vendredi 7 décembre 2018

Eté 2018

Cette lettre de nouvelles ne vous ramènera pas l’été et ses douces chaleurs, mais elle vous les rappellera peut-être… 
Notre été a passé comme les étoiles filantes du mois d’août. Des fèves du mois de juin aux premiers potirons de la fin septembre, nous n’avons pas chômé et avons eu en même temps le plaisir de recevoir la visite des uns et des autres, amis et famille, pour nous donner un petit air de vacances. Merci ! 

En juin, les dernières vraies pluies de l’été nous ont donné une bonne récolte de petits pois ainsi que des fèves, mais surtout ont bien fait partir nos plants, quand ils n’avaient pas été mangés par les limaces (les plants de concombre en particulier). 
Ensuite, les plantes ont dû se débrouiller avec la sécheresse: pas une goutte d’eau, hormis celles du tuyau goutte à goutte que nous avons dû utiliser avec parcimonie pour ne pas arriver trop tôt au bout des réserves. Le niveau de nos mares a descendu inéluctablement, bien sûr à cause des ponctions d’eau pour l’arrosage, mais aussi de l’évaporation continue. Nos « légumes du soleil » ont donc bien profité, en particulier les tomates, les courgettes et les aubergines. 




En revanches les salades, les choux, les courges ont eu un peu soif et donné des résultats inégaux. Les pommes de terre, calfeutrées sous leur épais manteau de paille, ont plutôt bien donné. 

Le gros travail dans le jardin, hormis l’accrochage des tomates, a été la cueillette, n’est-ce pas chères Haruka et Philine ? Haruka, originaire du Japon, est restée tout le mois de juillet chez nous, tandis que Philine nous a rejoints, depuis son Allemagne natale pour les mois d’août et septembre. Elles nous ont été d’une aide précieuse, assistées par des woofeuses de passage : les deux amies Flavie et Sabine, Sophie et sa fille Joséphine, qui a été très heureuse de trouver là les deux nièces de Claire Inès et Marina, exactement dans les mêmes âges. 

Augustin dans les bras de Philine


Qui veut des bons gâteaux? L'équipe de choc à un marché festif
Au milieu de cette gente féminine, n’oublions pas Guillaume et Catalin qui nous ont aidés essentiellement pour les travaux, nous en reparlerons. 

Ceux qui participent à la cueillette ici réalisent souvent combien cette partie du travail est loin d’être anecdotique, prend du temps et de la peine en même temps qu’il procure un vrai plaisir de voir pousser et mûrir les légumes de jour en jour. 


Ces légumes, nous les avons vendus de plusieurs manières tout au long de l’été. 
Nous avons repris la vente à la ferme, sans le volet cueillette cette fois-ci. Il nous avait semblé l’an dernier que la demande en cueillette n’était pas si importante, sans compter que ce mode de vente peut parfois davantage faire perdre du temps (explications, cueillette derrière les clients…) qu’en faire gagner. 
Un nouveau panneau, placé ensuite au bout de notre petite route.

Voilà, tout est installé. Joséphine et Claire vous attendent!

Bref, nous avons redonné un coup de peinture aux panneaux indicateurs pour mieux guider nos visiteurs et avons à nouveau installé notre étal devant la maison, mais cette fois-ci qu’une fois par semaine, le mardi matin ; c’est que  nous avons été contactés début juillet par une maison collective, le domaine de Boisbuchet, pour les fournir en légumes chaque semaine. Ce domaine est un centre international de design et d’architecture qui organise des sessions d’ateliers collectifs durant tout l’été, accueillant à peu près une soixantaine de personnes du monde entier chaque semaine. Nous avons travaillé avec plaisir avec l’équipe de cuisine et son chef allemand, Lucas, heureux de travailler avec des légumes savoureux… Ils sont même venus nous rendre visite à la Roussie pour voir le jardin et discuter un peu. 
Plus au début de l’été, nous avons fourni des légumes à une autre maison collective, la maison Maria Casares, dans le village voisin de Alloue. L’actrice y avait acheté une belle maison qu’elle a cédée à la mairie à sa mort. C’est aujourd’hui un centre de résidence pour des troupes de théâtre qui accueille aussi du public l’été pour des dîners-spectacle. 
Nous fournissons toujours deux restaurants, la Châtellenie à Availles-Limouzine, une bonne adresse du coin, dont le chef est féru de mini-légumes, et en particulier des mini-jack be little ; ainsi que le Virage, à Pressac, plus du genre routier, mais de bonne qualité.

