lundi 19 octobre 2015

Eté 2015



Nous revoilà ! Le froid qui tombe maintenant sans cacher sa face derrière un soleil trompeur nous fait réaliser que nous sommes vraiment en automne, et qu’il est grand temps de reprendre le fil de nos péripéties.
Depuis notre retour de vacances fin juillet dernier, bien des choses se sont passées.
De l’imprévu a surgi dans ce qui avait été envisagé pour l’été : un voisin agriculteur, dont les terres jouxtent les nôtres mais qui habite dans une autre commune, s’inquiétait pour sa grosse pelleteuse qu’il avait laissée dans son champ sans surveillance. Dans les campagnes, on se méfie toujours des rôdeurs, on ne sait jamais ! Il nous a donc demandé de l’héberger chez nous, en échange de quoi il la mettait à notre disposition pour faire quelques menus travaux… Le bougre ! Lui qui disait en plaisantant : « Avec ça, il y a de quoi retourner la Roussie », il ne croyait pas si bien dire ! Voyez la bête :

Bilan : trois mares, des mètres de buttes, une baissière. Mais cette énumération n’est pas très parlante. En réalité, deux espaces ont été aménagés : le futur espace de cueillette de légumes, et le futur verger. Pour le premier, il s’agit de réaliser un parcours de cueillette, avec deux mares et des buttes continues autour.





Pour le deuxième, il s’agit de construire une baissière, c’est-à-dire un fossé qui suit une ligne de niveau et qui permet de retenir l’eau un certain temps. La terre retirée du fossé est mise le long de la baissière et sert de butte pour planter des haies d’arbres fruitiers.

Ces arbres, nous ne les avons pas encore plantés, car comme chacun sait, « c’est à la Sainte Catherine que tout prend racine » ! C’est-à-dire aux alentours du 25 novembre. Et il faut avant tout protéger le futur verger des chevreuils gourmands. Là encore, plusieurs solutions s'offrent à nous : soit on protège chaque tronc individuellement, soit on clôture toute la parcelle avec un grillage adapté pour ces bêtes sauteuses. Nous avons opté pour la seconde solution, car nous allons mettre un certain nombre d’arbres fruitiers, mais aussi des petits fruits (framboisiers, cassissiers, groseilliers etc…). Récemment, Jean-Emmanuel a donc commandé des piquets de deux mètres et a profité qu’il avait encore la pelleteuse pour les enfoncer solidement.

Nous avons eu la joie de recevoir plusieurs amis et membres de notre famille durant l’été. Parmi eux, des frères de Jean-Emmanuel et leur famille nous ont prêté main forte.




Ils ont bien pu profiter du festival de danse et musique folklorique de Confolens, qui a lieu tous les ans dans la petite ville voisine depuis bientôt 60 ans.  

 Merci aussi au père et frère de Claire qui sont venus depuis Ricoux aider pour la chape isolante de notre future chambre et pour l’enduit isolant de la future cuisine-salle à manger. 
 

N’oublions pas nos fidèles amis Cédric et Hélène qui sont revenus cette année nous aider.

Avec toutes ces aventures, les travaux dans la maison ont moins avancé que prévu durant l’été. Mais dès les premiers jours de septembre, Jean-Emmanuel s’est attelé à la fermeture du couloir derrière la salle de bain. Ce couloir, nous le rappelons, était auparavant un espace en plein air entre la maison principale et la bergerie. Nous l’avons donc annexé pour en faire un couloir intérieur et les toilettes au bout. On ne crache pas sur quelques mètres carrés supplémentaires. Il y avait donc tout à faire : gagner en largeur en détruisant le mur de la bergerie, faire un sol et un plafond isolants (grâce à de la laine de mouton donnée par des amis en échange de service) et remplacer le gros mur de pierre par une nouvelle paroi plus fine et isolante. Choix fut fait d’une paroi en bottes de pailles, qu’il reste à couvrir d’un enduit de terre. Le tout avec une fenêtre au fond pour que depuis le trône on puisse contempler Dame nature. 

 



Quant au chapitre des récoltes, nous vous avions laissés la dernière fois dans le suspense : le jardin potager allait-il survivre à 15 bons jours d’absence sans arrosage, sans une goutte de pluie, et par une canicule carabinée ? De mémoire de paysan, on n’avait déjà connu de longs épisodes de sécheresse (les anciens se souviennent du fameux été 1976), mais jamais doublés d’une canicule comme cette année. Bilan des courses : pas si mal ! Certains jeunes plans, récemment mis en terre, n’ont pas résisté. Mais dans l’ensemble, le système des buttes a fait ses preuves : le bois incorporé dans la butte a permis de maintenir une certaine humidité sous le paillage. Face aux fortes températures arrivées tôt dans la saison, les plantes se sont mises en repos végétatif et en sont sorties seulement après le 15 août avec le retour des pluies. On a même vu des pruniers en fleurs chez notre voisine fin août ! Nos tomates ne se sont décidées à rougir massivement que fin septembre, même si tout l’été, on a pu en cueillir au compte-gouttes.

On a aussi bénéficié d’une belle récolte de courgettes et de potirons, sans compter les autres courges (pâtissons, butternuts, courges spaghetti, potimarrons…), des blettes, de l’oseille, ainsi que quelques melons. 

 
Un nouveau locataire est arrivé à la Roussie : un vieux tracteur Renault équipé d’une fourche et d’un godet à réparer. Le but est de devenir plus autonome pour les grosses manutentions, notamment le transport de déchets verts depuis la plate-forme de compostage située à 300 m (voir blogs précédents).

Ce tracteur, c’est Cyril, un maraîcher arrivé avec sa femme un peu après nous dans le coin, qui nous l’a vendu. Jean-Emmanuel s’entend bien avec lui, et ils collaborent pour plusieurs choses : pour le matériel agricole et pour la revente de légumes. En effet, nous lui achetons des légumes que nous revendons ensuite aux collègues de Claire en plus de nos propres légumes. Ce sont nos premiers clients depuis la rentrée de septembre ! Chaque mercredi et vendredi, Claire apporte son panier de légumes pour les quelques collègues intéressés. Un certain nombre d’entre eux ont déjà, qui des parents, qui des voisins qui leur procurent des légumes. Mais pour nous, il est intéressant de voir lesquels sont les plus demandés.
Dernièrement, nous avons eu la visite d’un hôte un peu spécial : un wwoofer ! Pour les non initiés, le wwoofing est un réseau international qui met en relation des producteurs bio ou assimilés (comme nous qui sommes en permaculture), et des personnes désireuses de découvrir ou d’en apprendre plus sur le maraîchage et autres activités agricoles. Ça permet à des jeunes de voir si ce mode de vie leur plaît et de cumuler plusieurs expériences avant d’éventuellement se lancer dans l’aventure. Nous avons donc reçu David, qui passe ainsi de ferme en ferme depuis un an. Il nous a bien aidés, notamment pour avancer la cuisine : la pose des carreaux de terre cuite sur le mur au-dessus du plan de travail, l’enduit final sur ce même mur, ainsi que l’avancement du sol dans le salon.
Nous avons trouvé que, outre l’aide apportée, l’expérience était intéressante d’un point de vue humain, tant par l’adaptation nécessaire des deux côtés, que par les échanges au cours des repas
Nous aurions aimé vous annoncer l’inauguration de la cuisinière à bois et du système de chauffage, mais nous attendons le coup de pouce indispensable d’un ami qui ne peut pas se libérer avant la semaine prochaine. Rassurez-vous, nous survivons tout de même. Portez-vous bien, à bientôt pour de nouvelles aventures !