lundi 13 juillet 2015

Printemps - début été 2015


La Roussie, troisième saison : le printemps !
Quelques jours de retard par rapport à la saint Jean, qui marque le début de l’été et donc le moment M pour nous de poster nos aventures printanières. Mais c’est que nous sommes bien occupés !
Les travaux de cette saison ont été plus marqués par le jardin que précédemment. Commençons donc par là !


Le début du printemps a été assez pluvieux, on a du mal à le croire maintenant, tellement la sécheresse s’installe. Il a donc fallu tondre régulièrement pour ne pas se faire envahir. Mais le plus gros du travail a été de semer et planter. Cela va rapidement à écrire, mais un peu moins à faire.

C’est à Claire qu’est revenue la tâche délicate de faire les semis, Jean-Emmanuel étant assez peu versé dans les opérations minutieuses. Mais le sort s’est acharné contre les pauvres semis réalisés avec tant de patience et d’amour ! Enfin, le sort et un savoir-faire encore débutant…
Nous avions rempli des cagettes de terre provenant des taupinières, ce qui les rendait très lourdes. Pour préserver les semis des limaces ravageuses et friandes de pousses vertes, nous avions ensuite placé ces cagettes sur une étagère à 12€ dans tous les magasins de bricolage (la précision est importante), dans notre chambre derrière la porte vitrée. Un dimanche matin que nous petit-déjeunions tranquillement près du poêle de notre chambre, patatra ! Toute l’étagère s’écroule misérablement, les semis gisant pêle-mêle sur le sol… 
Mais on ne se laisse pas démonter pour si peu, Claire sème dans de nouvelles cagettes, cette fois plus petites, qu’on place dans une mini-serre à plants qu’on nous avait donnée. Et voilà qu’un gros coup de vent nous a mis la mini-serre par terre, et tous les semis avec. Quelle poisse ! Nous avons tout de même réussi à effectuer des semis de tomates et de courges principalement.

Certaines plantes peuvent se semer directement dans la terre : nous avons ainsi mis des graines de maïs, de haricots, de fèves, de petits pois, de radis et de potimarrons & Cie (potirons, butternuts, giraudons, courge longue de Nice, etc...)

Pour le reste, nous avons acheté des plants à un fournisseur pour professionnels : plants de blette, cèleri, salade, fenouil, courgette, rhubarbe, chou, fraisiers. On s’y prend à deux pour planter, un vrai travail d’équipe : Claire découpe les plants dans les cagettes et les donne à Jean-Emmanuel qui fait le trou et y introduit le plant.

Le principe est de diversifier au maximum les cultures sur les buttes : cela évite bon nombre de maladies (les insectes et les champignons adorent les monocultures) et favorise la croissance des végétaux grâce à des échanges bénéfiques entre espèces par les racines. Un exemple : les haricots captent l’azote de l’air et en association avec une bactérie, le rendent disponible dans le sol pour d’autres plantes, comme le maïs, autour duquel ils pourront s’enrouler.

Le temps, le soleil, et la pluie - quand elle veut bien, faisant leur œuvre, semis et petit plants deviennent grands. C’est une vraie joie de voir sortir les pousses, grandir les plantes, apparaître les premières fleurs, puis les premiers fruits. 

On guette le moment favorable pour les cueillir et les déguster dans notre assiette. Nous avons ainsi bien apprécié les petits pois, les pommes de terre, les fèves, ainsi que les fraises, les framboises, les cassis, en attendant les autres.



Mais quelle école de patience ! Entre le moment où l’on plante ou sème et le moment de la cueillette, il se passe du temps, mais il peut aussi se passer beaucoup de choses, comme les maladies (pour le moment, un peu de mildiou sur les pommes de terre, mais rien de grave), le passage des limaces, la sécheresse etc… Voici la tête des courges quand elles souffrent au soleil.
Pour protéger les plants, nous couvrons toutes les buttes avec de la paille et des copeaux de bois (vous pouvez voir ici le tas). C’est une opération qu’il faut réaliser plusieurs fois dans la saison.



Une autre petite joie a été de voir les légumes monter en fleur puis en graines comme les poireaux qui se mettent en boule… Les plantes montent alors très haut pour mieux disperser leurs graines au vent, loin du « pied-mère ». Toutes ces fleurs embellissent notre jardin tout en nous fournissant des graines pour la saison prochaine.




Au tout début du printemps, nous avons aussi commencé une haie vive pour séparer le jardin potager du futur verger/basse-cour : ce sont des rameaux de saule qu’il suffit de planter dans le sol pour qu’ils reprennent, et que l’on tresse une fois qu’ils ont grandi. Voilà ce que ça donne, sachant que c’est une barrière vivante qui évolue avec le temps.
Rentrons maintenant dans la maison!