Une cagette prête à être livrée au restaurant La Châtellenie






Et nous aussi, nous avons bien droit à des mini-légumes... 
Pour finir, nous avons retenté l’aventure des ventes au camping, mais cette fois au camping des Lacs de Haute Charente (et non plus celui de Confolens) dont nous connaissons les propriétaires. Ils voulaient proposer à leurs clients un petit marché de producteurs durant la haute saison. Le bilan a été plus fructueux que l’an dernier, même si la rentabilité, compte tenu du temps passé à la préparation, les trajets, la vente et le rangement, est discutable. 



Cette année nous avons tenté une nouveauté, encouragés par une connaissance productrice de savons : les visites-goûters, en collaboration avec un office de tourisme. Cette productrice avait elle-même accueilli du public pour faire visiter sa savonnerie et vendre ses savons à l’issue de la visite et nous avait vanté le succès de cette formule. Forts de ces recommandations, nous avons calé quatre dates dans l’été, de la mi-juillet à la mi-août, durant la fameuse « haute saison ». A la première visite vinrent Nathalie, la restauratrice de Pressac, avec ses quatre filles ainsi qu’une famille amie de la région. Ce fut un bon moment, malgré la forte chaleur, qui se termina par un goûter maison sous le chêne multiséculaire de la Roussie. Cela nous permit de tester notre circuit avec des gens de confiance. Car de touristes venus par l’office de tourisme, point. Et pas davantage lors des trois visites suivantes, qui furent par conséquent annulées. Nous en avons fait une autre cependant, à la demande de familles de Hiesse qui passaient des vacances ici. Bref, nous avons aimé la formule et la réitèrerons sans doute l’an prochain, mais sans passer par l’office de tourisme, en faisant notre propre publicité. 

Tous en chapeaux pour la visite, on cuit ici!


Et voici une lasagne d'aubergines, n'est-ce pas, Augustin?

Un petit rafraichissement à l'ombre du chêne pour clore la visite


La grande activité de la fin de l’été est désormais la transformation de nos surplus de légumes, ainsi que des fruits que nous donnent généreusement des connaissances et amis du coin. Nous avons cette année fait plus de bocaux que l’an passé. Les tomates ayant bien donné grâce au temps chaud et sec, nous avons confectionné beaucoup de sauce tomate, cuisinée aux oignons, à l’ail et au basilic, et avons innové avec des bocaux de  ratatouille. Nous avons choisi de faire revenir tous les légumes séparément à la poêle, ce qui prend du temps, mais donne un résultat plus savoureux nous semble-t-il. 



Tout dernièrement, nous nous sommes lancés aussi dans le caviar d’aubergines, tant la récolte d’aubergines a été belle cette année. 



Côté confitures, nous avons repris des recettes et innové en fonction des fruits qu’on nous donnait : quetsches-épices, qui fait l’unanimité parmi nos visiteurs, mirabelles, raisin, poire, pomme-raisin-noix, figues, coing. Et peut-être d’autres à venir encore. 

Confection d'une gelée de raisins. Dur dur d'arrêter la cuisson au bon moment!

Enfin, dans notre région du moins, ceux qui ont des vergers ont croulé sous les pommes. Ce fut l’occasion, outre les traditionnelles compotes de pommes, de nous lancer dans la fabrication de jus de pommes. Cela ne s’improvise pas, nous direz-vous. Certes, mais rien n’effraie Jean-Emmanuel. Vive le Bon Coin qui nous a permis d’acheter un pressoir à un particulier des environs. Mais avant de presser, il faut écraser les pommes. Nous l’avons fait au début avec le fouloir à raisin de notre voisine, qui fait l’affaire mais fait bien fonctionner aussi l’huile de coude. Merci François d’avoir donné de ta personne, et avec le sourire s’il-vous-plaît ! 

