dimanche 17 janvier 2016

Automne 2015 (novembre-décembre)


L’effervescence et la joie des retrouvailles de Noël et du jour de l’an passées, nos pénates charentaises regagnées, voici venu le temps de vous donner quelques nouvelles fraîches ! Le temps est maussade à souhait et se prête fort  bien à cet exercice…


Ces deux derniers mois ont été marqués par la présence chez nous de nos fameux « woofers ». Pour ceux qui ne savent pas encore  ce que c’est, nous vous renvoyons à la fin de notre dernier article. Ils nous ont bien aidés, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Merci en particulier à Victor et Nicolas, qui sont restés plusieurs semaines chez nous, ainsi qu’à Arthur !

Les derniers jours d’octobre avec quelques gelées et les premiers jours de novembre ont vu la fin des légumes d’été, les courgettes et les tomates notamment, et la cueillette des courges. Les buttes se sont ainsi dénudées, prenant des allures hivernales, mais décidément cet hiver tarde à se mettre dans ses habits d’hiver, et la douceur a fait germer des plantes qui auraient dû sommeiller pendant les mois froids (les pommes de terre, les fèves).


Pommes de terre


Fève en fleurs
Les jonquilles ne sont pas bien belles mais deux mois en avance!


Dans le jardin, nous avons cueilli des blettes, des brocolis, des choux fleurs, que nous avons continué de vendre aux collègues de Claire. Et pour élargir le choix, nous proposons aussi des légumes produits par un voisin maraîcher, Cyril, avec qui nous nous sommes mis en cheville.




Mais le plus gros du travail à l’extérieur n’est pas tant dans la production (enfin, pas encore), que dans la préparation du terrain. Suite de la saga de la pelleteuse… cette fameuse pelleteuse 18 tonnes mise à notre disposition par un voisin depuis cet été, et qu’il ne récupère toujours pas !! Alors ce serait bête qu’elle reste esseulée et inutile dans le jardin.



Voici les services qu’elle nous a encore rendus jusqu’à ce qu’elle retourne à son propriétaire début décembre : elle a permis de déplacer la haie qui sépare notre jardin potager (pour ceux qui sont venus, là où se trouvent les premières buttes) du futur verger. Cela permet d’agrandir un peu l’espace proche autour de la maison et d’ouvrir sur le vallon derrière.


Vue du toit sur la haie déplacée et les baissières du futur verger


Elle a été bien utile aussi pour démolir un vieux mur en ruine et déterrer les pierres recouvertes de ronces qui formaient un monticule à ses pieds. Les pierres ainsi dégagées ont servi, grâce au tracteur,  à empierrer des chemins faits par Jean-Emmanuel cet été, où l’on s’embourbait facilement par temps de pluie. Ce fut long et fastidieux, mais utile. 


Enfin, et ce n’est pas la moindre des choses, Jean-Emmanuel a pu modeler encore, grâce à la pelleteuse, une marre et quatre baissières (voir le blog précédent). Vous le voyez, pas de productivité immédiate, mais une préparation nécessaire pour la suite !


Nouvelle mare
Les baissières

Les buttes faites cet été dans le futur espace cueillette ont été ensemencées avec de la moutarde, un bon engrais vert, qui permet de stabiliser la terre sur les buttes et de ne pas laisser le sol à nu pendant l’hiver, empêchant ainsi les mauvaises herbes de s’installer. Une fois morts, les plants de moutarde laissent sur place de la matière organique qui enrichit le sol.

Un wwoofer dans la moutarde!

