Nous
revoilà ! Le froid qui tombe maintenant sans cacher sa face
derrière un soleil trompeur nous fait réaliser que nous sommes
vraiment en automne, et qu’il est grand temps de reprendre le fil
de nos péripéties.
Depuis
notre retour de vacances fin juillet dernier, bien des choses se sont
passées.
De
l’imprévu a surgi dans ce qui avait été envisagé pour l’été :
un voisin agriculteur, dont les terres jouxtent les nôtres mais qui
habite dans une autre commune, s’inquiétait pour sa grosse
pelleteuse qu’il avait laissée dans son champ sans surveillance.
Dans les campagnes, on se méfie toujours des rôdeurs, on ne sait
jamais ! Il nous a donc demandé de l’héberger chez nous, en
échange de quoi il la mettait à notre disposition pour faire
quelques menus travaux… Le bougre ! Lui qui disait en
plaisantant : « Avec ça, il y a de quoi retourner la
Roussie », il ne croyait pas si bien dire ! Voyez la
bête :
Bilan :
trois mares, des mètres de buttes, une baissière. Mais cette
énumération n’est pas très parlante. En réalité, deux espaces
ont été aménagés : le futur espace de cueillette de légumes,
et le futur verger. Pour le premier, il s’agit de réaliser un
parcours de cueillette, avec deux mares et des buttes continues
autour.
Pour
le deuxième, il s’agit de construire une baissière, c’est-à-dire
un fossé qui suit une ligne de niveau et qui permet de retenir l’eau
un certain temps. La terre retirée du fossé est mise le long de la
baissière et sert de butte pour planter des haies d’arbres
fruitiers.
Ces
arbres, nous ne les avons pas encore plantés, car comme chacun sait,
« c’est à la Sainte Catherine que tout prend racine » !
C’est-à-dire aux alentours du 25 novembre. Et il faut avant tout
protéger le futur verger des chevreuils gourmands. Là encore, plusieurs solutions s'offrent à nous : soit on protège chaque
tronc individuellement, soit on clôture toute la parcelle avec un
grillage adapté pour ces bêtes sauteuses. Nous avons opté pour la
seconde solution, car nous allons mettre un certain nombre d’arbres
fruitiers, mais aussi des petits fruits (framboisiers, cassissiers,
groseilliers etc…). Récemment, Jean-Emmanuel a donc commandé des
piquets de deux mètres et a profité qu’il avait encore la pelleteuse
pour les enfoncer solidement.
Nous
avons eu la joie de recevoir plusieurs amis et membres de notre
famille durant l’été. Parmi eux, des frères de Jean-Emmanuel et
leur famille nous ont prêté main forte.
Ils
ont bien pu profiter du festival de danse et musique folklorique de
Confolens, qui a lieu tous les ans dans la petite ville voisine
depuis bientôt 60 ans.
Merci aussi au père et frère de Claire qui sont venus depuis Ricoux aider pour la chape isolante de notre future chambre et pour l’enduit isolant de la future cuisine-salle à manger.
Merci aussi au père et frère de Claire qui sont venus depuis Ricoux aider pour la chape isolante de notre future chambre et pour l’enduit isolant de la future cuisine-salle à manger.
N’oublions
pas nos fidèles amis Cédric et Hélène qui sont revenus cette
année nous aider.
Avec
toutes ces aventures, les travaux dans la maison ont moins avancé
que prévu durant l’été. Mais dès les premiers jours de
septembre, Jean-Emmanuel s’est attelé à la fermeture du couloir
derrière la salle de bain. Ce couloir, nous le rappelons, était
auparavant un espace en plein air entre la maison principale et la
bergerie. Nous l’avons donc annexé pour en faire un couloir
intérieur et les toilettes au bout. On ne crache pas sur quelques
mètres carrés supplémentaires. Il y avait donc tout à faire :
gagner en largeur en détruisant le mur de la bergerie, faire un sol
et un plafond isolants (grâce à de la laine de mouton donnée par
des amis en échange de service) et remplacer le gros mur de pierre
par une nouvelle paroi plus fine et isolante. Choix fut fait d’une
paroi en bottes de pailles, qu’il reste à couvrir d’un enduit de
terre. Le tout avec une fenêtre au fond pour que depuis le trône on
puisse contempler Dame nature.
