lundi 13 août 2018

Printemps 2018

Avec quelle impatience avons-nous attendu ce printemps que le printemps arrive ! Le soleil a fini par pointer son nez, nous donnant de belles journées pour travailler malgré quelques retours au froid. 

Ces trois mois d’avril à juin ont été denses, c’est bien naturel pour des maraîchers… 
Aidés par de vaillants woofers, nous avons continué à palisser le flanc des buttes pour éviter tout éboulement de terre et désherbé, voire débroussaillé d’autres emplacements pour préparer les plantations. 
La bande des "El": Emmanuel, Raphaël et Jean-Emmanuel au boulot. 


Les plants provenaient en grande partie d’un maraîcher ami avec lequel nous collaborons de plus en plus. Il est d’ailleurs temps de vous présenter Sylvain et Charlotte. Ce couple de maraîchers s’est installé à 25 minutes de la Roussie à peu près en même temps que nous et ont une fille du même âge que Bruno. Nous nous entendons bien et nous échangeons volontiers des services, des journées de travail, des légumes quand cela arrange l’un pour ses ventes etc… S’est joint à notre binôme une autre maraîchère, Alice. Nous travaillons de plus en plus ensemble et avons le projet de louer ensemble un atelier de transformation pour « passer » nos légumes en surplus à Alloue, une commune idéalement située entre nos trois micro-fermes. Nous vous en dirons un peu plus quand le projet prendra davantage forme.  C’est en tous cas très agréable de pouvoir ainsi compter sur d’autres sans que la crainte de la concurrence ou la jalousie ne viennent assombrir la relation. Ce n’est malheureusement pas le cas avec une ferme voisine, à la fois si bien et si mal nommée « le Riveau ». 


On a aussi fait quelques semis nous-mêmes


Cette année, nous avons semé et planté pêle-mêle : différentes variétés de tomates, de pommes de terre, des oignons, des fèves, des petits pois, des salades, des courgettes, des blettes, des aubergines, des poivrons, des haricots (malheureusement trop peu et trop tard), des concombres, des courges. 


Augustin en stage intensif de plantation sur butte...


Un travail d'équipe efficace! Tiphaine, une woofeuse, avec Diane, la fille d'amis de passage.

Jean-Emmanuel a voulu tester une technique de semis de petits pois et fèves glanée sur internet : il s’agit de semer très serré puis de contenir les plantes en les enserrant entre deux grillages. Le résultat n’a pas été à la hauteur des espérances : les plants de petits pois et de fèves se sont moins bien développés là où ils étaient les plus denses. 

La récolte des petits pois.

La plate-bande de fèves.


Quant aux pommes de terre, elles ont été plantées cette année sous paille, soit juste posées sur le sol, soit à demi enterrées. Nous tirerons les conclusions lors de la prochaine saison. Nous avons utilisé pour cette plantation l’espace des futures bandes arbustives de la grande parcelle que nous destinons à l’agroforesterie. La plantation de pommes de terre ameublit le sol et prépare ainsi l’installation des arbres l’hiver prochain, si tout va bien !


Pose des pommes de terre sur du broyat végétal

On déroule la paille sur les pommes de terre

Nous avons complété la couche de paille avec le foin du verger. Il faut une bonne épaisseur pour que les pommes de terre ne verdissent pas. 

L’agroforesterie consiste à planter des céréales sur des bandes de 20 mètres séparées par des haies d’arbres. Nous avons enfin attaqué cette année le sol ingrat de la grande parcelle en y faisant faire un labour superficiel et un semis de sarrasin, plante qui s’accommode d’un sol pauvre. 
Et ça pousse!

Pour aider à faire partir les premières pousses quand la saison n’est pas encore très certaine, nous avons essayé les tunnels nantais : ce sont comme des mini-serres, c’est-à-dire des voiles posés sur des arceaux qui courent le long des plates-bandes. Nous avons trouvé l’expérience assez concluante et la renouvellerons sans doute. 




