules (centrifugeuse) et mettre en bouteille. Même si les lieux relèvent plutôt du glauque, tout à la lumière électrique, tapissés de carrelage au sol et de blanc hôpital aux murs, dans une ambiance de tout inox, nous sommes contents de l’expérience, d’autant plus qu’un projet de laboratoire de transformation est à l’étude dans un village voisin.
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| On a changé d'échelle par rapport à notre cuisine... Adroite, l'autoclave. |
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| Mettre en bouteille, c'est une affaire sérieuse! |
Fin novembre, en même temps que les derniers bocaux, notre champ de sarrasin a enfin été moissonné. Trouver un moissonneur n’a pas été chose facile en cette période de moisson du maïs. D’abord tous les agriculteurs ne possèdent pas de moissonneuse batteuse, ensuite il y a une histoire de coupe adaptée à tel ou tel type de culture. Comme quasiment personne ne fait de sarrasin, les moissonneurs s’occupent d’abord de tout le maïs qu’on leur demande de récolter, et ensuite ils changent leur coupe et viennent chez les petits comme nous. Il a eu doublement chaud, notre sarrasin : il a souffert de la sécheresse de l’été, diminuant nettement le rendement, et il a donc bien failli ne pas être moissonné, car la rentabilité était discutable. Nous avons finalement décidé de le récolter : sur un peu plus de deux hectares, il a donné 500 kilos environ. Cela sera intéressant pour nous seulement si nous parvenons à le vendre en direct sous forme de farine. Reste à trouver un moyen de moudre et une clientèle intéressée (si vous avez des pistes…).
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| Suspense... Que va donner la récolte? |
Entre les différentes tâches et au gré de l’aide reçue, Jean-Emmanuel a enfin pu terminer notre chambre : les murs, la penderie (merci Dady !), le sol. Pour Claire, l’attente a été longue, mais quel beau résultat ! La pièce est très lumineuse, ce qui met en valeur les enduits. L’ameublement n’est pas encore définitif car nous sommes pour le moment obligés d’y installer notre bureau qui devrait déménager dans notre ancienne chambre, présentement occupée par Augustin. L’étape suivante est donc de faire une chambre pour les garçons à l’étage. Jean-Emmanuel et son père ont commencé à s’y atteler.
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| Montage des cloisons de la future chambre avec des panneaux de laine de bois. |
Un autre changement s’est produit à l’étage : deux yeux de bœuf ont été percés sur la façade ouest : un gros pour la future chambre des enfants et un plus petit pour la future salle de bain. C’est Malori, un maçon qui travaille à l’ancienne, qui a effectué ce travail en taillant lui-même les pierres. Le choix de ce type d’ouverture peut apparaître audacieux, mais les yeux (ou oeils ?) de bœuf sont assez courants dans la région.
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| Un petit côté oeil du monocle... |
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| Une ouverture sur le sud et une autre sur l'ouest |
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| Avec une vue imprenable sur le jardin! |
Dans la cuisine, un petit détail a changé : une étagère pour ranger les caisses de bois a été installée près de la cuisinière à bois, ce qui permet d’avoir toujours du bois sec à portée de main (encore faut-il recharger l’étagère régulièrement…). C’est l’œuvre collective de Jean-Emmanuel et de Camille, un woofer venu avec Mathilde de leurs Pyrénées natales, réalisée avec le bois d’un de nos chênes. Peut-être vous souvenez-vous que nous avions fait venir une scierie mobile pour débiter quelques arbres.
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| Un beau travail d'équipe! |
Pour finir, le gros morceau de la fin de l’automne a été la préparation puis les ventes de Noël à Nantes et en région parisienne, prévues respectivement tout début et mi-décembre. Outre le travail de communication nécessaire pour ce genre d’événement, nous avons décidé de réaliser cette année un site internet pour présenter proprement nos produits et donner la possibilité de commander en ligne. Jean-Emmanuel s’est attelé à la partie technique sans avoir jamais touché à cela de sa vie, tandis que Claire a « habillé » le site une fois monté. La partie technique a été un véritable parcours du combattant, les obstacles se présentant les uns après les autres. Mais avec de la persévérance nous y sommes arrivés.
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| La page d'accueil de notre site |
Pour ce qui est des photos des produits, cela n’a pas été simple non plus. Un woofer qui touchait bien à la photo, a bien voulu s’y essayer. Il a eu la bonne idée d’entourer les bocaux des fruits et légumes concernés. Mais pour certains, nous ne les avions plus car la saison était passée. Finalement, nous avons réutilisé plusieurs de ses clichés, mais nous sommes adressés à un ancien photographe résidant à Hiesse pour prendre l’ensemble des produits. Nous sommes très contents du résultat.



Nous avons tenté cette année de faire une vente à Nantes, une grande ville plus proche que Paris (3 bonnes heures de chez nous) et où nous avions déjà un embryon de réseau. Des amis que nous avons connus en Charente ont eu la gentillesse d’accueillir la vente chez eux durant deux jours, avec trois autres créatrices nantaises. Malgré une pluie continue le deuxième jour, rien d’étonnant à Nantes paraît-il, nous avons eu tout de même de la visite, avec la joie de revoir des amis de longue date. Nous pensons renouveler l’expérience l’année prochaine en espérant toucher davantage de Nantais pour que ce déplacement en vaille la peine. A la différence des ventes parisiennes, il y a eu peu de commandes, ce qui peut se comprendre vu que la plupart des gens ne nous connaissaient pas.
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| Notre étal lors de la vente nantaise |
En région parisienne, nous avons changé un peu la formule par rapport à l’an passé : nous avons effectué une seule vente directe en notre présence au même endroit que l’année dernière chez des amis charentais également, et pour le reste, nous avons fonctionné par points relais chez des amis et famille qui voulaient bien faire un peu de pub dans leur réseau et prendre en dépôt les colis commandés. Un grand merci à eux, ils se reconnaîtront ! Nous sommes très contents de notre petit séjour parisien : il nous a permis de revoir les uns et les autres, trop rapidement malheureusement, de confirmer certains clients, de faire la connaissance de nouveaux. Bilan : nous sommes presque revenus à vide, et il nous reste maintenant principalement des soupes et des jus de pommes à écouler. C’est que nous en avions produit beaucoup.
Pour les deux ventes, nous avons dû confier les enfants sur 3 jours, sauf Augustin qui est venu avec nous en région parisienne.
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| On s'amuse bien avec l'accordéon de Maman! |
Bruno et Augustin, puisque nous parlons d’eux, grandissent bien. Ils sont vraiment mignons, pleins de joie de vivre et aiment bien être l’un avec l’autre. Ils demandent beaucoup de notre présence encore à leur âge (Bruno va avoir 3 ans en avril et Augustin vient d’avoir 17 mois). Augustin a fait ses premiers pas en novembre tandis que Bruno se révèle être un grand causeur !
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| Augustin |
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| Bruno et Maman, une équipe qui marche pour faire des (petits) gâteaux... |
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| Augustin a l'air assez tenté par le raisin.. |
Quant à nous, nous soufflons un peu après cette année riche et bien remplie et profitons de cette période hivernale pour être davantage disponible aux enfants, faire les bilans, préparer la saison prochaine qui arrive déjà à grands pas !