vendredi 24 avril 2020

Hiver 2019-20


Quel hiver! Non pas que nous ayons croulé sous les flocons de neige ou que la terre ait gelé à pierre fendre... Bien au contraire, un nouveau record de douceur et une pluviométrie exceptionnelle ont plutôt marqué ces derniers mois. Tandis qu’en ce début de printemps, nous sommes passés en deux jours d’un temps estival (nous avions trop chaud en déjeunant dehors au soleil) à un vrai temps d’hiver, avec quelques flocons de neige et un vent du Nord assez réfrigérant. Allez comprendre!

Ceci étant dit, cela ne nous a pas empêché de faire ce que nous avions à faire !
Au retour des vacances de Noël en région parisienne, nous nous sommes remis doucement au travail de comptabilité, de bilan financier et technique de l’année passée. Je dis bien doucement, car depuis six ans que nous sommes ici, nous commençons à bien prendre le rythme de la campagne et de la nature et à ne plus avoir de scrupules à être plus au ralenti en hiver avant d’augmenter progressivement la cadence vers février-mars. Et c’est tellement bon ainsi! 

Cette parenthèse refermée, nous pouvons dire que l’année passée est à la fois encourageante car notre chiffre d’affaires a augmenté, mais elle nous montre aussi que nous sommes encore en période d’investissement et donc le bénéfice est assez maigre.… C’est ainsi, c’est le moment pour nous de persévérer plutôt que de se décourager.

En février, nous nous sommes rendus à un week-end qui rassemble chaque année les membres d’une association de paysans chrétiens, Les journées Paysannes, au cours desquelles on nous a demandé de donner un témoignage sur notre expérience d’installation à la campagne. Cela a été l’occasion pour nous de faire une rétrospective des cinq–six années passées: oui, le défi est grand, la tâche est rude mais ô combien nous ne regrettons pas notre choix. Nous avons pu témoigner aussi que le Seigneur avait toujours été au rendez-vous pour nous apporter l’aide dont nous avions besoin par personne interposée.


Alors, finalement qu’avons-nous fait cet hiver ?
Selon le temps qu’il a fait, Jean-Emmanuel, aidé de woofers, a profité de l’hiver pour effectuer des travaux d’élagage et de rangement de la grange. Merci Micha, Ambroise et Margaux !

Une bonne partie du mois de février et le début du mois de mars a été occupé par le travail sur les fraisiers et la préparation des plates-bandes du « parcours ». Il s’agissait d’enlever les anciens fraisiers, de remettre à niveau la butte en remettant de la bonne terre quand c’était nécessaire,  replanter les stolons de l’année passée et enfin semer les oignons blancs qui s’accordent assez bien avec les fraises. Pour la terre, nous avons utilisé celle de la butte en octogone dont c’était la vocation première (voir le blog du printemps 2019).



En tout, pas loin de 2000 fraisiers ont ainsi été repiqués, un vrai travail de Romain ! Nous devons pour cela louer en particulier l’endurance de Jorge, un woofer qui est tombé pile à la période de ce travail mais qui ne s’est pas découragé ! C’est cela aussi le travail de la terre, des tâches parfois répétitives mais nécessaires. D’un point de vue du calendrier, il aurait été préférable de faire ce travail au mois d’août : c’est mieux pour les fraisiers et cela ne prend pas sur le temps précieux du mois de février ou il faut commencer à préparer les plates-bandes. Mais à la fin de l’été nous sommes encore dans les récoltes, les ventes, le début des  transformations, et quand nous pouvons dans les travaux. Dur dur de faire des choix !



Mi-février, nos poules se sont remises à pondre, les trois en même temps. Quelle joie! Sauf que le lendemain, il n’y avait plus que deux œufs dans le poulailler, idem les 15 jours qui ont suivi. Jusqu’au jour où Jean-Emmanuel, jetant par hasard un œil aux bottes de paille sous l'auvent derrière la maison, découvre le pot aux roses, ou plutôt la réserve d’œufs de la troisième poule rebelle qui s’échappait tous les jours pour pondre dans son petit coin. Une belle surprise!