Pour finir dans nos expériences de plantations, nous avons à nouveau fabriqué une lasagne (voir le blog de l’été 2016) : cette technique consiste à superposer des couches carbonées (paille) et des couches azotées (tonte d’herbe) qui chauffent et favorisent les cultures. Inutile d’attendre pour vous dire le résultat : les aubergines que nous y avons plantées ont beaucoup mieux poussé que les autres, c’est assez extraordinaire. 

La lasagne "diamant" plantée d'aubergines.


Mi-mai a commencé la saison des fraises dont la récole fut plus abondante que l’an passé grâce à la multiplication des pieds, mais aussi grâce à la mansuétude des fameux saints de glace (saints Mamert, saint Pancrace et saint Servais les 11, 12 et 13 mai). Une bonne partie des fraises est  heureusement située sur des buttes, ce qui a facilité la cueillette. Ces délicieux fruits rouges nous ont bien occupés (enfin, surtout Claire aidée à la fin par Claudie, merci à elle !), avec la cueillette quotidienne, suivie du tri, de l’équeutage et de la mise en confiture (91 grands pots, et 29 petits). Une partie a été vendue fraîche en direct aux deux restaurants que nous fournissons, à la Maison Maria Casares (la maison de l’actrice à 10 km d’ici transformée en résidence pour troupes de théâtre) ou à des gens du coin. Nous en avons également gardé pour nos papilles, congelées coupées pour nos futurs sorbets ou transformées en coulis pour améliorer l’ordinaire quand vous viendrez nous visiter !




Pour rester sur les fruits, nous avons aussi récolté de la rhubarbe avec laquelle nous avons fait quelques confitures et des framboises qu’il nous faut encore multiplier. Nous aimerions en parsemer le verger entre les arbres des baissières. Nous avons aussi bénéficié de la générosité d’amis voisins qui croulaient sous les cerises, exceptionnellement abondantes cette année. Nous nous sommes donc lancés, en plus de quelques pots de confiture, dans les bocaux de cerises au sirop, de quoi agrémenter nos repas d’hiver quand les fruits viendront à manquer. 


Côté légumes, le printemps a ramené avec lui des saveurs oubliées depuis près d’un an, comme les petits pois tant attendus par Claire, les fèves ou les courgettes. C’est un réel plaisir, si on accepte de jouer le jeu des saisons, de redécouvrir le goût des fruits et des légumes quand revient l’époque de les manger. Ainsi le goût de la première tomate fraîche… Une belle découverte de la saison a été la dégustation des petits pois mange-tout, légèrement sucrés, délicieux poêlés quelques minutes. Nous les multiplierons l’an prochain ! 
Il ne s’agit pas seulement de les récolter pour nous, mais aussi pour nos clients, restaurants ou quelques habitués du coin, avant que l’on ouvre officiellement à la vente à partir de la mi-juillet. 

Pois mange-tout. Quel délice!


Laissez-nous maintenant vous présenter Ursule et Rochon. Arrivés tout juste sevrés au lendemain de Pâques chez nous, ils ont vite rejoint l’enclos des poules qui ont dû partager leur espace vital… 

A peine sevrés, ils viennent d'arriver chez nous.
La cohabitation ne se passe pas si mal, même si ces goinfres de cochons auraient tendance à manger la pitance des poules et même leurs œufs ! Il a donc fallu remettre un peu d’ordre et obliger les poules à pondre dans le poulailler et non dehors dans l’enclos. Nous avions dans l’idée, en prenant en pension ces bêtes, de les utiliser pour préparer des terrains : ils commencent, paraît-il, par manger l’herbe et toute la végétation avant de s’attaquer aux racines. Il faut les arrêter juste à temps avant qu’ils ne défoncent le terrain. Pour le moment, nous n’avons pas encore eu l’occasion de vérifier la chose car ils sont encore assez petits et ont de quoi faire dans l’enclos. A vrai dire, nous avons une seule fois tenté une sortie dans un enclos à mailles électrifiées pour voir s’ils allaient retourner le terrain. Mais les cochons ne nous ont pas laissé le loisir de cette expérience car, à peine ont-ils eu pris une châtaigne dans le museau qu’ils ont foncé tête baissée, réussissant à passer entre les mailles du filet… C’est qu’après il a fallu les rattraper et les ramener au bercail ! Le souvenir des chasses au mouton était encore frais et pour le moment, les cochons sont toujours sous notre surveillance dans l’enclos des poules où ils sont en train de prospérer tranquillement et de comprendre ce que c’est qu’un fil électrique.





