dimanche 30 octobre 2016

Eté 2016




En bons campagnards, nous commençons notre causerie par un petit commentaire sur le temps qu’il fait… Dame, c’est que la pluie ne vient toujours pas ! Et que cela dure depuis plus de trois mois maintenant (sans compter les quelques millimètres qui sont tombés sur trois ou quatre jours cet été). 
Mais, outre le fait qu’on n’y peut absolument rien, et heureusement, cette météo ne nous a pas été si funeste. 


Pour les travaux d’abord. 

Le grand chantier du mois de juillet a été de percer trois ouvertures au rez-de-chaussée : une porte et une fenêtre dans la cuisine, ainsi qu’une fenêtre dans notre future chambre (pièce de droite quand on rentre). Le père de Claire est venu prêter main forte et expérience pour poser les linteaux en pierre au-dessus de celles de la cuisine, et vu le poids des morceaux, le tracteur a été bien utile. 



Ouverture d'une fenêtre et d'une porte côté Ouest (cuisine)


Jean-Emmanuel a ensuite fini de percer ces ouvertures tout seul, avant qu’il soit à nouveau aidé par des amis pour percer la fenêtre de la façade est. Merci Pierre et Marie-Laure pour votre efficacité et votre pugnacité ! 

Percement de la fenêtre côté Est (chambre) avec Pierre


Nous devions partir un gros week-end pour nous rendre à un mariage, mais laisser la maison avec trois trous béants, même bâchés, nous ennuyait quelque peu. Le menuisier qui devait poser les huisseries était occupé par un gros chantier, ne répondait pas au téléphone et devait ensuite partir en vacances. Par miracle, il a fini par nous rappeler et a accepté de consacrer sa dernière demi-journée à poser la porte et les deux fenêtres sur nos deux pignons. Pendant qu’il travaillait sur un pignon, Jean-Emmanuel finissait tout juste à grand bruit de raboteuse l’ouverture de la chambre, et nous sommes partis tous en même temps, le menuisier et nous, en vacances ! Heureusement que Bruno est plutôt un petit père tranquille… 

La fenêtre tout juste posée


Dans cette même future chambre, Jean-Emmanuel a ensuite coulé un ragréage de sa fabrication, de sorte qu’il ne reste plus qu’à poser le parquet pour finir le sol de cette pièce. Quant aux murs, il a avancé aussi en appliquant un enduit isolant sur les parois donnant sur l’extérieur, avec un coup de main d’un ami, Antoine, qui s’est aperçu que ce n’était pas si facile ! 

Antoine à l'oeuvre


Un petit progrès dans les toilettes : nous marchons maintenant sur un plancher, qu’il reste à enduire de plusieurs couches pour le protéger.

Le deuxième grand chantier de la saison fut les enduits dans le salon et la cuisine. Dans le salon, il s’agissait d’appliquer d’abord l’enduit isolant fait avec des copeaux de bois, puis l’ensuit final. A droite de la porte d’entrée, nous avons transformé un ancien placard, qui avait lui-même pris la place de l’ancienne pierre à évier, en future penderie pour les manteaux. Pour cela, il a fallu finir de creuser l’ouverture vers le bas (et un trou de plus dans les murs de la maison !) et l’enduire en même temps que les murs. Nous en sommes très contents, pas une place n’est perdue. Pour se lancer dans le chantier, Jean-Emmanuel a reçu l’aide inattendue de Victor, un ancien woofer qui avait passé trois semaines chez nous en novembre dernier. Il a pu admirer dans la grande pièce le sol fini, qu’il avait largement contribué à avancer. 



Avant

Après, avant enduit.




Dans la cuisine, il n’y a « que » l’enduit final à faire, réalisé avec du sable, de la chaux et de l’argile claire prélevée dans une de nos mares. Il y avait un petit travail de préparation à effectuer autour des ouvertures pour casser les angles et les préenduire délicatement. 

L'angle de la fenêtre en cours de taille d'arrondissement

Enduit de finition dans la cuisine

Si l’on compte bien, avec le coup des ouvertures, cela fait trois mois que c’est le chantier dans la cuisine, les meubles décollés des murs, ce qui réduit considérablement l’espace ! Les travaux, par ces périodes d’incommodité plus ou moins longues, sont aussi l’occasion de grandes joies, telle l’éblouissement, n’ayons pas peur des mots, quand Jean-Emmanuel a enlevé la bâche noire de devant les ouvertures, laissant entrer la belle lumière du soir dans toute la grande pièce. Claire se prépare ainsi à la joie qui sera la sienne quand les meubles auront regagné leur place dans la cuisine ! 



Quid du jardin ? 