Maintenant que nous avons une serre, nous avons pu faire des semis, encore modestes, de radis, navets, betteraves, choux, petits pois. Les épinards plantés en décembre ont pas mal poussé et nous avons pu faire les premières récoltes fin février début mars.



L’hiver est aussi le temps de faire des greffes d’arbres fruitiers et des boutures: nous avons ainsi greffé des pommiers avec l’homme au chevreuil (voir blog précédent) venu gracieusement chez nous pour l’occasion, et essayé des boutures de mûriers et de vigne. Nous verrons bien le résultat. Jean-Emmanuel a fabriqué de l’eau de saule pour stimuler la croissance des boutures. Cette eau peut aussi servir pour aider la pousse des jeunes plants.



Au début du mois de mars, il était grand temps de s’attaquer au verger. Armés de crocs et de râteaux, il a d’abord fallu remettre au propre les plates-bandes entre les arbres, c’était le plus long, avant de semer petits pois et fèves. Dernière opération et non la moindre: le paillage pour éviter la pousse des herbes indésirables et maintenir l’humidité du sol.
 

Petits et grands chantiers ont ponctué cet hiver.
Pour commencer par le plus modeste, nous avons dû défaire notre spirale aromatique. Elle avait pour seul défaut d’être mal placée, juste devant le rangement du bois de chauffage. Claire, dépitée de cette nécessité, a proposé de la remonter de façon à faire l’angle de notre terrasse d’été devant la cuisine. Même pas peur des murets en pierres, elle avait vu faire son père et ses frères dans leur maison de Ricoux et y avait même un peu touché… Ambroise et Jorge lui ont ensuite prêté main forte. Voilà les résultat:



Ensuite, avant de se lancer dans l’agrandissement des serres, il fallait faire une modification à la serre de première génération: la prolonger d’une mètre à l’arrière de façon à permettre le passage d’une travée à l’autre sans pour autant ressortir par l’avant et mieux isoler le fond de la serre exposé au nord. Jean-Emmanuel s’y est attelé avec son père, qui n’a pu malheureusement finir le chantier à cause d’un problème à la hanche.



Mais le plus gros chantier, en tous cas au sens de remue-ménage, a été l’agrandissement de la marre aux saules (dans le verger). Nous vous avions parlé de nos problèmes d’eau l’été. Après mûre réflexion, nous avons opté pour agrandir nos réserves d’eau existantes plutôt que d’entreprendre un forage, qui nous semblait plus coûteux et hasardeux en terme de résultat. Pendant deux jours nous avons entendu gronder la grosse Bertha des temps modernes, une pelleteuse 24 tonnes qui a non seulement prolongé et approfondi la marre, mais, à notre demande, a aussi remis a plat la zone dite des Vieilles Buttes. C’est là où Jean-Emmanuel avait effectué ses toutes premières buttes, plus ou moins abandonnées depuis la construction des buttes du parcours. Une petite larme tout de même. Mais c’était nécessaire pour récupérer un terrain précieux car proche de la maison et assez fertile.



En terme de commercialisation, il n’y a pas de grande nouveauté. Nos bocaux se vendent assez bien au magasin de producteurs de Poitiers. En signant le contrat, nous nous sommes engagés à effectuer deux animations par an dans le magasin. C’est ainsi que nous y sommes allés présenter et faire goûter nos produits un samedi matin. C’était très intéressant de passer trois heures sur place pour nous rendre compte un petit peu du type de clientèle, de la fréquentation, de ce qui s’y vend par ailleurs etc... Nous proposions des verres de soupe chaude, ou bien des petites bouchées de pain avec de la sauce tomate et du caviar d’aubergines. Nous avons un peu hésité au début sur la stratégie à adopter : ne pas brusquer le client et attendre sagement derrière notre comptoir ou bien aller à leur rencontre un plateau à la main. C’est bien ce qu’a fini par faire Jean-Emmanuel et dans l’ensemble, nos produits ont reçu un bon accueil.