Heureusement, ils ne sont pas encore trop lourds!





Quant à nos poulettes, tout va bien Madame la Marquise ! Nous avons eu la joie de voir les premiers poussins naître chez nous, non sans casser quelques œufs… Nous avions tout à apprendre même si la naissance de poussins peut paraître la chose la plus naturelle au monde. Il suffit de laisser couver la poule et d’attendre 21 jours ? Certes, mais notre poule naine, excellente couveuse, couvait évidemment à l’endroit où les poules pondent chaque jour. Or, après lui avoir laissé 6 œufs à pondre, il n’en faut guère plus, il devenait difficile de venir chercher nos œufs quotidiens car la naine les recouvrait et se montrait menaçante quand nous voulions aller les chercher. Sur les conseils d’une dame de Hiesse, nous avons isolé la poule couveuse hors du poulailler, dans l’ancienne cabane des cochons, où elle a effectivement donné naissance à trois poussins noirs, dont un s’est malheureusement échappé et disparu, peut-être dévoré par un chat… Que crudele ! La même dame de Hiesse nous avait fait éclore dans sa couveuse électrique un quatrième poussin qui a rejoint les autres, mais a disparu à son tour une nuit après plusieurs semaines en même temps que deux poulettes dorées que nous avions achetées.  Et pourtant le poulailler était fermé et on ne trouve pas de trace du passage d’un prédateur… Nous ne comprenons pas encore tous les mystères de la nature !

Tout juste né, collé à sa mère. 

Nos petits poussent bien. Augustin gambade partout et Bruno participe volontiers aux travaux de la ferme. 


On est bien dans l'herbe fraîche!


A bientôt pour vous narrer nos aventures estivales. Bon été à vous!









jeudi 3 mai 2018

Hiver 2017-2018
L’on avait pris l’habitude ces dernières années de nous plaindre de ne plus avoir de « vrai » hiver. Qu’étaient les grosses gelées et les étendues neigeuses devenues ? Cette année, nous avons eu ce qu’il fallait et Bruno a fait connaissance avec la neige pour sa plus grande joie ! La pluie quant à elle n’a presque pas cessé de tomber, et nous avons vu avec satisfaction nos mares se remplir peu à peu. Voyez au passage comme nous devenons de bons paysans à débuter une causerie en parlant du temps qu’il fait…



En revenant chez nous après les vacances de Noël, nous avons trouvé un certain nombre de courges, notamment des potirons, qui s’abimaient. Nous avons donc décidé de faire une série de soupes au potiron : cela nous a donné environ 90 bouteilles que nous avons pour la plupart englouties à petites doses presque tous les soirs de cet hiver. Quel confort d’ouvrir une bouteille de soupe 5 minutes avant le diner ! Au bout de plusieurs semaines, nous avons été étonnés de ne pas nous lasser de boire toujours la même soupe, peut-être grâce aux nombreuses vertus nutritionnelles du potiron ! 

Les hommes au boulot dans la cuisine!!!

Outre le potiron, nous avons vécu tout l’hiver sur nos pommes de terre qui ont bien poussé l’été dernier. Cela a été un travail de continuer à les sortir de terre, les trier, les laver, non seulement pour nous, mais aussi pour quelques clients du coin qui sont venus en chercher à la ferme. 

L’hiver est la saison favorable pour faire des travaux d’entretien et du rangement à l’extérieur : ainsi, aidé par des woofers de passage, Jean-Emmanuel a pu poursuivre son travail de casser les mangeoires dans la grange pour fabriquer des racks à bois. Les pierres et gravas ainsi dégagés ont ensuite servi à continuer l’empierrage d’un chemin dans le verger. 