Une belle récolte de pommes cette année

Allons les gars, gai, gai, allons les gars gaiement!


Jean-Emmanuel avec son père au pressoir: ça se mérite le jus de pommes!

Nous ne rentrerons pas dans tous les détails, mais il a fallu comprendre par l’expérience comment cela fonctionnait exactement. Par exemple qu’il fallait arroser abondamment le plancher pour que le bois gonfle et ne laisse pas passer le jus. Les premières bouteilles avaient un peu le goût de bois, mais ensuite nous avons pu goûter un bon jus fermier qu’il a fallu pasteuriser et mettre en bouteille sans tarder. Pour toutes ces tâches de transformation, nous devons remercier vivement les parents de Jean-Emmanuel, nos nouveaux voisins depuis cet été, qui nous ont prêté main forte soit en aidant à la découpe des fruits et légumes, soit en gardant les enfants. 

Mamita, la maman de Jean-Emmanuel, une aide précieuse auprès des enfants. 

Côté bestioles, du nouveau. Encore! Cette fois-ci, nous donnons dans le canin... Voilà Oseille, notre nouveau compagnon, ou plutôt compagne car Oseille est une jeune chienne, de race border collie, mignonne comme tout. 



Et les travaux dans tout cela ? Las ! On ne peut pas être au four et au moulin, c’est bien connu ! Si nous n’avons pas pu avancer autant que nous l’aurions voulu, quelques progrès tout de même du côté des toilettes, de l’ancienne et de la future chambre. Pour faire bref, nous avons surélevé une porte trop basse, percé une autre porte donnant accès aux toilettes/salle de bain depuis le bureau (ancienne chambre), refait les enduits définitifs sur les murs des toilettes ainsi que dans notre future chambre et commencé le chantier de la douche. La suite pour l’automne et l’hiver !

Percement de la porte entre le couloir des toilettes et notre ancienne chambre/futur bureau
Flavie à l'oeuvre dans le couloir des toilettes. 


Les enfants en pleine forme!




lundi 13 août 2018

Printemps 2018

Avec quelle impatience avons-nous attendu ce printemps que le printemps arrive ! Le soleil a fini par pointer son nez, nous donnant de belles journées pour travailler malgré quelques retours au froid. 

Ces trois mois d’avril à juin ont été denses, c’est bien naturel pour des maraîchers… 
Aidés par de vaillants woofers, nous avons continué à palisser le flanc des buttes pour éviter tout éboulement de terre et désherbé, voire débroussaillé d’autres emplacements pour préparer les plantations. 
La bande des "El": Emmanuel, Raphaël et Jean-Emmanuel au boulot. 


Les plants provenaient en grande partie d’un maraîcher ami avec lequel nous collaborons de plus en plus. Il est d’ailleurs temps de vous présenter Sylvain et Charlotte. Ce couple de maraîchers s’est installé à 25 minutes de la Roussie à peu près en même temps que nous et ont une fille du même âge que Bruno. Nous nous entendons bien et nous échangeons volontiers des services, des journées de travail, des légumes quand cela arrange l’un pour ses ventes etc… S’est joint à notre binôme une autre maraîchère, Alice. Nous travaillons de plus en plus ensemble et avons le projet de louer ensemble un atelier de transformation pour « passer » nos légumes en surplus à Alloue, une commune idéalement située entre nos trois micro-fermes. Nous vous en dirons un peu plus quand le projet prendra davantage forme.  C’est en tous cas très agréable de pouvoir ainsi compter sur d’autres sans que la crainte de la concurrence ou la jalousie ne viennent assombrir la relation. Ce n’est malheureusement pas le cas avec une ferme voisine, à la fois si bien et si mal nommée « le Riveau ». 