La grande affaire avant de partir en vacances fin décembre fut le transport des déchets verts. Vous vous souvenez que Jean-Emmanuel a passé un contrat, en collaboration avec un agriculteur voisin, avec la société qui gère les déchets du Confolentais : au lieu de transporter les déchets verts de la déchetterie vers le sud du département, ils les apportent régulièrement sur une plate-forme située à 400 mètres de chez nous, et deux fois par ans, ils broient le tas de végétation. Tout cela se fait gratuitement. Reste ensuite à notre charge de les transporter chez nous, auprès des buttes, afin qu’ils compostent après avoir été abondamment mouillés, et servent d’engrais vert pour les cultures d’ici trois mois. On a fait appel pour le transport à des agriculteurs du coin, mieux outillés que nous, mais la difficulté est de s’entendre sur les prix… 

Déchets verts broyés déposés entre les buttes

Quid des travaux à l’intérieur de la maison ?
L’avancée notoire, qui rend notre vie quotidienne plus agréable, est l’achèvement du sol en briques et bois de la grande pièce (cuisine, salle à manger et salon). C’était un bon morceau car il faut à peu près trois quarts d’heure pour effectuer chaque carré en s’y mettant à deux : il faut laver les briques, étaler une chape, positionner les baguettes de bois, ajuster les briques, et les mettre de niveau. 
Pour continuer sur les sols, celui de la future chambre a un peu avancé avec la pose des tuyaux du chauffage au sol, recouverts ensuite d’une fine chape pour les fixer. Il restera ensuite à poser le parquet. Mais ça, c’est une autre étape, qui sera une première pour Jean-Emmanuel. Dans cette pièce, outre le plancher, il y a encore du travail : percer une deuxième ouverture, faire les enduits des murs et l’isolation du plafond…

Le sol décaissé et drainé


Après les cailloux et une chape isolante: la pose des tuyaux du chauffage au sol


Et encore une dalle pour noyer les tuyaux


La cuisine terminée
Et le salon aussi! Ouf!!!

Passons à la salle de bain : un pas en avant, un pas en arrièèèèère, un pas sur le côté, et un pas d’l’autr’ côté !! Mais c’est pour un plus grand bien! Concrètement, ayant constaté des remontées humides provenant de dessous la douche, Jean-Emmanuel a jugé plus sûr de casser la dalle en béton qu’il avait faite pour la douche et de décaisser le sol comme dans le reste de la salle de bain. Ainsi tout le sol de la salle de bain est isolé. Le scénario maintenant bien connu reprend : décaissement (heureusement, c’est une petite surface !), empierrement, chape isolante. Il reste maintenant à couler une nouvelle dalle, et à installer ensuite le caillebotis prévu comme sol de douche. Dans le reste de la salle de bain, les « gars » ont posé les tuyaux du chauffage au sol, les ont noyés d’une chape comme dans la future chambre. Et « y’aura plus qu’à » poser le sol définitif, qui sera du plancher de châtaigner.


Chape qui attend la dalle finale avant la pose du caillebotis

Côté cuisine, les choses ont évolué : les plaques et les ustensiles ont enfin trouvé leurs murs définitifs, après avoir occupé deux autres pièces depuis le début de notre installation ! Cela fait du bien, même s’il reste encore des travaux à faire dans la cuisine, comme finir de percer les deux ouvertures, achever les enduits au mur, finaliser le plafond, et installer des étagères. Notre fameuse cuisinière à bois fonctionne et chauffe plutôt bien. Mais elle n’alimente pas encore le système de chauffage au sol et l’eau chaude sanitaire, comme cela est sa vocation. Autrement dit, pas encore de chauffage !