Début juillet, nous nous sommes lancés dans les lasagnes ! Pas avec la béchamelle ou les tomates qui n’étaient pas encore mûres, mais avec du mulch et de la tonte de gazon… Il s’agit de tester une technique innovante et de superposer des couches de matière brune riche en carbone (le mulch) et des couches de matière verte riche en azote (l’herbe fraîchement coupée). Cela produit des couches chaudes qui sont sensées accélérer la pousse des plantes. Nous avons abondamment arrosé la lasagne au tout début, puis une deuxième fois, et c’est tout. Le bilan que nous en tirons : ça chauffe effectivement un peu et les plants que nous y avons mis, tardivement par rapport à la saison, ont bien poussé, mais cette technique convient mieux pour certaines plantes comme la pastèque, le melon, l’aubergine que pour d’autres comme la tomate. L’intérêt dans tous les cas c’est qu’on récupère un bon compost à la fin. On reprendra sans doute cette technique l’an prochain, mais en s’y prenant plus tôt pour avoir plus de fruits. 




La sécheresse s’étant confortablement installée, il a fallu faire face en installant un goutte à goutte. Jean-Emmanuel pensait que son broyat de déchets verts suffirait à retenir l’eau durablement sur les buttes. En bonne éponge, ce broyat a effectivement absorbé l’eau quand elle est tombée, mais il s’est aussi asséché quand le soleil a perduré. Il aurait fallu pailler au-dessus du broyat pour maintenir l’humidité. Cela aura été une des grandes leçons de la saison. 

Le paillage de printemps s'est révélé insuffisant durant la canicule


Le goutte à goutte est cependant une solution à moitié satisfaisante car les trous ne sont que tous les 30 cm et 3 tuyaux pour des buttes d’1,40 mètres de large se sont avérés insuffisants. Il en faudrait au moins six pour irriguer correctement toute la butte, ce qui n’est pas un petit investissement. 

Mais pas d’irrigation possible sans eau ! Heureusement Jean-Emmanuel avait creusé des mares avec la fameuse pelleteuse l’automne dernier. Elles se sont bien remplies durant tout l’hiver et le printemps et elles ont permis d’arroser non seulement les buttes, mais aussi les arbres fruitiers tout juste plantés en février. Zepp Holzer, le grand inspirateur de Jean-Emmanuel, l’avait bien dit : le nerf de la guerre, c’est l’eau. Il faut en stocker le maximum sur son terrain ! D’ailleurs, dans la même idée, les baissières se sont révélées très efficaces (voir les blogs précédents) : les arbres fruitiers qui ont été plantés au pied des buttes des baissières n’ont subi aucune perte malgré un très faible arrosage (une ou deux fois dans l’été), alors que les fruitiers plantés en plein champ ont beaucoup moins bien résisté à la sécheresse (10 arbres sur 25 sont morts). Cet exemple montre encore l’importance de retenir l’eau le plus longtemps possible sur le terrain. 



Bon, ce n’est pas tout ça, mais si on se donne tout ce mal, c’est bien pour récolter quelque chose ! Qu’avons-nous mangé, mais aussi vendu, cet été ? 
  • Les concombres : nous en avons eu de plusieurs variétés, des verts et des jaunes, des petits et des plus longs, des piquants et des lisses, des amères et des « normaux »… On s’est bien régalés jusqu’à la fin du mois d’août, mais le hic c’est que les plans sont fragiles et prennent assez facilement la maladie. 
Cherchez les concombres! Combien y en a-t-il?

  • Les courgettes, rondes et longues : elles ont bien donné, spécialement certains pieds. Nous sommes très contents de notre nouveau fournisseur de plants ! Nous avons découvert une nouvelle variété de courgettes, les vert clair : nous les trouvons très bonnes, fermes et savoureuses, même quand elles sont un peu grosses. 
La grosse courgette est gardée pour faire de la semence



  • Les tomates : cela a été la production phare de l’été et une expérience positive. Elles ont très bien poussé, même si assez tardivement à cause d’un printemps froid et humide, à l’exception de certains endroits trop ombragés. Les tomates aiment le soleil, on le sait, et n’ont pas besoin de trop d’eau, elles n’ont donc pas été trop perturbées par la sécheresse. Quelques pieds ont été affectés par la nécrose, ou pourriture apicale, ou bien, pour parler plus familièrement, par le « cul noir ». Comme l’indique cette dernière expression, cela produit une tache noire sur la tomate, la rendant ainsi invendable. Mais la chose s’est résorbée toute seule dans la saison. Nous avions une quinzaine de variétés différentes : des noires de Crimée, des cornues des Andes, différentes sortes de cœur de bœuf, des red zebra, deux sortes de tomates jaunes, des tomates vertes, différentes sortes de tomates cerise etc… C’est très beau dans l’assiette comme sur l’étal !