On a aussi fait quelques semis nous-mêmes


Cette année, nous avons semé et planté pêle-mêle : différentes variétés de tomates, de pommes de terre, des oignons, des fèves, des petits pois, des salades, des courgettes, des blettes, des aubergines, des poivrons, des haricots (malheureusement trop peu et trop tard), des concombres, des courges. 


Augustin en stage intensif de plantation sur butte...


Un travail d'équipe efficace! Tiphaine, une woofeuse, avec Diane, la fille d'amis de passage.

Jean-Emmanuel a voulu tester une technique de semis de petits pois et fèves glanée sur internet : il s’agit de semer très serré puis de contenir les plantes en les enserrant entre deux grillages. Le résultat n’a pas été à la hauteur des espérances : les plants de petits pois et de fèves se sont moins bien développés là où ils étaient les plus denses. 

La récolte des petits pois.

La plate-bande de fèves.


Quant aux pommes de terre, elles ont été plantées cette année sous paille, soit juste posées sur le sol, soit à demi enterrées. Nous tirerons les conclusions lors de la prochaine saison. Nous avons utilisé pour cette plantation l’espace des futures bandes arbustives de la grande parcelle que nous destinons à l’agroforesterie. La plantation de pommes de terre ameublit le sol et prépare ainsi l’installation des arbres l’hiver prochain, si tout va bien !


Pose des pommes de terre sur du broyat végétal

On déroule la paille sur les pommes de terre

Nous avons complété la couche de paille avec le foin du verger. Il faut une bonne épaisseur pour que les pommes de terre ne verdissent pas. 

L’agroforesterie consiste à planter des céréales sur des bandes de 20 mètres séparées par des haies d’arbres. Nous avons enfin attaqué cette année le sol ingrat de la grande parcelle en y faisant faire un labour superficiel et un semis de sarrasin, plante qui s’accommode d’un sol pauvre. 
Et ça pousse!

Pour aider à faire partir les premières pousses quand la saison n’est pas encore très certaine, nous avons essayé les tunnels nantais : ce sont comme des mini-serres, c’est-à-dire des voiles posés sur des arceaux qui courent le long des plates-bandes. Nous avons trouvé l’expérience assez concluante et la renouvellerons sans doute. 




Pour finir dans nos expériences de plantations, nous avons à nouveau fabriqué une lasagne (voir le blog de l’été 2016) : cette technique consiste à superposer des couches carbonées (paille) et des couches azotées (tonte d’herbe) qui chauffent et favorisent les cultures. Inutile d’attendre pour vous dire le résultat : les aubergines que nous y avons plantées ont beaucoup mieux poussé que les autres, c’est assez extraordinaire. 

La lasagne "diamant" plantée d'aubergines.


Mi-mai a commencé la saison des fraises dont la récole fut plus abondante que l’an passé grâce à la multiplication des pieds, mais aussi grâce à la mansuétude des fameux saints de glace (saints Mamert, saint Pancrace et saint Servais les 11, 12 et 13 mai). Une bonne partie des fraises est  heureusement située sur des buttes, ce qui a facilité la cueillette. Ces délicieux fruits rouges nous ont bien occupés (enfin, surtout Claire aidée à la fin par Claudie, merci à elle !), avec la cueillette quotidienne, suivie du tri, de l’équeutage et de la mise en confiture (91 grands pots, et 29 petits). Une partie a été vendue fraîche en direct aux deux restaurants que nous fournissons, à la Maison Maria Casares (la maison de l’actrice à 10 km d’ici transformée en résidence pour troupes de théâtre) ou à des gens du coin. Nous en avons également gardé pour nos papilles, congelées coupées pour nos futurs sorbets ou transformées en coulis pour améliorer l’ordinaire quand vous viendrez nous visiter !




Pour rester sur les fruits, nous avons aussi récolté de la rhubarbe avec laquelle nous avons fait quelques confitures et des framboises qu’il nous faut encore multiplier. Nous aimerions en parsemer le verger entre les arbres des baissières. Nous avons aussi bénéficié de la générosité d’amis voisins qui croulaient sous les cerises, exceptionnellement abondantes cette année. Nous nous sommes donc lancés, en plus de quelques pots de confiture, dans les bocaux de cerises au sirop, de quoi agrémenter nos repas d’hiver quand les fruits viendront à manquer. 