Côté cuisine, quelques essais: la pompe aux grattons, une spécialité bourbonnaise découverte en passant par l’Allier l’été dernier. En réalité, Claire se souvenait de cette drôle de brioche servie lors du mariage de son frère Michel qui avait eu lieu dans la région. Les grattons sont les résidus de porc qui restent quand on a fait fondre la graisse de cochon pour fabriquer le saindoux. Or nous en avions plusieurs bocaux auxquels nous n’avions toujours pas touché, ne sachant qu’en faire. Une fois de plus l’occasion a fait le larron... sans regret!



Sinon nous nous sommes lancés dans le pesto de feuilles de capucine. Rendons cependant  à Margaux ce qui est à Margaux! L’idée vient en effet de cette naturopathe qui a fait un séjour en Woofing chez nous et a tenté cette version du pesto qui nous a beaucoup plu. Il faut dire que nous ne manquons pas de matière première. Les capucines plantées sous la serre au printemps dernier, après avoir végété tout l’été, ont pris leur essor de façon assez inattendue durant l’automne et l'hiver, quand les autres plantes, les tomates en particulier, ont laissé la place. Nous vous recommandons cette recette, surtout en ces temps de pandémie... la capucine permet, paraît-il, entre autres vertus, de renforcer le système immunitaire et de lutter contre la grippe et le rhume.



Quelques vues de notre vie familiale pour finir. Les enfants sont en pleine forme!







mercredi 5 février 2020

Automne 2019


De la pluie, de la pluie, et encore de la pluie ! Nous l’avons longtemps espérée et maintenant qu’elle est là, nous n’allons tout de même pas râler ! Cette pluie continue a été très dommageable pour les agriculteurs qui cultivent des céréales car la terre était trop détrempée pour permettre aux tracteurs d’aller dans les champs. Pour notre part, cette eau tombée du ciel a rempli nos marres, ce qui est plutôt positif !

L’activité de ce début d’automne, dans la continuité de la fin de l’été, fut principalement la « transfo », pour parler dans le jargon du métier, ou la transformation des légumes pour les non-initiés. Si on résume, voilà les différents bocaux que nous avons réalisés en cette fin de saison : confiture potiron-pomme-vanille, coulis de tomates, ratatouille, courgettes à la provençale, caviar d’aubergines, confit d’oignons rouges, huile d'olive au basilic, jus de légumes et gaspacho de concombres, ainsi que différentes soupes avec les légumes que nous avions en surplus : soupe à la courgette (avec sa variante courgette poivrée), soupe à la tomate, soupe tomates courgettes, soupe à l’oignon. 

En ce qui concerne les confitures, ce fut plutôt une année de vaches maigres dans notre région où beaucoup d’arbres fruitiers n’ont rien donné. Ce n’était peut-être pas plus mal pour Claire car devant accoucher mi- octobre, elle n’était pas tellement disposée à rester longtemps debout devant la cuisinière à tourner la confiture. Pas de frustration donc en espérant que l’année prochaine sera meilleure tout de même! 

Côté jardin, outre les dernières cueillettes de tomates, courgettes, aubergines, poivrons, nous avons fait la récolte des courges. Nous avons semé plutôt largement, mais n’avons pas récolté largement du fait de la sécheresse, même si Jean-Emmanuel avait pris soin de les placer en bas de butte. Petit à petit, nous sélectionnons les variétés de courges qui nous plaisent vraiment. Ils y en a tellement, mais elles sont inégales en terme de saveur et de texture. Pour l’année à venir, nous allons garder les indétrônables potimarrons et butternuts, le royal potiron, l’exotique bleue de Hongrie, l’intrigante galeuse d’Eysine, le délicieux patidou, la mignonne jack be little, la douce melonnée jaspée de Vendée. 
Cueillette des courges dans le verger au pied des buttes

Par ailleurs, Jean-Emmanuel aidé de Rodolphe a poursuivi son expérience avec les fraisiers: il s’agit de percer des trous dans le flan des buttes et d’y implanter des fraisiers pour en faciliter la cueillette. Pas de mauvaise herbe, une réserve d’eau dans la butte et une cueillette à mi-hauteur avec des fraises bien visibles.