En passant entre les gouttes, Jean-Emmanuel aidé de Guillaume (merci à lui !) a pu avancer la mise en place du grillage autour de la grande parcelle. 



Sinon, l’hiver est le moment de « faire le bois ». Comme on dit, le bois chauffe trois fois : lorsqu’on le coupe, lorsqu’on le débite et le range, et lorsqu’on le fait flamber dans le poêle… 



Côté travaux, l’hiver a été calme. Téméraire, Jean-Emmanuel a tout de même voulu profiter de quelques jours de beau temps en janvier pour faire des enduits au mur et au plafond dans notre fameuse future chambre… Eliott, un woofer corse que rien n’effraye, lui a prêté main forte. Hélas, le froid et l’humidité qui ont vite repris le dessus ont provoqué des moisissures sur le mur enduit avec de l’argile et de la chaux, mais aussi de la matière organique (des copeaux de bois et de la sciure). 



Côté animaux, la saga continue ! Il devenait nécessaire de faire un véritable enclos et un poulailler pour notre coq et nos quatre poules. Encore un travail de grillage et de piquets… Quant à la cabane des poules, Eliott leur a aménagé un vrai hôtel 4 étoiles en nous prédisant que 15 jours après son départ, en février, elles se mettraient à pondre ! Sauf que les poules, elles, n’en avaient pas décidé ainsi et nous avons des œufs depuis la fin mars. 



Les poules ont dû partager leur enclos pendant quelque temps avec de nouveaux arrivants : un couple de moutons du Cameroun, achetés sur le Bon Coin (que ferait-on sans lui ?), bientôt augmenté d’un petit agneau né chez nous un beau jour froid et ensoleillé. Les vendeurs, des éleveurs de chèvres, n’en voulaient plus car, disaient-ils, cette race ne donne pas beaucoup de lait. 



Plusieurs semaines après, nous commençons à comprendre qu’ils avaient peut-être cherché à s’en débarrasser car un peu compliqués de caractère… Superbes d’apparence, ces moutons étaient à moitié sauvages, ce qui correspondait mal à l’usage que nous voulions en faire : leur faire tondre l’herbe autour de la maison en déplaçant leur enclos électrique tous les deux jours environs. C’est là qu’est le hic : au moment du changement, on est obligés d’enlever l’électricité, et c’est ainsi qu’une fois ils se sont échappés, ce qui a donné lieu à une mémorable chasse au mouton. Une autre fois nous avons dû battre la campagne pour les retrouver. C’est qu’ils courent vite, ces bougres ! Bref, même si jouer au chasseur est assez amusant, nous avons tellement d’autres choses à faire à cette saison que nous avons décidé de nous en séparer. Ils sont maintenant chez des Anglais proches de chez nous, chez qui ils s’étaient réfugiés après s’être enfuis, très heureux parmi d’autres moutons. 
L’aventure continue maintenant avec des petits cochons, mais ce sera pour le prochain article du blog… 


Quant au jardin, nous avons repris les activités avec le mois de mars, aidés en grande partie par Jade et Antoine, ainsi que Benjamin, des woofers bien motivés. Il a fallu retravailler sur les buttes qui avaient un peu souffert de l’hiver et dont la terre s’était écroulée par endroits. Pour mieux retenir la terre, nous avons bordé peu à peu le flanc des buttes avec des planches. Vue la surface, c’est un travail de longue haleine qui n’est toujours par terminé à ce jour. Pour s’approvisionner en bois, Jean-Emmanuel a dû faire plusieurs allers-retours dans une scierie à 25 minutes de chez nous où il a des prix très intéressants. 



Avec des planches de la même scierie, des plates-bandes surélevées ont été rajoutées sur la butte en rond, ce qui permet de franchement séparer les espaces dédiés aux fraisiers des autres cultures. Sans oublier les plates-bandes au sol entre les buttes du parcours cueillette, toutes bordées par des planches, ce qui fait gagner en propreté et en solidité. 