On pourra dire qu’on l’aura mérité, notre chauffage au sol ! Il doit nous rester une bouteille de champagne dans un coin, qu’on ouvrira le jour où il sera mis en route… Nous avons eu quelques déboires avec le chauffagiste à la retraite qui avait proposé, de manière un peu informelle, de nous aider à le mettre en place. Nous avions reculé devant le coût exorbitant que représentait l’appel d’un professionnel pour installer tout le système. Ayant fait la connaissance de ce chauffagiste accidenté et retraité, nous comptions sur son aide. Au cours de plusieurs rencontres chez lui à Poitiers, il a donné de nombreux éléments, et vendu un certain nombre de pièces, qui ont permis à Jean-Emmanuel, aidé de notre précieux ami Jacques pour les soudures, de commencer à mettre en place le système. Mais quand notre chauffagiste est venu chez nous, début novembre, pour prendre la suite, il a montré son mécontentement sur plusieurs points. Il est ensuite revenu une seconde fois, après que Jean-Emmanuel ait effectué les modifications demandées, mais a finalement jeté l’éponge en lui disant de se débrouiller ; il reviendrait seulement à la toute fin pour les derniers réglages électriques… Cela représente certes un gros contretemps, mais permet à Jean-Emmanuel de mieux comprendre le fonctionnement de ce genre d’installation assez complexe ! C’est en forgeant qu’on devient forgeron, n’est-ce pas ? 



Pour finir, sortons de cet article par la nouvelle porte de la bergerie, récemment posée. Cette ouverture correspond à l’extrémité du mur de la bergerie que nous avions abattu pour élargir le couloir des toilettes (seuls ceux qui sont venus parviendrons à comprendre, et encore…). Nous avons pour cela utilisé une porte donnée par le père de Claire, double-vitrage, anti-effration (il faut ce qui faut !), dont il fallait faire faire l’encadrement. Voilà qui donne plus de lumière à la bergerie-atelier et ouvre sur un autre côté du jardin. 
Toute dernière chose, Jean-Emmanuel a entrepris d’isoler par l’extérieur le mur nord de notre chambre à l’aide de bottes de paille, qu’il restera à enduire. Voilà ce que ça donne : 



Bref, comme beaucoup d’entre vous nous le disent, « petit-à-petit l’oiseau fait son nid » ! Les oiseaux préparent d’autant plus leur nid, qu’ils devraient accueillir un oisillon (ou une oisillonne) vers la mi-avril… 


Si vous vous ennuyez, n’hésitez pas à venir nous rejoindre, vous voyez qu’il reste largement de quoi faire.

Nous vous remercions pour toutes vos marques de soutien, à bientôt pour de nouvelles aventures !

lundi 19 octobre 2015

Eté 2015



Nous revoilà ! Le froid qui tombe maintenant sans cacher sa face derrière un soleil trompeur nous fait réaliser que nous sommes vraiment en automne, et qu’il est grand temps de reprendre le fil de nos péripéties.
Depuis notre retour de vacances fin juillet dernier, bien des choses se sont passées.
De l’imprévu a surgi dans ce qui avait été envisagé pour l’été : un voisin agriculteur, dont les terres jouxtent les nôtres mais qui habite dans une autre commune, s’inquiétait pour sa grosse pelleteuse qu’il avait laissée dans son champ sans surveillance. Dans les campagnes, on se méfie toujours des rôdeurs, on ne sait jamais ! Il nous a donc demandé de l’héberger chez nous, en échange de quoi il la mettait à notre disposition pour faire quelques menus travaux… Le bougre ! Lui qui disait en plaisantant : « Avec ça, il y a de quoi retourner la Roussie », il ne croyait pas si bien dire ! Voyez la bête :

Bilan : trois mares, des mètres de buttes, une baissière. Mais cette énumération n’est pas très parlante. En réalité, deux espaces ont été aménagés : le futur espace de cueillette de légumes, et le futur verger. Pour le premier, il s’agit de réaliser un parcours de cueillette, avec deux mares et des buttes continues autour.





Pour le deuxième, il s’agit de construire une baissière, c’est-à-dire un fossé qui suit une ligne de niveau et qui permet de retenir l’eau un certain temps. La terre retirée du fossé est mise le long de la baissière et sert de butte pour planter des haies d’arbres fruitiers.