En octobre, la dernière touche a été donnée à la chambre des enfants à l’étage avec l’aide de Dady et du même Rodolphe. Une double couche de liège et de feutre de chanvre a été posée sous le plancher pour mieux isoler des bruits de pas. Une fois l’électricité finalisée, il ne restait plus qu’à monter les meubles et les affaires de Bruno et Augustin. Quelle joie fut la leur! Cela faisait plaisir à voir!
Dernier petit effort, les détails, ça compte!
La chambre des garçons, sans maquillage ni artifice, qui attend encore la pose d'un verre sur l'oculus.

À l’étage, Malory, le même maçon qui avait réalisé l’oculus et l’œil de bœuf sur le pignon, a terminé de percer les deux fenêtres gemellées sur le mur de la façade. Une bonne chose de faite! C’est agréable de voir plus de lumière pénétrer dans le grenier. Cette double-fenêtre donne sur une chambre en cours d’aménagement qui sert aux amis de passage pour l’instant. 
Ouverture en cours de réalisation bien avancée...


... et achevée. Attention, vous êtes surveillés!

En novembre et décembre, la saison n’est plus tellement propice aux travaux, mais plutôt aux rangements de fond, notamment dans le grenier et dans la pièce qui nous sert de stockage. C’est l’époque aussi des menus travaux d’entretien etc...

C’est aussi la saison de la chasse! Nous ne sommes pas encore adhérents de l’éminente société de chasse de Hiesse, mais nous avons fait la nôtre à notre manière... Un jour que Jean-Emmanuel circulait sur la route d’Epenède, il voit un chevreuil inerte sur le bas-côté. Bien entendu il fait demi-tour et tombe nez à nez avec une antique quatre ailes qui s’arrêtait précisément au même endroit. Le moustachu qui en sortait avait été appelé par un ami pour venir chercher le chevreuil fraîchement tapé. Très élégant, Jean-Emmanuel propose à l’homme de l’aider à mettre la bête dans son coffre. Bien lui en a pris car Guy, ainsi se nommait-il, chasseur de naissance et Hiessois d’origine, lui a promis de nous apporter la moitié du chevreuil dépecé chez nous. Ce qu’il a fait. Assez peu de temps après, nous tapons nous-mêmes un jeune chevreuil à la tombée de la nuit avec le camion (heureusement !). Jean-Emmanuel  se rend avec Bruno chez l’ami Guy pour qu’il lui montre comment dépecer l’animal. Les deux s’entendent bien, c’est même lui qui nous a prêté sa remorque pour nos livraisons de Noël en région parisienne! 
Âmes sensibles, s'abstenir!
Jean-Emmanuel commence à savoir s'y prendre, et les fils apprennent en même temps!
Mais la saga de la chasse n’est pas terminée... Début janvier, nous trouvons à la nuit sur notre petite route de la Roussie un lapin, ou un lièvre, frappé par une voiture peu de temps avant notre passage. Ni une ni deux, il se retrouve dans notre coffre et cette fois-ci, Jean-Emmanuel n’a pas eu besoin d’aller chez Guy pour le dépecer ! À Claire ensuite de cuisiner. De notre avis commun, c’est le lapin le plus savoureux, même si le chevreuil, surtout le plus jeune, était bon également. 

Nos repas dominicaux ont aussi été agrémentés grâce à nos poules. Nous avons décidé de tuer les plus âgées et de renouveler l’équipe avec de jeunes poules au printemps prochain. Cela nous a valu quelques poules au pot, fort appréciables. Ce fut pour Claire l’occasion d’apprendre à plumer et vider une poule. Un peu d’émotion à la première, surtout quand il s’agit de fourrer sa main dans les entrailles, mais comme pour la cuisine du cochon l’an dernier, aucun dégoût, voire même le contraire. Un goût à réaliser ces gestes séculaires et à être plus en prise avec la réalité des choses. 



