Printemps 2020
Pour un drôle de printemps ce fut un drôle de printemps ! Un temps magnifique et parallèlement à cela le bruit lointain des nouvelles de moins en moins bonnes de la situation sanitaire en France et dans le monde. Cette fameuse période du confinement, qui restera un point de repère dans les chroniques (« c’était avant ou après le confinement ? »), a eu un impact finalement assez faible sur notre vie quotidienne. Certes, nous avons dû interrompre un parcours gratitude à peine lancé sur notre paroisse, nous avons suivi les messes dominicales sur grand écran, nous avons un peu moins bougé le week-end et n’avons pas reçu les visites programmées, nous avons davantage voisiné avec les habitants du 1, La Roussie (les parents de Jean-Emmanuel).
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| Un déjeuner dominical avec un hôte de marque, Grégoire P. |
Nous avons craint un moment de ne pas avoir d’aide du tout à une période cruciale où le travail ne manque pas. Mais comme toujours, nous avons finalement reçu l’aide dont nous avons eu besoin, d’abord en la personne de Grégoire, le frère aîné de Jean-Emmanuel venu se confiner à La Roussie, et de Ruggero, un jeune Italien qui était en Suisse au moment des événements et qui ne voulait pas rentrer dans une Italie très touchée par le virus. Il est donc resté sept semaines chez nous.
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| Ruggero |
De manière inattendue, nous avons aussi été aidés par des jeunes venus se confiner dans des maisons de famille proche de chez nous et qui étaient contents de mettre un peu les mains dans la terre.
Par rapport aux enfants, rien n’a changé puisqu’aucun des deux n’allait encore à l’école. Et du point de vue de notre travail tout se jouait sur place dans la préparation des plates-bandes et les plantations, tandis que nous avons continué à vendre un petit peu à la ferme (épinards, poireaux, choux raves, petits pois, salades, choux pointus...) et à livrer quelques produits au comptoir des Lions (notre petite « ruche qui dit oui » locale). Le printemps n’est de toutes façons pas une période où d’habitude nous vendons beaucoup de légumes…Si les restaurants étaient fermés, le magasin de producteurs de Poitiers où nous mettons des bocaux en dépôt était quant à lui toujours ouvert.
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| Un panier de toute fin de printemps |
Tout ceci ne nous a pas empêché d’être en lien avec nos proches et pensions bien à ceux pour qui le confinement était difficile.
Il y en a un qui a mis son confinement bien à profit. C’est Nicolas Fay, un réalisateur parisien venu se confiner au Dorat, dans le nord de la Haute-Vienne à moins d’une heure de chez nous (c’est là que nous nous sommes mariés !). Il a tourné des portraits d’hommes et de femmes qui animent les environs du Dorat et en particulier d’agriculteurs comme... Jean-Emmanuel ! C’est en tant que maraicher fournissant le restaurant la Châtellenie qu’il a été contacté. Il s’agissait de montrer le fil continu « du champ à l’assiette », titre d’une émission de la chaîne « Cultivons-nous.tv » pour laquelle Nicolas Fay travaille, parrainée par Guillaume Canet et Edouard Bergeon (réalisateur du film Au nom de la terre). Voici la vidéo à laquelle Jean-Emmanuel a participé :
Alors, finalement, qu’avons-nous réalisé durant ce printemps ?
En cette fin du mois de mars, une grosse pelleteuse est venue retourner des mètres cubes de terre chez nous, nous vous en avons parlé dans le dernier blog. Elle a permis de tripler la surface de notre mare principale pour augmenter nos réserves en eau, mais également d’aménager un chemin faisant le tour de la maison. La pelleteuse a raclé la terre du futur chemin, mais il restait ensuite à remplir avec de petits graviers que nous avons trouvé sur place en faisant un trou dans le verger (quelques coups de godet à la pelleteuse, nous précisons).
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| Y'a pas à dire, la technique, ça a quand même du bon! |
La question était de savoir comment nous allions acheminer tous ces graviers du trou vers le chemin. Tout s’est débrouillé grâce a notre voisin qui avait la machine nécessaire et qui était bien motivé pour faire le travail car intéressé pour en récupérer un peu pour lui.
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| Déversement du tuf pour faire le chemin devant la cuisine |
Enfin, cela est bien connu, ce sont les finitions les plus longues c’est-à-dire le ratissage pour bien étaler le gravier et aménager l’espace devant la maison. Cela a d’ailleurs été l’occasion de creuser une tranchée entre la maison et la grange pour y installer l’électricité. Merci Grégoire pour ta patience !