Les fraisiers arrachés pour réaliser les plates-bandes surélevées ont été repiqués ailleurs dans le jardin. Ils ont dans l’ensemble bien repris et beaucoup ont déjà fait des fleurs, annonçant les futurs fruits… 


Jade et Antoine, qui sont restés presque un mois, ont proposé de  faire une spirale aromatique, à la plus grande satisfaction de Claire. Il est bien utile et agréable en effet pour une cuisinière d'avoir des herbes aromatiques à portée de main, tout proche de la cuisine. Orientée vers le sud, elle permet sur un petit espace de planter persil, thym, coriandre, estragon, basilic, romarin, mélisse et tout ce qu'on voudra, en choisissant le meilleur emplacement pour chaque plante: en haut celles qui aiment le sec et vers le bas celles qui nécessitent plus d'eau. Les pierres quant à elles sont chargées de conserver la chaleur. Merci à eux ainsi qu'à Benjamin!



A la fin de l’hiver, les premiers semis et plantations que nous avons faits en pleine terre sont les oignons, les fèves, les  petits pois, l’ail et les pommes de terre. 

Les fèves sortant tout juste de terre


Nous avons aussi fait des semis, de tomate essentiellement, en godets, mais cette année encore nous allons acheter la majorité de nos plants en attendant d’avoir notre propre serre à plants. 



La famille sinon se porte bien, les enfants font plutôt plaisir à voir et progressent chacun selon leur âge. Bruno aime beaucoup travailler avec son père dehors et tient compagnie parfois aux woofers. Augustin observe tout ce qui se passe et apprécie la présence de son frère avec qui il part dans des crises de fous rires. Bref, on ne s'ennuie pas!





A bientôt pour la suite de nos aventures !

vendredi 26 janvier 2018

Automne 2017


Cet automne, pas de grands chantiers, mais une multitude de tâches et d’activités plus ou moins prévues. Il faut dire aussi que le rythme s’est quelque peu ralenti pour gérer au mieux la vie familiale durant les premiers mois d’Augustin. 

Une urgence s’est faite ressentir à la fin de la saison : stocker les légumes de conservation (courges diverses et variées, pommes de terre…) et les pommes pour l’automne et l’hiver. 



Cela faisait longtemps que Jean-Emmanuel voulait se débarrasser dans la grange des méchantes mangeoires en ciment et réaliser des étagères à la place. Ce fut donc le moment de passer à l’action, aidé par Achille et Etienne. Après avoir ôté les parpaings et le soubassement en cailloux, il fallut remonter une paroi isolante en laine de bois puis l’enduire avec un mélange « made by Jean-Emmanuel » argile-plâtre-sciure. 

Excavation des  cailloux sous les anciennes mangeoires


Enduit en cours sur le mur isolant


Pourquoi une paroi isolante, direz-vous ? Car derrière cette paroi, l’ancien couloir à vaches, se trouve le futur potentiel atelier du patron. Enfin, il n’y avait plus qu’à monter les étagères. Merci Gabriel pour ton aide ! 



Par ailleurs, nous avions plusieurs troncs d’arbres qui attendaient leur heure pour passer de grume à planches et tasseaux. Nous avons donc fait venir une  scierie mobile qui nous a débité 5 troncs en un jour et demi. Jean-Emmanuel devait être là aux côtés du scieur pour présenter les troncs avec le tracteur puis dégager et ranger les morceaux de bois au fur et à mesure. Mais l’opération s’est révélée très avantageuse financièrement par rapport à un prix de scierie. 

La scierie mobile à l'oeuvre


L’été, avec des pluies relativement régulières, fut propice aux courges et aux pommes de terre plantées dans le verger. En octobre vint donc le temps de la récolte. Les pommes de terre avaient été posées sur le sol et recouvertes de broyat végétal. Le plus long ensuite, après les avoir regardées pousser, est de les récolter, mais surtout de les laver, les trier, les peser et les mettre en filets de 5 ou 10kg. 