Entre autres diverses activités, Jean-Emmanuel s’est rendu à une conférence sur le changement climatique dans notre région. D’après la chercheuse qui s’exprimait, on évoluerait en Charente vers un climat méditerranéen ce qui aurait des conséquences sur les arbres : les nombreux chênes qui forment les haies par ici vont mourir petit à petit en commençant par la tête, et nous le voyons déjà un peu, ce qui implique de les remplacer progressivement par des essences plus adaptées. La Charente limousine sans ses chênes c’est un peu Paris sans la tour Eiffel voire même sans Notre-Dame ! Pour tout vous dire nous avons même planté des amandiers. Au moins donneront-ils de belles fleurs, au mieux ils nous donneront des amandes d’ici 2050 !


En bref, va falloir s'adapter sec !!!

Pour revenir à des réalités plus contemporaines, un peu de nouveau du côté de la commercialisation. En novembre, nous avons intégré un groupement de producteurs de Charente limousine basé à Saint-Maurice des lions, justement nommé le Comptoir des lions. Un site Internet permet aux clients intéressés de faire leur commande en ligne chaque semaine: différentes viandes, légumes, bocaux divers, savon, pain, œufs, tisanes etc... Des bénévoles et des producteurs se relaient chaque semaine pour faire les paniers et assurer les permanences de livraison. C’est motivant de participer à ce genre de projet. Longue vie au comptoir ! 

Tout est dit!

Par ailleurs la boutique bio de Confolens, qui nous prenait un peu de légumes l’été nous prend maintenant également des bocaux. Nous avons réalisé d’ailleurs à sa demande des tomates pelées en bocal, un produit que nous n’avions pas eu l’idée de faire et qui apparemment est assez demandé.
Depuis fin janvier, nous avons passé un contrat avec un magasin de producteurs de Poitiers, les Plaisirs fermiers, une boutique autrement plus grande et fréquentée que celle de Confolens. Nous y avons déposé des soupes et des coulis de tomate, produits que nous avons encore en quantité, sachant qu’ils sont intéressés l’an prochain par d’autres bocaux. C’est une perspective assez réjouissante qui sécurise un peu les débouchés pour nos produits transformés. 



Nous ne nous sommes toujours pas lancés dans les marchés, mais nous avons testé cette année un marché de Noël dans le village voisin d’Alloue. Nous y étions allés en touristes l’an dernier et l’avions trouvé à la fois sympathique et fréquenté, ce qui ne gâche rien. Cette année, il était sympathique mais pas très fréquenté ! Nous y avons proposé des tasses de soupe chaude, des galettes et macaronés ainsi que nos bocaux. Pas de regrets malgré tout, surtout pour Claire qui aime bien vendre sur les marchés.
Pour finir avec la commercialisation, nous avons profité de notre retour en région parisienne à l’occasion de Noël pour organiser des livraisons de bocaux sur quelques points prédéfinis. Merci encore à ceux qui ont bien voulu stocker des sacs chez eux! Ce système nous a demandé un peu de travail pour préparer les colis avant notre départ, mais l’avantage était que nous emportions avec nous uniquement les quantités voulues et qu’une fois sur place il n’y avait plus qu’à livrer avec le plaisir de rendre visite ainsi aux uns et aux autres.

D’un point de vue plus strictement familial, notre vie a été un peu chamboulée avec l’arrivée le 13 octobre de Rémi qui a bien vite trouvé sa place parmi nous. Très mignon, objet de toutes les attentions de ses frères, il nous réjouit depuis ses deux mois par ses sourires et ses areuh !
Il a reçu le baptême le 10 novembre dans l’église de Confolens entouré de famille et d’amis. Merci  Seigneur ! 

Même pas pleuré!
"Emi, ça va? Didi, dada, didi!"
Les garçons sont toujours aussi en forme, ils font plaisir à voir. La grande joie de Bruno a été de préparer Noël de multiples façons: décorations de sapin en pâte à sel, installation de la crèche, réalisation d’une petite crèche pour leur chambre, couronne de Noël etc... 