Côté légumes, le printemps a ramené avec lui des saveurs oubliées depuis près d’un an, comme les petits pois tant attendus par Claire, les fèves ou les courgettes. C’est un réel plaisir, si on accepte de jouer le jeu des saisons, de redécouvrir le goût des fruits et des légumes quand revient l’époque de les manger. Ainsi le goût de la première tomate fraîche… Une belle découverte de la saison a été la dégustation des petits pois mange-tout, légèrement sucrés, délicieux poêlés quelques minutes. Nous les multiplierons l’an prochain ! 
Il ne s’agit pas seulement de les récolter pour nous, mais aussi pour nos clients, restaurants ou quelques habitués du coin, avant que l’on ouvre officiellement à la vente à partir de la mi-juillet. 

Pois mange-tout. Quel délice!


Laissez-nous maintenant vous présenter Ursule et Rochon. Arrivés tout juste sevrés au lendemain de Pâques chez nous, ils ont vite rejoint l’enclos des poules qui ont dû partager leur espace vital… 

A peine sevrés, ils viennent d'arriver chez nous.
La cohabitation ne se passe pas si mal, même si ces goinfres de cochons auraient tendance à manger la pitance des poules et même leurs œufs ! Il a donc fallu remettre un peu d’ordre et obliger les poules à pondre dans le poulailler et non dehors dans l’enclos. Nous avions dans l’idée, en prenant en pension ces bêtes, de les utiliser pour préparer des terrains : ils commencent, paraît-il, par manger l’herbe et toute la végétation avant de s’attaquer aux racines. Il faut les arrêter juste à temps avant qu’ils ne défoncent le terrain. Pour le moment, nous n’avons pas encore eu l’occasion de vérifier la chose car ils sont encore assez petits et ont de quoi faire dans l’enclos. A vrai dire, nous avons une seule fois tenté une sortie dans un enclos à mailles électrifiées pour voir s’ils allaient retourner le terrain. Mais les cochons ne nous ont pas laissé le loisir de cette expérience car, à peine ont-ils eu pris une châtaigne dans le museau qu’ils ont foncé tête baissée, réussissant à passer entre les mailles du filet… C’est qu’après il a fallu les rattraper et les ramener au bercail ! Le souvenir des chasses au mouton était encore frais et pour le moment, les cochons sont toujours sous notre surveillance dans l’enclos des poules où ils sont en train de prospérer tranquillement et de comprendre ce que c’est qu’un fil électrique.





Heureusement, ils ne sont pas encore trop lourds!





Quant à nos poulettes, tout va bien Madame la Marquise ! Nous avons eu la joie de voir les premiers poussins naître chez nous, non sans casser quelques œufs… Nous avions tout à apprendre même si la naissance de poussins peut paraître la chose la plus naturelle au monde. Il suffit de laisser couver la poule et d’attendre 21 jours ? Certes, mais notre poule naine, excellente couveuse, couvait évidemment à l’endroit où les poules pondent chaque jour. Or, après lui avoir laissé 6 œufs à pondre, il n’en faut guère plus, il devenait difficile de venir chercher nos œufs quotidiens car la naine les recouvrait et se montrait menaçante quand nous voulions aller les chercher. Sur les conseils d’une dame de Hiesse, nous avons isolé la poule couveuse hors du poulailler, dans l’ancienne cabane des cochons, où elle a effectivement donné naissance à trois poussins noirs, dont un s’est malheureusement échappé et disparu, peut-être dévoré par un chat… Que crudele ! La même dame de Hiesse nous avait fait éclore dans sa couveuse électrique un quatrième poussin qui a rejoint les autres, mais a disparu à son tour une nuit après plusieurs semaines en même temps que deux poulettes dorées que nous avions achetées.  Et pourtant le poulailler était fermé et on ne trouve pas de trace du passage d’un prédateur… Nous ne comprenons pas encore tous les mystères de la nature !