Vous avez pu voir dans le précédent article que nous avons trouvé l’escalier qui convenait pour la configuration de la maison. Non, il n’est pas encore en place : il faudrait pour cela avoir fait le sol définitif du futur salon. Ce sera pour la prochaine saison. Mais ce que Jean-Emmanuel a fait, c’est la réalisation de la trémie pour le nouvel emplacement d’escalier.


Il a d’abord fallu déclouer tout le plancher au-dessus du futur salon, puis notre charpentier préféré a pu exercer son art en découpant et en réassemblant les chevrons afin de fixer cette nouvelle trémie. Sans oublier de reclouer le plancher bien sûr ! Cela nous a permis ensuite d’aménager un peu le grenier pour héberger nos visiteurs printaniers, cousins, frères et sœurs, et amis.
Le gros chantier suivant a été de mettre en travaux notre future chambre, qui était notre cuisine depuis le début de notre mariage. Mais avant cela, il a fallu déménager toute la cuisine pour la transporter de l’autre côté de la cloison, dans le futur salon. Donc pas encore son emplacement définitif, ce serait trop simple sinon !



Pour ce chantier, fort heureusement, nous avons reçu l’aide d’amis de Jean-Emmanuel, Thierry et Aurélien, qui ont passé une bonne partie de leur week-end de la fête du travail à sortir de lourdes brouettes de terre de la pièce : le décaissage a été efficace grâce à eux. 






Ensuite, il était plus aisé de mettre des cailloux, gros d’abord, puis plus petits. Nous sommes maintenant en train de faire la chape isolante : le temps sec est favorable pour ce genre de travail. A deux, nous sommes bien rodés : pendant que Claire remplit huit seaux de copeaux de bois à partir du gros tas devant la grange, Jean-Emmanuel étale les trois brouettes de mélange (chaux, copeaux, argile et eau) sur le sol de la pièce, puis nous faisons ensemble le nouveau mélange, et ainsi de suite.




Tant qu’on parle de décaissage et de chape, parlons de la salle de bain, la fameuse, dont les projets d’aménagement n’auront cessé d’évoluer au fil des travaux et de notre fréquentation des lieux. Comme nous ne sommes plus à un abattage de mur près, ou à une chape prête, nous avons décidé qu’il était préférable d’assainir complètement la salle de bain, et tant qu’à faire de l’agrandir encore. Alors nous voilà lancés dans le chantier, assez gratifiant, car la pièce est plus petite et donc les opérations plus rapides :



Non, finalement, on abat le mur
On ouvre une porte?


Rassurez-vous, cela ne veut pas dire pour autant que nous ne prenons plus de douche ! Le coin douche est bien aménagé avec son caillebotis en châtaigner fabriqué par Jean-Emmanuel et son père. C’est très agréable de sentir le bois sous ses pieds en se douchant. Le seul petit hic, c’est la remontée du tannin du bois qui fait des taches sombres. La solution rerte encore à trouver. Merci en tous cas au père de Jean-Emmanuel d’être venu de Marseille pour ce chantier ainsi que pour des travaux d’électricité !
Pose du premier quart du caillebotis

Côté future cuisine, ça avance progressivement. Avec l’aide d’un jeune de la paroisse, nous avons commencé à attaquer le mur par l’intérieur pour percer la fenêtre et la porte que nous avons projetées sur le pignon ouest de la maison.






Mais pas de précipitation, les menuiseries ne seront pas prêtes avant septembre (on remplace en outre toutes les portes et fenêtres du rez-de-chaussée), donc rien ne sert de percer complètement tout de suite. Jean-Emmanuel a posé deux linteaux en bois au-dessus des ouvertures et façonné les bords avec de l’enduit en attendant la suite. Sur le mur à droite de la porte, il a aussi fait un essai d’enduit avant d’attaquer le reste de la pièce.

D’autre part, la grande affaire, c’est la cuisinière à bois qui doit fournir l’eau chaude sanitaire et l’eau pour le chauffage au sol. Avant même l’installation du système de raccordement, il a fallu remplacer le bouilleur, et donc démonter en grande partie la cuisinière, ce qui a été l’occasion  de la décrasser de fond en comble (petit rappel : nous l’avons achetée d’occasion). Mais ensuite, il n’a pas été si facile d’encastrer le bouilleur neuf. Un grand merci à notre ami Jacques le mécano, artisan du cuir de son vrai métier, pour sa précieuse aide ! Bon, ceci étant fait, il « reste » à mettre en place tout le système de raccordement, c’est-à-dire les tuyaux, les ballons, le vase d’expansion, les vannes, etc…