L'air de la Roussie, ça réussit!
C'est tellement drôle de taper partout!

Quel plaisir de peindre les décoration de Noël en pâte à sel!
Vivement Noël prochain!
La bande de gars du 4, la Roussie
 A bientôt pour vous raconter nos aventures hivernales!


samedi 16 novembre 2019

Eté 2019


Quand on s’embarque dans un été, comme cela, l’air de rien, un 21 juin, on est bien contents mais on ne sait jamais dans quelle aventure on s’embarque… Quelles surprises va nous réserver la météo ? Un été pourri ? un été sec ? un été idéal alternant de belles plages de chaleur avec des épisodes pluvieux ? Que vont devenir nos beaux petits plants soigneusement mis en terre au printemps ? 

Bon, eh bien cette année l’été nous a surpris dès le départ avec ce fameux épisode de canicule fin juin doublé d’un autre en juillet, qui n’ont pas été sans conséquences pour nous. La canicule précoce de juin a affecté en particulier les plants de tomates, alors en fleurs. 


Nous n’avons pas réalisé sur le moment, mais seulement progressivement, que les fleurs tardaient étrangement à se transformer en fruits ; et pour cause, elles « fondaient » sous les très fortes chaleurs, c’est-à-dire que beaucoup sont tombées. Cela a signifié moins de tomates, et surtout des récoltes très tardives. Au début nous ne savions pas tout cela et nous croyions les seuls à avoir mal géré nos tomates ; mais petit-à-petit nous nous sommes rendu compte que le phénomène avait affecté avec plus ou moins d’étendue de nombreux maraîchers. En bref, cela a été une très mauvaise année pour les tomates. Nous avons dû attendre la fin août pour en mettre sur notre étal, et encore, les premiers clients  arrivés étaient les premiers servis. En revanche en septembre, elles étaient enfin bien parties, mais les principaux clients aussi… 




Curieusement, les salades n’ont pas trop mal résisté à ce temps impitoyable, sans doute grâce aux voiles dont Jean-Emmanuel les a recouvertes. 

En revanche une culture a très bien réussi cette année, ce sont les oignons. Ils ont pleinement profité d’un printemps assez pluvieux, et la récolte a été tellement belle qu’elle nous a pris plus de temps que prévu au début de l’été, retardant les travaux auxquels Jean-Emmanuel voulait enfin s’attaquer. C’est qu’il ne suffit pas de les ramasser, ce qui prend déjà du temps, mais ensuite il faut les étendre au sec pour les mettre à sécher avant de les stocker en coupant la tige asséchée. Sur les trois variétés d’oignons, blancs, rouges et jaunes, nous avons dû récolter environ 600 kilos ! Une bonne partie a été vendue en direct, une autre a servi pour nos bocaux, et la dernière est pour notre consommation personnelle. Les oignons, c’est bon pour la santé !


Essai de la technique ancestrale des oignons suspendus

Finalement, adoption d'une technique simplifiée : coupe de la tige et séchage directement en cageots

La sécheresse et les fortes chaleurs de l’été ont porté préjudice à plusieurs cultures car vu le peu d’eau disponible dans notre puits, nous avons dû faire des choix. Nous avons arrosé en priorité les légumes de la serre ainsi que les aubergines, les courgettes et les concombres. 


Rangs d'aubergines et de courgettes. 

En revanche les choux, les poireaux et les courges ont dû se débrouiller tout seul, avec un résultat mitigé…La leçon à tirer est qu’il va falloir que nous augmentions nos ressources en eau, soit par un forage, soit par un système de récupération des eaux de pluie. C’est au programme pour la saison prochaine. 

Et la serre, nous demanderez-vous peut-être ? Elle a permis de récolter des tomates tard dans la saison sans qu’elles soient touchées par le mildiou. Mais il n’y a pas eu assez d’orages durant l’été pour qu’elle soit autonome en eau. De plus on s’est aperçus que les plants de tomates, bien développés et placés en haut des buttes, avaient fait trop d’ombre aux aubergines et aux poivrons. Il faudra à l’avenir les espacer ou les tailler davantage. Nous avons tout de même eu une belle récolte de poivrons en fin de saison. 