Ces arbres, nous ne les avons pas encore plantés, car comme chacun sait, « c’est à la Sainte Catherine que tout prend racine » ! C’est-à-dire aux alentours du 25 novembre. Et il faut avant tout protéger le futur verger des chevreuils gourmands. Là encore, plusieurs solutions s'offrent à nous : soit on protège chaque tronc individuellement, soit on clôture toute la parcelle avec un grillage adapté pour ces bêtes sauteuses. Nous avons opté pour la seconde solution, car nous allons mettre un certain nombre d’arbres fruitiers, mais aussi des petits fruits (framboisiers, cassissiers, groseilliers etc…). Récemment, Jean-Emmanuel a donc commandé des piquets de deux mètres et a profité qu’il avait encore la pelleteuse pour les enfoncer solidement.

Nous avons eu la joie de recevoir plusieurs amis et membres de notre famille durant l’été. Parmi eux, des frères de Jean-Emmanuel et leur famille nous ont prêté main forte.




Ils ont bien pu profiter du festival de danse et musique folklorique de Confolens, qui a lieu tous les ans dans la petite ville voisine depuis bientôt 60 ans.  

 Merci aussi au père et frère de Claire qui sont venus depuis Ricoux aider pour la chape isolante de notre future chambre et pour l’enduit isolant de la future cuisine-salle à manger. 
 

N’oublions pas nos fidèles amis Cédric et Hélène qui sont revenus cette année nous aider.

Avec toutes ces aventures, les travaux dans la maison ont moins avancé que prévu durant l’été. Mais dès les premiers jours de septembre, Jean-Emmanuel s’est attelé à la fermeture du couloir derrière la salle de bain. Ce couloir, nous le rappelons, était auparavant un espace en plein air entre la maison principale et la bergerie. Nous l’avons donc annexé pour en faire un couloir intérieur et les toilettes au bout. On ne crache pas sur quelques mètres carrés supplémentaires. Il y avait donc tout à faire : gagner en largeur en détruisant le mur de la bergerie, faire un sol et un plafond isolants (grâce à de la laine de mouton donnée par des amis en échange de service) et remplacer le gros mur de pierre par une nouvelle paroi plus fine et isolante. Choix fut fait d’une paroi en bottes de pailles, qu’il reste à couvrir d’un enduit de terre. Le tout avec une fenêtre au fond pour que depuis le trône on puisse contempler Dame nature. 

 



Quant au chapitre des récoltes, nous vous avions laissés la dernière fois dans le suspense : le jardin potager allait-il survivre à 15 bons jours d’absence sans arrosage, sans une goutte de pluie, et par une canicule carabinée ? De mémoire de paysan, on n’avait déjà connu de longs épisodes de sécheresse (les anciens se souviennent du fameux été 1976), mais jamais doublés d’une canicule comme cette année. Bilan des courses : pas si mal ! Certains jeunes plans, récemment mis en terre, n’ont pas résisté. Mais dans l’ensemble, le système des buttes a fait ses preuves : le bois incorporé dans la butte a permis de maintenir une certaine humidité sous le paillage. Face aux fortes températures arrivées tôt dans la saison, les plantes se sont mises en repos végétatif et en sont sorties seulement après le 15 août avec le retour des pluies. On a même vu des pruniers en fleurs chez notre voisine fin août ! Nos tomates ne se sont décidées à rougir massivement que fin septembre, même si tout l’été, on a pu en cueillir au compte-gouttes.

On a aussi bénéficié d’une belle récolte de courgettes et de potirons, sans compter les autres courges (pâtissons, butternuts, courges spaghetti, potimarrons…), des blettes, de l’oseille, ainsi que quelques melons. 

 
Un nouveau locataire est arrivé à la Roussie : un vieux tracteur Renault équipé d’une fourche et d’un godet à réparer. Le but est de devenir plus autonome pour les grosses manutentions, notamment le transport de déchets verts depuis la plate-forme de compostage située à 300 m (voir blogs précédents).