Nous vous écrivons tout encottonés de notre premier anniversaire de mariage que nous avons fêté hier. Avec les trois articles postés sur notre blog, vous avez ainsi une vue d’ensemble sur notre première année à la Roussie. Mais, comme le disent ceux qui sont déjà venus nous voir, rien ne vaut un passage à la Roussie pour vous en rendre compte et à l’occasion, goûter nos légumes ! A bon entendeur, salut !

mercredi 11 mars 2015

Hiver 2014-2015


Chers amis, chère famille,

Vous ne les attendiez plus… voilà des nouvelles fraîches de la Roussie !
Alors, ça avance ??? Jugez-en par vous-mêmes.

Côté maison d’abord…
Ca y est, la porte entre la future cuisine et la future arrière-cuisine est finie d’être percée, et une porte en bois a désormais comblé le trou. 



Quant à la salle de bain, il y a quelques progrès : à l’emplacement de la douche, Jean-Emmanuel a appliqué par couches successives un stuc qui permet de remplacer le carrelage. C’est ce qu’on voit en rouge sur la photo.



 D’aucuns y voient une inspiration orientale. L’éclairage s’est également amélioré grâce à l’apposition de spots au plafond. Le chantier n’a pas évolué pendant l’hiver, et la température a tourné autour de huit degrés ; les douches n’ont jamais été aussi courtes, même si, Dieu merci, nous avions de l’eau chaude ! Pour que les travaux avancent davantage, il fallait attendre que le système de chauffage soit mis en place, pour que le plancher en châtaigner que nous avons déjà acheté ne pourrisse pas. Or, ce n’est que très récemment que nous avons fait l’acquisition de notre cuisinière à bois- bouilleur qui va alimenter le chauffage au sol et le radiateur de la salle de bain (reste à l’installer). 



 Jean-Emmanuel a déjà commencé à isoler les murs de la pièce par l’extérieur avec de la paille enfilée dans des palettes en bois. 

  

Revenons dans la pièce principale.  Jean-Emmanuel a complètement enlevé l’escalier et a finalement renoncé à le réutiliser. Nous voulions en effet déplacer l’escalier qui se trouvait, après l’abattage d’une cloison, au milieu de notre grande pièce. Après avoir imaginé toutes les configurations possibles pour lui trouver un nouvel emplacement, nous pensions juste le décaler en changeant le quart tournant (de droite à gauche). Ce qui se révèle en réalité une opération assez complexe. Nous venons donc de faire l’acquisition d’un nouvel escalier qu’il reste à mettre en place… une fois que le sol sera fini ! Transition parfaite pour vous parler maintenant du grand chantier sol de la grande pièce…




A la fin de l’été, le sol avait bien avancé (voir la précédente newsletter), et il restait à le recouvrir. Oui, mais avec quoi ? Là est toute la question que nous avons retournée dans plusieurs sens. Allait-on mettre des tomettes ou réutiliser les briques ? Dans quelle disposition ? Pourquoi ne pas mettre du parquet ? Idée tentante, mais qui s’éloigne de l’esprit originel des lieux. En combinant tous les critères, à la fois techniques, économiques, pratiques et esthétiques, et après plusieurs projets, nous avons finalement opté pour cela:



Une alliance de bois et de briques. Et, ô miracle, la largeur de la pièce correspond au millimètre près à 7 carrés de briques. Le défi technique reste de rendre la surface du sol parfaitement (ou presque) plane, alors que la chape en-dessous ne l’était que très très approximativement. Pour le moment seule la future cuisine en est revêtue. C’est que ce petit travail est exigeant physiquement et demande beaucoup de temps !

Toujours dans la pièce principale, une partie des murs et du plafond a perdu sa carapace de peinture marron, verte et orange. Ouf ! Comme cela fait du bien ! 

 


Les matériaux naturels, le bois et la pierre, commencent à apparaître sous les coups du burin électrique et du sable projeté à toute force par un compresseur à air. Le sablage n’est pas une mince affaire : il faut d’abord s’habiller en conséquence avec un casque de scaphandrier et changer la vitre du casque tous les trois sacs car le sable raye le verre. Bilan de l’opération : efficace, mais relativement onéreuse.


Quant à l’extérieur, les choses se mettent en place petit à petit également.
Jean-Emmanuel a fini le système de drainage autour de la maison. 



Cela a pris du temps, mais nous en voyons les effets positifs : au lieu de trouver 95% d’humidité dans notre chambre à notre retour de vacances de Noël, nous n’avons plus trouvé qu’un taux de 75%  lors de notre dernier retour de vacances début mars. C’est encourageant ! En plus des drains à poser dans le sol, il a fallu installer des gouttières. 