L’automne nous amena de nouveaux pensionnaires  imprévus. Nous revenions, début novembre, de notre semaine de vacances tant désirée dans le pays basque – notons au passage qu’il y a plu tous les jours sauf un – et nous arrêtâmes à mi-chemin chez des cousins de Jean-Emmanuel qui font de l’élevage de poulets, histoire de faire une petite pause tout en cousinant. Et voilà que, ni une ni deux, nous repartons quelques heures après avec, dans le coffre, 2 coqs, 5 poules et 4 pigeons se débattant comme de beaux diables, enfermés dans des cartons. Le reste de la route, faite de nuit,  fut épique avec nos volatiles, deux enfants pressés d’arriver et un sanglier qui a failli percuter la voiture, mais a finalement préféré faire demi-tour. O miracle ! Bref, c’est bien sympathique tout cela, mais il faut loger ce petit monde alors qu’on ne s’y était pas préparés. 



Jean-Emmanuel a travaillé à remonter une ancienne baraque à poules, tandis que les pigeons attendent encore leur volière. Bruno, notre généreux cousin, est revenu depuis avec 4 nouveaux pigeons ! Il paraît que c’est très bon ; des témoignages là-dessus ? A l’heure où nous écrivons, une poule manque à l’appel. Nous l’avons retrouvée très mal en point à notre retour des vacances de Noël, apparemment maltraitée par ses congénères et malgré un traitement spécial pour essayer de la retaper, elle est morte ce matin… 

Ca gratte, ça gratte!

Pour parler de choses plus gaies, voyez le bel auvent construit dans le prolongement de la toiture de la bergerie grâce à l’aide de Yohann et Marie, ainsi que Léo. Il permet de mettre à l’abri l’établi d’été, mais surtout le bois que nous utilisons pour la cuisinière. 

Yohann et Léo au travail

Voilà le résultat

Yohann et Marie nous ont également donné un bon coup de main dans la préparation des ventes parisiennes. 
Les confitures étaient déjà faites ainsi que les coulis de tomate. Il restait à cuisiner les soupes, les compotes de pommes ainsi qu’à faire mariner et mettre en bouteille les huile aromatisées (basilic, ail, romarin). 



Claire avait aussi du travail avec la préparation des sachets de macarons et des galettes poitevines. Pour chacun de ces produits il fallait procéder à l’étiquetage et pour finir l’emballage. Cela n’a l’air de rien, mais toutes ces opérations mises bout à bout nous ont bien occupés, sans compter le temps consacré à la recherche de fournisseurs de bocaux et de cartons adaptés pour chaque produit, à la conception du formulaire de commandes, à la recherche de solutions pour le transport des légumes et des bocaux etc… Nous tâtonnons encore, mais cela est du temps gagné pour les années à venir. Pour le transport, nous nous sommes finalement rabattus sur une remorque, initialement faite pour véhiculer des bestiaux, que Jean-Emmanuel avait acheté au début et qu’il a fallu bricoler un peu pour la rendre utilisable sur route. 

Qui veut des bonnes confitures?


Alors, quid de ces ventes ? Comme toujours, du positif et des choses à revoir. On apprend de ses erreurs, n’est-ce-pas ? Pour cette première, nous avions fait un système de commandes à l’avance par internet, ce qui nous a fourni l’essentiel de nos clients. D’autres sont venus aux ventes, surtout celle de Paris, sans avoir commandé, mais en nombre moins important que ce que nous avions imaginé. Fabienne Veillon, une amie et voisine de Charente, qui a très gentiment accepté d’accueillir chez elle pour la vente parisienne, nous a dit que la semaine avant Noël n’était pas un moment favorable car les uns et les autres sont fatigués ou malades, courent pour leur derniers cadeaux de Noël, préparent le départ en vacances, corrigent leurs dernières copies, sont déjà allés à des tas de ventes de Noël… Bref, les raisons sont multiples, et nous réfléchissons à une meilleure date pour l’an prochain. Vous pouvez nous donner votre avis, vous qui habitez la région parisienne, cela nous intéresse ! Par ailleurs, l’une de nos belles-sœurs nous a dit qu’il ne fallait pas hésiter à faire plus de pub, à relancer les gens, et les relancer encore car ils sont submergés de sollicitations diverses et variées. Bon, nous avons des progrès à faire en communication, l’année prochaine nous allons faire du harcèlement, préparez-vous ! Plus sérieusement, ce volet de la publicité et de la communication est un véritable métier, nous en avions déjà fait l’expérience cet été. 