Tout juste né, collé à sa mère. 

Nos petits poussent bien. Augustin gambade partout et Bruno participe volontiers aux travaux de la ferme. 


On est bien dans l'herbe fraîche!


A bientôt pour vous narrer nos aventures estivales. Bon été à vous!









jeudi 3 mai 2018

Hiver 2017-2018
L’on avait pris l’habitude ces dernières années de nous plaindre de ne plus avoir de « vrai » hiver. Qu’étaient les grosses gelées et les étendues neigeuses devenues ? Cette année, nous avons eu ce qu’il fallait et Bruno a fait connaissance avec la neige pour sa plus grande joie ! La pluie quant à elle n’a presque pas cessé de tomber, et nous avons vu avec satisfaction nos mares se remplir peu à peu. Voyez au passage comme nous devenons de bons paysans à débuter une causerie en parlant du temps qu’il fait…



En revenant chez nous après les vacances de Noël, nous avons trouvé un certain nombre de courges, notamment des potirons, qui s’abimaient. Nous avons donc décidé de faire une série de soupes au potiron : cela nous a donné environ 90 bouteilles que nous avons pour la plupart englouties à petites doses presque tous les soirs de cet hiver. Quel confort d’ouvrir une bouteille de soupe 5 minutes avant le diner ! Au bout de plusieurs semaines, nous avons été étonnés de ne pas nous lasser de boire toujours la même soupe, peut-être grâce aux nombreuses vertus nutritionnelles du potiron ! 

Les hommes au boulot dans la cuisine!!!

Outre le potiron, nous avons vécu tout l’hiver sur nos pommes de terre qui ont bien poussé l’été dernier. Cela a été un travail de continuer à les sortir de terre, les trier, les laver, non seulement pour nous, mais aussi pour quelques clients du coin qui sont venus en chercher à la ferme. 

L’hiver est la saison favorable pour faire des travaux d’entretien et du rangement à l’extérieur : ainsi, aidé par des woofers de passage, Jean-Emmanuel a pu poursuivre son travail de casser les mangeoires dans la grange pour fabriquer des racks à bois. Les pierres et gravas ainsi dégagés ont ensuite servi à continuer l’empierrage d’un chemin dans le verger. 



En passant entre les gouttes, Jean-Emmanuel aidé de Guillaume (merci à lui !) a pu avancer la mise en place du grillage autour de la grande parcelle. 



Sinon, l’hiver est le moment de « faire le bois ». Comme on dit, le bois chauffe trois fois : lorsqu’on le coupe, lorsqu’on le débite et le range, et lorsqu’on le fait flamber dans le poêle… 



Côté travaux, l’hiver a été calme. Téméraire, Jean-Emmanuel a tout de même voulu profiter de quelques jours de beau temps en janvier pour faire des enduits au mur et au plafond dans notre fameuse future chambre… Eliott, un woofer corse que rien n’effraye, lui a prêté main forte. Hélas, le froid et l’humidité qui ont vite repris le dessus ont provoqué des moisissures sur le mur enduit avec de l’argile et de la chaux, mais aussi de la matière organique (des copeaux de bois et de la sciure). 



Côté animaux, la saga continue ! Il devenait nécessaire de faire un véritable enclos et un poulailler pour notre coq et nos quatre poules. Encore un travail de grillage et de piquets… Quant à la cabane des poules, Eliott leur a aménagé un vrai hôtel 4 étoiles en nous prédisant que 15 jours après son départ, en février, elles se mettraient à pondre ! Sauf que les poules, elles, n’en avaient pas décidé ainsi et nous avons des œufs depuis la fin mars. 



Les poules ont dû partager leur enclos pendant quelque temps avec de nouveaux arrivants : un couple de moutons du Cameroun, achetés sur le Bon Coin (que ferait-on sans lui ?), bientôt augmenté d’un petit agneau né chez nous un beau jour froid et ensoleillé. Les vendeurs, des éleveurs de chèvres, n’en voulaient plus car, disaient-ils, cette race ne donne pas beaucoup de lait. 