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| Tant qu'on est dans le chantier, autant y aller vraiment! |
Comme chaque année le début du printemps est le moment de la plantation des oignons et des pommes de terre, travail fastidieux s’il en est, mais plein de promesses ! Sans compter le travail avant et après le semis proprement dit: avant, il a fallu préparer le sol des plates-bandes dans le champ en agroforesterie, et après il y a encore le paillage.
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| La joyeuse équipe des confinés en train de planter oignons et pommes de terre |
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| Paillage des pommes de terre |
Pour la préparation des plates-bandes dites « du bureau » proches de la maison, nous avons eu recours à Tonnerre, un cheval de trait poitevin, et son maître, Franck, un Hiessois qui a gagné ce cheval lors d’une fête du cheval et de l’âne. L’occasion faisant le larron, cela est bien connu, il se met à apprendre la traction animale pour proposer ses services. Il est bien content de pouvoir faire ses essais chez nous, et nous de bénéficier de cette expérience.
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| Allez, hue Tonnerre ! |
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| Passage de la houe maraîchère |
Un autre chantier a bien avancé dans le jardin en vue de préparer des espaces de culture: c’est l’empierrement des « criques ». Il s’agit de cinq buttes en forme de demi-cercle orientées de façon à être bien ensoleillées, proches d’une des mares. Jean-Emmanuel les a conçues pour être des pièges à chaleur pour des cultures plus exigeantes. Formées à la pelleteuse il y a 5 ans, elles n’avaient jamais vraiment fini d’être aménagées et restaient donc inutilisées. Et voici que Ruggero, peut-être un peu lassé des travaux de jardin, s’est porté volontaire pour effectuer les murets de pierre que nous avions prévus à la base des buttes. À la fois pour les soutenir et pour faire rayonner pendant la nuit la chaleur accumulée la journée. Notre chance fut que trois woofers de suite ont à la fois eu la motivation et la compétence pour mener à terme l’empierrement des 5 criques. Merci Ruggero, Eric et Samuel! Quentin et Nolwenn ont ensuite mis au propre la terre des buttes et formé les étagements à l'aide de planchettes et nous avons ainsi pu les mettre en culture dès cette année.
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| J'fais des murs, des beaux murs, encore des p'tits murs. Des murs d'première classe... |
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| Voilà le rendu final sur une crique |
Parmi les jeunes qui sont venus nous aider à la faveur du confinement, l’un était charpentier de métier. Jules a été d’une aide précieuse pour mettre en place la cabane de la pompe préalablement montée par le père de Jean-Emmanuel et construire un cabanon à outils accolé.
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| Jules au boulot |
Outre ces chantiers un peu particuliers, le printemps est la période de l’humble travail de la terre, des semis sous la serre, des plantations, des repiquages, du paillage etc... Pour tout cela nous avons bien été aidés par Quentin et Nolwenn, jongleurs talentueux à leurs heures perdues, ainsi que Hadrien et Émilie. Comme on est soulagés quand la course contre la montre s’arrête, en juin, lorsque tout est à peu près en terre!
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| Mise en place des plants de courgette |
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| Mise en bouteille du sirop de sureau, tout juste filtré puis pasteurisé dans le stérilisateur |
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| Cueillette des fraises gariguettes. De vrais bonbons d'après certains... |
Contrairement à l’an passé, nous avons en 2020 une année à fruits. Cela tombe bien car Claire est plus disposée que l’an dernier pour faire des confitures, pas de bébé à porter! Notre verger commence à donner un peu, cela fait 5 ans qu’il a été planté. Et, oh surprise, en cette fin juin, nous ne rêvons pas, ce sont bien des fruits orangés que l’on voit dans les deux abricotiers ! Et même qu’ils ont très bon goût !! Cette année sept-huit par arbre, on peut espérer doubler la mise l’an prochain, si toutefois ils veulent bien donner... Au cours de l’été, nous avons aussi cueilli chez nous des prunes de différentes variétés, des pommes, des noisettes.
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| Beau .... et bon! |
Les enfants ont bien profité de la chaleur encore record de ce printemps pour jouer dehors, aider par-ci, par-là, et ont eu plaisir à préparer comme il faut les fêtes pascales.
Le dimanche, nous prenons le temps d'être tous ensemble en famille, plus particulièrement encore avec le confinement. Nous partons explorer le territoire hiessois.
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| Studio d'enregistrement dans notre salon... sauf qu'il faut chasser les mouches avant de commencer! |





























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