Un autre domaine à améliorer, plus technique celui-là, est la conservation des bocaux. Plusieurs soupes avaient tourné à notre grand dam. Il est vrai que nous nous étions lancés dans l’aventure des soupes un peu à la dernière minute et avions suivi les conseils glanés sur le site des bocaux  « Le Parfait » pour la durée de stérilisation, sans doute insuffisante. 
Mis à part ces points à retravailler, nous avons eu des retours positifs sur nos produits, en particulier certaines confitures et les gâteaux (macarons aux amandes et galettes poitevines). Nous avons aussi eu la joie de revoir ceux qui sont venus. Ces deux ventes, à Paris et à Colombes, furent en tout cas une expérience enrichissante que nous sommes prêts à recommencer !

Il est un dernier chapitre à aborder, c’est celui des éoliennes. Si nous en parlons, c’est qu’il nous a pris, à la fois en temps et mentalement, de la mi-novembre à la mi-décembre, et ce n’est sans doute pas fini. Durant ce mois a eu lieu l’enquête publique dans notre commune de Hiesse. Il s’agissait de demander son avis à la population locale à propos de l’implantation de quatre éoliennes de 180m de haut sur la commune. Il se trouve que la Roussie se situe à 845 mètres du potentiel parc éolien, en plein sous le vent dominant. 

Avez-vous trouvé La Roussie?

Les nuisances sonores s’ajouteraient donc aux nuisances visuelles, toutes deux réellement gênantes, sans compter les éventuelles conséquences sur la santé, de plus en plus reconnues partout où il y a de tels parcs. En dehors des gênes que cela occasionnerait à tous ceux qui sont proches, nous sommes convaincus que l’éolien n’est pas une énergie suffisamment rentable et fiable (car intermittente) pour fournir une solution viable à terme. Vous l’aurez compris, nous sommes vent debout contre ce projet, et à peu près les seuls dans Hiesse qui osons le dire tout fort. Jean-Emmanuel a essayé de faire bouger un peu les choses, en collaboration avec une association locale. 


Photomontage vu depuis la fenêtre de notre cuisine

Nous voilà repartis pour une nouvelle année qui s’annonce tout aussi passionnante que celle que nous venons de quitter. Nous préférons en 2018 consolider ce qui a été commencé (parcours cueillette et vente à la ferme, travaux dans la maison, ventes à Paris) avant d’avancer sur de nouveaux grands chantiers (agrandissement de l’espace de culture, construction d’une serre à plan, transformation de l’ancien four à pain en studio pour accueillir, mise en culture de la grande parcelle etc…). Mais rien qu’avec cela, il y a du travail ! 

Pour finir, la recette de la saison. Nous découvrons de plus en plus l’immense potentiel des courges. Nous vous proposons cette fois-ci: 

Galette des rois au potiron
Ingrédients :
- 400g de potiron (ou un peu moins, cela dépend des goûts)
- 50g de beurre 
- 50g de farine
- 150g de sucre
- 100g de poudre d'amande 
- 2 oeufs
- quelques gouttes d'extrait d'amande amère
- 1/2 verre de lait
- 2 pâtes feuilletées
 Préparation :
Faire cuire le potiron à l'eau ou au cuit-vapeur, l’égoutter et l'écraser en purée. 
Séparer les blancs des jaunes d’œufs, et battre les blancs. 
Mélanger tous les ingrédients en finissant par les blancs montés en neige. 
Etaler le mélange sur la première pâte feuilletée,  puis recouvrir de la deuxième en collant bien les bords. Dorer au jaune d’œuf.
Cuire au four environ 30 minutes à 200°.

Si vous l’avez essayée, vous nous en direz des nouvelles !
Bon appétit, bonne année !

Baptême d'Augustin


LA journée de beau temps durant nos vacances au Pays Basque!