Ce tracteur, c’est Cyril, un maraîcher arrivé avec sa femme un peu après nous dans le coin, qui nous l’a vendu. Jean-Emmanuel s’entend bien avec lui, et ils collaborent pour plusieurs choses : pour le matériel agricole et pour la revente de légumes. En effet, nous lui achetons des légumes que nous revendons ensuite aux collègues de Claire en plus de nos propres légumes. Ce sont nos premiers clients depuis la rentrée de septembre ! Chaque mercredi et vendredi, Claire apporte son panier de légumes pour les quelques collègues intéressés. Un certain nombre d’entre eux ont déjà, qui des parents, qui des voisins qui leur procurent des légumes. Mais pour nous, il est intéressant de voir lesquels sont les plus demandés.
Dernièrement, nous avons eu la visite d’un hôte un peu spécial : un wwoofer ! Pour les non initiés, le wwoofing est un réseau international qui met en relation des producteurs bio ou assimilés (comme nous qui sommes en permaculture), et des personnes désireuses de découvrir ou d’en apprendre plus sur le maraîchage et autres activités agricoles. Ça permet à des jeunes de voir si ce mode de vie leur plaît et de cumuler plusieurs expériences avant d’éventuellement se lancer dans l’aventure. Nous avons donc reçu David, qui passe ainsi de ferme en ferme depuis un an. Il nous a bien aidés, notamment pour avancer la cuisine : la pose des carreaux de terre cuite sur le mur au-dessus du plan de travail, l’enduit final sur ce même mur, ainsi que l’avancement du sol dans le salon.
Nous avons trouvé que, outre l’aide apportée, l’expérience était intéressante d’un point de vue humain, tant par l’adaptation nécessaire des deux côtés, que par les échanges au cours des repas
Nous aurions aimé vous annoncer l’inauguration de la cuisinière à bois et du système de chauffage, mais nous attendons le coup de pouce indispensable d’un ami qui ne peut pas se libérer avant la semaine prochaine. Rassurez-vous, nous survivons tout de même. Portez-vous bien, à bientôt pour de nouvelles aventures !




lundi 13 juillet 2015

Printemps - début été 2015


La Roussie, troisième saison : le printemps !
Quelques jours de retard par rapport à la saint Jean, qui marque le début de l’été et donc le moment M pour nous de poster nos aventures printanières. Mais c’est que nous sommes bien occupés !
Les travaux de cette saison ont été plus marqués par le jardin que précédemment. Commençons donc par là !


Le début du printemps a été assez pluvieux, on a du mal à le croire maintenant, tellement la sécheresse s’installe. Il a donc fallu tondre régulièrement pour ne pas se faire envahir. Mais le plus gros du travail a été de semer et planter. Cela va rapidement à écrire, mais un peu moins à faire.

C’est à Claire qu’est revenue la tâche délicate de faire les semis, Jean-Emmanuel étant assez peu versé dans les opérations minutieuses. Mais le sort s’est acharné contre les pauvres semis réalisés avec tant de patience et d’amour ! Enfin, le sort et un savoir-faire encore débutant…
Nous avions rempli des cagettes de terre provenant des taupinières, ce qui les rendait très lourdes. Pour préserver les semis des limaces ravageuses et friandes de pousses vertes, nous avions ensuite placé ces cagettes sur une étagère à 12€ dans tous les magasins de bricolage (la précision est importante), dans notre chambre derrière la porte vitrée. Un dimanche matin que nous petit-déjeunions tranquillement près du poêle de notre chambre, patatra ! Toute l’étagère s’écroule misérablement, les semis gisant pêle-mêle sur le sol… 
Mais on ne se laisse pas démonter pour si peu, Claire sème dans de nouvelles cagettes, cette fois plus petites, qu’on place dans une mini-serre à plants qu’on nous avait donnée. Et voilà qu’un gros coup de vent nous a mis la mini-serre par terre, et tous les semis avec. Quelle poisse ! Nous avons tout de même réussi à effectuer des semis de tomates et de courges principalement.