Plusieurs semaines après, nous commençons à comprendre qu’ils avaient peut-être cherché à s’en débarrasser car un peu compliqués de caractère… Superbes d’apparence, ces moutons étaient à moitié sauvages, ce qui correspondait mal à l’usage que nous voulions en faire : leur faire tondre l’herbe autour de la maison en déplaçant leur enclos électrique tous les deux jours environs. C’est là qu’est le hic : au moment du changement, on est obligés d’enlever l’électricité, et c’est ainsi qu’une fois ils se sont échappés, ce qui a donné lieu à une mémorable chasse au mouton. Une autre fois nous avons dû battre la campagne pour les retrouver. C’est qu’ils courent vite, ces bougres ! Bref, même si jouer au chasseur est assez amusant, nous avons tellement d’autres choses à faire à cette saison que nous avons décidé de nous en séparer. Ils sont maintenant chez des Anglais proches de chez nous, chez qui ils s’étaient réfugiés après s’être enfuis, très heureux parmi d’autres moutons. 
L’aventure continue maintenant avec des petits cochons, mais ce sera pour le prochain article du blog… 


Quant au jardin, nous avons repris les activités avec le mois de mars, aidés en grande partie par Jade et Antoine, ainsi que Benjamin, des woofers bien motivés. Il a fallu retravailler sur les buttes qui avaient un peu souffert de l’hiver et dont la terre s’était écroulée par endroits. Pour mieux retenir la terre, nous avons bordé peu à peu le flanc des buttes avec des planches. Vue la surface, c’est un travail de longue haleine qui n’est toujours par terminé à ce jour. Pour s’approvisionner en bois, Jean-Emmanuel a dû faire plusieurs allers-retours dans une scierie à 25 minutes de chez nous où il a des prix très intéressants. 



Avec des planches de la même scierie, des plates-bandes surélevées ont été rajoutées sur la butte en rond, ce qui permet de franchement séparer les espaces dédiés aux fraisiers des autres cultures. Sans oublier les plates-bandes au sol entre les buttes du parcours cueillette, toutes bordées par des planches, ce qui fait gagner en propreté et en solidité. 

Les fraisiers arrachés pour réaliser les plates-bandes surélevées ont été repiqués ailleurs dans le jardin. Ils ont dans l’ensemble bien repris et beaucoup ont déjà fait des fleurs, annonçant les futurs fruits… 


Jade et Antoine, qui sont restés presque un mois, ont proposé de  faire une spirale aromatique, à la plus grande satisfaction de Claire. Il est bien utile et agréable en effet pour une cuisinière d'avoir des herbes aromatiques à portée de main, tout proche de la cuisine. Orientée vers le sud, elle permet sur un petit espace de planter persil, thym, coriandre, estragon, basilic, romarin, mélisse et tout ce qu'on voudra, en choisissant le meilleur emplacement pour chaque plante: en haut celles qui aiment le sec et vers le bas celles qui nécessitent plus d'eau. Les pierres quant à elles sont chargées de conserver la chaleur. Merci à eux ainsi qu'à Benjamin!



A la fin de l’hiver, les premiers semis et plantations que nous avons faits en pleine terre sont les oignons, les fèves, les  petits pois, l’ail et les pommes de terre. 

Les fèves sortant tout juste de terre


Nous avons aussi fait des semis, de tomate essentiellement, en godets, mais cette année encore nous allons acheter la majorité de nos plants en attendant d’avoir notre propre serre à plants. 



La famille sinon se porte bien, les enfants font plutôt plaisir à voir et progressent chacun selon leur âge. Bruno aime beaucoup travailler avec son père dehors et tient compagnie parfois aux woofers. Augustin observe tout ce qui se passe et apprécie la présence de son frère avec qui il part dans des crises de fous rires. Bref, on ne s'ennuie pas!





A bientôt pour la suite de nos aventures !