  • Les melons et les pastèques : ils ont mis longtemps à arriver. Toujours ce printemps fort médiocre, et nous les avons plantés trop tardivement. De plus, bleus que nous sommes encore, nous les avons arrosés comme les autres plantes, ce qu’il ne fallait surtout pas faire (sauf au tout début) car cela produit des fruits fades. On en a pris de la graine pour l’an prochain ! 

  • Les aubergines  et les poivrons : ce sont des plantes exigeantes. D’abord parce que les limaces raffolent des jeunes plants. En une nuit on s’est fait dévorer tous les plants de poivrons, et nous n’en avons pas replanté. Pas de poivron donc, mais quelques aubergines issues d’un pied qui a survécu et qui s’est bien plu. D’autres pieds mis plus tardivement ont fleuri mais n’ont pas eu le temps de porter du fruit. 


  • Le maïs : la récolte a beaucoup varié en fonction de son lieu d’implantation et de l’arrosage. Toute une série, à peine arrosée, est restée rachitique. En revanche Jean-Emmanuel, qui raffole du maïs, avait pris soin d’en semer au bord de la grande mare : les plants ont ainsi profité des infiltrations d’eau, et ils ont donné de beaux épis que nous commençons tout juste à déguster. 

  • Les courges : reléguées cette année dans le verger, elles ont diversement souffert de la sécheresse. Nous avons eu de beaux potimarrons et des courges vert olive (un délice !), mais aussi de tout petits spécimens de potirons et potimarrons. C’est mignon, mais ça ne pèse pas lourd ! Les longues de Nice ont aussi un peu souffert de la météo, mais trois beaux fruits ont poussé et vont nous servir à faire de la graine pour l’an prochain. Quant aux pommes d’or, l’espèce est plutôt prolifique, mais c’est la loterie du goût. Certaines sont filandreuses et pas fameuses, tandis que d’autres sont plus crémeuses et bonnes à farcir. Compliqué pour vendre… Cueillies à un stade précoce, elles rappellent un peu la courgette et sont très appréciables
Bruno dans les pommes d'or!

  • Les salades 
  • Les oignons et l’ail : la récolte a été modeste cette année, mais ce n’est qu’un début ! 

Pour finir sur la cueillette, nous nous sommes aperçus que récolter les légumes prend beaucoup de temps, et nous commençons à comprendre par exemple pourquoi les tomates cerise ont un certain prix en magasin…

Avec tout cela, cet été a été la première saison où nous avons pu quasiment nous passer de courses de frais. Quel plaisir et quelle joie (c’est Claire qui parle) d’aller cueillir dans le jardin ce qu’il faut pour le repas ! 



Vers la fin de l’été, quand les récoltes de tomates ont été massives, après avoir faits moulte bocaux de coulis, nous avons songé plus sérieusement à la commercialisation. Le premier samedi de septembre, nous avons investi le trottoir devant la mairie de Hiesse, le petit village dont nous dépendons (après avoir demandé l’autorisation au maire, bien entendu !). Nous avons eu quelques clients, à la fois étonnés de nous voir là et contents de s’approvisionner tout près de chez eux. Pour ceux qui connaissent, Hiesse est vraiment une toute petite bourgade… Cela a plutôt été une bonne expérience, restée cependant sans lendemain pour cette saison car nous n’étions pas là les autres week-end de septembre, mais nous espérons bien, quand nous serons bien lancés, pouvoir vendre une partie de la production le plus localement possible. 


Etal lors de notre essai de vente le samedi matin à Hiesse
Nous avons pu écouler quelques kilos de tomates durant tout le mois de septembre auprès d’une petite boutique bio de Confolens. Nous avons vendu aussi des légumes aux collègues de Claire, ainsi qu’à nos familles et amis croisés à telle ou telle occasion en septembre. Enfin, Jean-Emmanuel s’est mis en contact avec une association qui achète des légumes à des producteurs, et les vend à bas prix à des personnes aux revenus modestes. 


En route pour Paris!


Tout cela est en train de prendre forme, mais n’oublions pas que l’objectif est d’abord de faire de la cueillette à la ferme. Nous espérons pouvoir ouvrir un premier parcours à l’été prochain. Mais d’ici là, il y a encore bien du travail ! Il nous faut notamment bien penser le côté pratique de la cueillette, et trouver un bon système pour tuteurer les plants de tomates qui deviennent vite envahissants. 


Bref, on ne s’ennuie pas, et si vous voulez venir vous amuser avec nous, tant pour les travaux intérieurs que pour le jardin, vous êtes les bienvenus ! Pour l’instant, du haut de ses six mois Bruno ne nous est pas d’une grande aide, mais il grandit bien et nous ravit par ses nombreux sourires.



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