Certaines plantes peuvent se semer directement dans la terre : nous avons ainsi mis des graines de maïs, de haricots, de fèves, de petits pois, de radis et de potimarrons & Cie (potirons, butternuts, giraudons, courge longue de Nice, etc...)

Pour le reste, nous avons acheté des plants à un fournisseur pour professionnels : plants de blette, cèleri, salade, fenouil, courgette, rhubarbe, chou, fraisiers. On s’y prend à deux pour planter, un vrai travail d’équipe : Claire découpe les plants dans les cagettes et les donne à Jean-Emmanuel qui fait le trou et y introduit le plant.

Le principe est de diversifier au maximum les cultures sur les buttes : cela évite bon nombre de maladies (les insectes et les champignons adorent les monocultures) et favorise la croissance des végétaux grâce à des échanges bénéfiques entre espèces par les racines. Un exemple : les haricots captent l’azote de l’air et en association avec une bactérie, le rendent disponible dans le sol pour d’autres plantes, comme le maïs, autour duquel ils pourront s’enrouler.

Le temps, le soleil, et la pluie - quand elle veut bien, faisant leur œuvre, semis et petit plants deviennent grands. C’est une vraie joie de voir sortir les pousses, grandir les plantes, apparaître les premières fleurs, puis les premiers fruits. 

On guette le moment favorable pour les cueillir et les déguster dans notre assiette. Nous avons ainsi bien apprécié les petits pois, les pommes de terre, les fèves, ainsi que les fraises, les framboises, les cassis, en attendant les autres.



Mais quelle école de patience ! Entre le moment où l’on plante ou sème et le moment de la cueillette, il se passe du temps, mais il peut aussi se passer beaucoup de choses, comme les maladies (pour le moment, un peu de mildiou sur les pommes de terre, mais rien de grave), le passage des limaces, la sécheresse etc… Voici la tête des courges quand elles souffrent au soleil.
Pour protéger les plants, nous couvrons toutes les buttes avec de la paille et des copeaux de bois (vous pouvez voir ici le tas). C’est une opération qu’il faut réaliser plusieurs fois dans la saison.



Une autre petite joie a été de voir les légumes monter en fleur puis en graines comme les poireaux qui se mettent en boule… Les plantes montent alors très haut pour mieux disperser leurs graines au vent, loin du « pied-mère ». Toutes ces fleurs embellissent notre jardin tout en nous fournissant des graines pour la saison prochaine.




Au tout début du printemps, nous avons aussi commencé une haie vive pour séparer le jardin potager du futur verger/basse-cour : ce sont des rameaux de saule qu’il suffit de planter dans le sol pour qu’ils reprennent, et que l’on tresse une fois qu’ils ont grandi. Voilà ce que ça donne, sachant que c’est une barrière vivante qui évolue avec le temps.
Rentrons maintenant dans la maison!



Vous avez pu voir dans le précédent article que nous avons trouvé l’escalier qui convenait pour la configuration de la maison. Non, il n’est pas encore en place : il faudrait pour cela avoir fait le sol définitif du futur salon. Ce sera pour la prochaine saison. Mais ce que Jean-Emmanuel a fait, c’est la réalisation de la trémie pour le nouvel emplacement d’escalier.


Il a d’abord fallu déclouer tout le plancher au-dessus du futur salon, puis notre charpentier préféré a pu exercer son art en découpant et en réassemblant les chevrons afin de fixer cette nouvelle trémie. Sans oublier de reclouer le plancher bien sûr ! Cela nous a permis ensuite d’aménager un peu le grenier pour héberger nos visiteurs printaniers, cousins, frères et sœurs, et amis.
Le gros chantier suivant a été de mettre en travaux notre future chambre, qui était notre cuisine depuis le début de notre mariage. Mais avant cela, il a fallu déménager toute la cuisine pour la transporter de l’autre côté de la cloison, dans le futur salon. Donc pas encore son emplacement définitif, ce serait trop simple sinon !