Pour finir sur ce chapitre de l’eau et de l’humidité, Jean-Emmanuel s’est employé à transformer le vide de 70 cm entre notre chambre et la bergerie dans lequel s’accumulait l’eau de pluie et donc l’humidité, en un espace couvert et muni d’une chape isolante au sol. Nous voudrions en faire une douche et des toilettes à terme, ce qui rajoutera quelques mètres carrés à la maison !


 

Et le jardin ? Et le maraîchage ?? Ca avance ???

Patience ! Avant de semer à toute volée, il faut bien réfléchir les choses et mettre en place le terrain. Un principe de base en permaculture.
Avant toute chose, il est important, car bon pour le moral (et le moral, c’est le nerf de notre guerre !) de vivre dans un environnement plaisant. C’est pourquoi nous avons tenu à refaire les bordures devant la maison en utilisant la technique médiévale du plessis. 



Cela a le double avantage d’empêcher l’herbe de gagner sur la bordure et d’être joli (enfin, nous trouvons). Ces bordures vont être plus particulièrement consacrées aux plantes aromatiques, faciles à cueillir devant la maison et bien exposées au sud, ce qui n’empêche pas de planter quelques fleurs au passage.

Le plus gros de l’affaire reste la construction des fameuses buttes potagères. Les buttes offrent de nombreux avantages : outre le fait qu’elles augmentent la surface par rapport à des cultures en plein champ, elles empêchent de se casser le dos, elles permettent une meilleure exposition au soleil et surtout elles maintiennent une certaine humidité, même en période de forte chaleur (grâce au paillage) tout en empêchant les cultures d’être inondées en cas de fortes pluies.





Fabriquer ces buttes n’est pas aussi simple que cela paraît : cela nécessite de se procurer des branchages et des végétaux, de disposer dessus de la terre, de la border avec du bois coupé, et enfin de la pailler. Jean-Emmanuel a réalisé ainsi dernièrement quatre buttes maraîchères, ainsi que des buttes destinées à délimiter le terrain devant la maison, sur lesquelles on a déjà planté des arbres et arbustes et semé des graines. Des entreprises locales d’entretien d’espaces verts nous ont apporté régulièrement des végétaux qui viennent s’empiler sur ces « buttes frontières ». 





Jean-Emmanuel s’est également mis en cheville avec son voisin agriculteur pour recevoir les déchets verts que les particuliers mettent à la déchetterie de Confolens, la petite ville voisine. Régulièrement, des camions viennent décharger des bennes sur une plateforme construite à cet effet, et deux fois par an, une machine vient broyer ces déchets, qui compostent ensuite gentiment sur place. De l’or brun en perspective ! 




Un autre voisin agriculteur nous a également nettoyé un petit terrain qui était littéralement couvert de ronces de l’autre côté de la route. La terre y est bonne et attend des arbres fruitiers. 



Mais à chaque jour suffit sa peine… Nous avons déjà planté quelques arbres fruitiers autour de la maison : des pommiers, pruniers, cerisiers et noyers.
Enfin, la mise en place du terrain passe aussi par l’aménagement de mares car… l’eau c’est la vie, comme se plaît à le répéter Jean-Emmanuel. Les premières buttes maraîchères ont été faites autour d’un trou d’eau qui s’est transformée en une toute petite marre, avec même une petite île potagère au milieu, le tout très  bien exposé au soleil et à l’abri du vent du nord. Voilà des conditions favorables pour la culture de certains légumes et fruits qui aiment à la fois l’eau et le soleil !







Claire continue à travailler pour ses élèves, et comme le faisait remarquer quelqu’un récemment, on peut dire aussi que c’est une jardinière, qui essaye de faire grandir les jeunes qui lui sont confiés. Mais on ne fait pas pousser un arbre en tirant sur ses feuilles, alors il faut beaucoup de patience pour exercer ce métier d’enseignant avec des élèves en (grande) difficulté ou qui n’ont tout simplement pas envie de trop travailler…


 
Et pour finir, nous voulons vous partager la joie de voir passer les semaines et les saisons de plus près. Lumières, du soir et du matin, gelée et neige, brouillard, grues qui partent et qui reviennent à grands cris. 






Bref, nous ne sommes pas malheureux ici.
Nous pourrions vous raconter encore les liens que nous nouons progressivement dans le voisinage plus ou moins proche, mais c’est encore une autre histoire, tout aussi passionnante.

Vous savez que vous êtes toujours les bienvenus si vous êtes de passage dans notre Charente limousine. Alors à bientôt, et portez-vous bien !

Claire et Jean-Emmanuel