Quant
au chapitre des récoltes, nous vous avions laissés la dernière
fois dans le suspense : le jardin potager allait-il survivre à
15 bons jours d’absence sans arrosage, sans une goutte de pluie, et
par une canicule carabinée ? De mémoire de paysan, on n’avait
déjà connu de longs épisodes de sécheresse (les anciens se
souviennent du fameux été 1976), mais jamais doublés d’une
canicule comme cette année. Bilan des courses : pas si mal !
Certains jeunes plans, récemment mis en terre, n’ont pas résisté.
Mais dans l’ensemble, le système des buttes a fait ses preuves :
le bois incorporé dans la butte a permis de maintenir une certaine
humidité sous le paillage. Face aux fortes températures arrivées
tôt dans la saison, les plantes se sont mises en repos végétatif
et en sont sorties seulement après le 15 août avec le retour des
pluies. On a même vu des pruniers en fleurs chez notre voisine fin
août ! Nos tomates ne se sont décidées à rougir massivement que
fin septembre, même si tout l’été, on a pu en cueillir au compte-gouttes.
On
a aussi bénéficié d’une belle récolte de courgettes et de
potirons, sans compter les autres courges (pâtissons, butternuts,
courges spaghetti, potimarrons…), des blettes, de l’oseille,
ainsi que quelques melons.
Un
nouveau locataire est arrivé à la Roussie : un vieux tracteur
Renault équipé d’une fourche et d’un godet à réparer. Le but
est de devenir plus autonome pour les grosses manutentions, notamment
le transport de déchets verts depuis la plate-forme de compostage
située à 300 m (voir blogs précédents).
Ce
tracteur, c’est Cyril, un maraîcher arrivé avec sa femme un peu
après nous dans le coin, qui nous l’a vendu. Jean-Emmanuel
s’entend bien avec lui, et ils collaborent pour plusieurs choses :
pour le matériel agricole et pour la revente de légumes. En effet,
nous lui achetons des légumes que nous revendons ensuite aux
collègues de Claire en plus de nos propres légumes. Ce sont nos
premiers clients depuis la rentrée de septembre ! Chaque
mercredi et vendredi, Claire apporte son panier de légumes pour les
quelques collègues intéressés. Un certain nombre d’entre eux ont
déjà, qui des parents, qui des voisins qui leur procurent
des légumes. Mais pour nous, il est intéressant de voir lesquels
sont les plus demandés.
Dernièrement,
nous avons eu la visite d’un hôte un peu spécial : un
wwoofer ! Pour les non initiés, le wwoofing est un réseau
international qui met en relation des producteurs bio ou assimilés
(comme nous qui sommes en permaculture), et des personnes désireuses
de découvrir ou d’en apprendre plus sur le maraîchage et autres
activités agricoles. Ça permet à des jeunes de voir si ce mode de
vie leur plaît et de cumuler plusieurs expériences avant
d’éventuellement se lancer dans l’aventure. Nous avons donc reçu
David, qui passe ainsi de ferme en ferme depuis un an. Il nous a bien
aidés, notamment pour avancer la cuisine : la pose des carreaux
de terre cuite sur le mur au-dessus du plan de travail, l’enduit
final sur ce même mur, ainsi que l’avancement du sol dans le
salon.
Nous
avons trouvé que, outre l’aide apportée, l’expérience était
intéressante d’un point de vue humain, tant par l’adaptation
nécessaire des deux côtés, que par les échanges au cours des
repas
Nous
aurions aimé vous annoncer l’inauguration de la cuisinière à
bois et du système de chauffage, mais nous attendons le coup de
pouce indispensable d’un ami qui ne peut pas se libérer avant la
semaine prochaine. Rassurez-vous, nous survivons tout de même.
Portez-vous bien, à bientôt pour de nouvelles aventures !
Merci pour ces nouvelles ! Cela me fait plaisir de vous lire, de voir les transformations et vos généreux légumes ! Bises, Gwendal
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