Pour ce chantier, fort heureusement, nous avons reçu l’aide d’amis de Jean-Emmanuel, Thierry et Aurélien, qui ont passé une bonne partie de leur week-end de la fête du travail à sortir de lourdes brouettes de terre de la pièce : le décaissage a été efficace grâce à eux. 






Ensuite, il était plus aisé de mettre des cailloux, gros d’abord, puis plus petits. Nous sommes maintenant en train de faire la chape isolante : le temps sec est favorable pour ce genre de travail. A deux, nous sommes bien rodés : pendant que Claire remplit huit seaux de copeaux de bois à partir du gros tas devant la grange, Jean-Emmanuel étale les trois brouettes de mélange (chaux, copeaux, argile et eau) sur le sol de la pièce, puis nous faisons ensemble le nouveau mélange, et ainsi de suite.




Tant qu’on parle de décaissage et de chape, parlons de la salle de bain, la fameuse, dont les projets d’aménagement n’auront cessé d’évoluer au fil des travaux et de notre fréquentation des lieux. Comme nous ne sommes plus à un abattage de mur près, ou à une chape prête, nous avons décidé qu’il était préférable d’assainir complètement la salle de bain, et tant qu’à faire de l’agrandir encore. Alors nous voilà lancés dans le chantier, assez gratifiant, car la pièce est plus petite et donc les opérations plus rapides :



Non, finalement, on abat le mur
On ouvre une porte?


Rassurez-vous, cela ne veut pas dire pour autant que nous ne prenons plus de douche ! Le coin douche est bien aménagé avec son caillebotis en châtaigner fabriqué par Jean-Emmanuel et son père. C’est très agréable de sentir le bois sous ses pieds en se douchant. Le seul petit hic, c’est la remontée du tannin du bois qui fait des taches sombres. La solution rerte encore à trouver. Merci en tous cas au père de Jean-Emmanuel d’être venu de Marseille pour ce chantier ainsi que pour des travaux d’électricité !
Pose du premier quart du caillebotis

Côté future cuisine, ça avance progressivement. Avec l’aide d’un jeune de la paroisse, nous avons commencé à attaquer le mur par l’intérieur pour percer la fenêtre et la porte que nous avons projetées sur le pignon ouest de la maison.






Mais pas de précipitation, les menuiseries ne seront pas prêtes avant septembre (on remplace en outre toutes les portes et fenêtres du rez-de-chaussée), donc rien ne sert de percer complètement tout de suite. Jean-Emmanuel a posé deux linteaux en bois au-dessus des ouvertures et façonné les bords avec de l’enduit en attendant la suite. Sur le mur à droite de la porte, il a aussi fait un essai d’enduit avant d’attaquer le reste de la pièce.

D’autre part, la grande affaire, c’est la cuisinière à bois qui doit fournir l’eau chaude sanitaire et l’eau pour le chauffage au sol. Avant même l’installation du système de raccordement, il a fallu remplacer le bouilleur, et donc démonter en grande partie la cuisinière, ce qui a été l’occasion  de la décrasser de fond en comble (petit rappel : nous l’avons achetée d’occasion). Mais ensuite, il n’a pas été si facile d’encastrer le bouilleur neuf. Un grand merci à notre ami Jacques le mécano, artisan du cuir de son vrai métier, pour sa précieuse aide ! Bon, ceci étant fait, il « reste » à mettre en place tout le système de raccordement, c’est-à-dire les tuyaux, les ballons, le vase d’expansion, les vannes, etc…












Nous vous écrivons tout encottonés de notre premier anniversaire de mariage que nous avons fêté hier. Avec les trois articles postés sur notre blog, vous avez ainsi une vue d’ensemble sur notre première année à la Roussie. Mais, comme le disent ceux qui sont déjà venus nous voir, rien ne vaut un passage à la Roussie pour vous en rendre compte et à l’occasion, goûter nos légumes ! A bon entendeur, salut !