Pour revenir à nos tomates, leur retard a été non seulement un problème pour approvisionner les clients de notre marché à la ferme, mais encore pour fournir la Maison Maria Casares, envers qui nous nous étions engagés à livrer 20 à 25 kilos de bonnes tomates par semaine. La Maison Maria Casares, nous vous en avions déjà parlé, est un beau domaine ayant appartenu à l’actrice du même nom et légué à la commune d’Alloue qui en a fait un lieu de résidence pour des troupes de théâtre. L’été, la Maison organise durant cinq semaines des goûters, apéritifs et dîners-spectacles en ayant le souci, et cela est nouveau, de travailler avec des producteurs locaux. Mais fin juillet, nous n’étions toujours pas capables de leur fournir les tomates, ni début août, ni même mi-août ! Nous avons donc dû compléter avec nos concombres et demander à trois producteurs différents pour parvenir à livrer la dose hebdomadaire. Inutile de vous dire que nous avons été à la fois impuissants et bien contrits de cette situation !
Heureusement, nous avons pu honorer notre engagement à fournir environ 50 pots de ratatouille par semaine, toujours pour les dîners-spectacles, apparemment fort appréciée du public. Pendant cinq semaines, nous sommes allés tous les mercredis à Alloue pour cuisiner nos ratatouilles dans la cuisine de la salle des fêtes, gracieusement prêtée par la mairie, et bien plus adaptée pour ce genre de quantité que notre cuisine de la Roussie… De plus nous avons bénéficié du secours d’une machine coupe-légumes achetée par la Maison Maria Casares exprès pour la confection des ratatouilles, mais en vue d’équiper ensuite le futur laboratoire de transformation prévu dans l’ancienne boulangerie d’Alloue (voir blogs précédents). 


Les légumes sont revenus séparément à l'huile d'olive pour la ratatouille
Le fameux coupe-légume.

Nous avons renouvelé notre collaboration avec le domaine de Boisbuchet, centre d’architecture et de design, qui accueille tout l’été des jeunes  et quelques moins jeunes du monde entier pour participer à des workshops (ateliers) animés par des pointures internationales. Chaque semaine, nous leur avons ainsi livré des légumes. 

Nous avons également repris nos marchés à la ferme deux fois par semaine. La fréquentation a été clairement plus importante en août. 


Mais où est la vendeuse?

Par ailleurs, nous avons continué à fournir les deux restaurants avec qui nous travaillons depuis maintenant trois ans : la Châtellenie à Availles-Limouzine, et le Virage à Pressac.

Une nouveauté en termes de vente : nous avons commencé, depuis la fin du printemps, à livrer quelques paniers à Confolens le vendredi matin. Claire s’est habituée à faire sa petite tournée : d’abord à l’hôpital pour quelques   membres de l’Amicale du personnel, puis au Ptit Panier bio (la boutique bio de Confolens), puis chez quelques commerçantes et enfin chez quelques particuliers. Finalement, cela prend l’ensemble de la matinée, entre la cueillette, la préparation des paniers et la livraison. 


Paniers de la fin du printemps

Quant aux travaux, les choses ont avancé. A l’heure où nous vous écrivons, Bruno et Augustin, nos deux aînés, dorment enfin dans leur belle chambre toute neuve, fruit du travail de cet été. Si les matinées étaient plutôt consacrées au jardin, et en particulier la cueillette, les après-midis restaient libres pour les enduits de la future chambre ainsi que du plafond de la salle de bain. Les woofers que cela intéressait pouvaient y participer. Merci à eux ! 


Dur, dur, la première expérience d'enduit sur un plafond!

Ca avance la chambre des enfants!


Monte-sceau

Et nous aussi on travaille! (Avec les doudous s'il vous plaît...)


Fin août, nous avons pris la liberté de nous absenter de la ferme pour participer à des vacances familiales. Nous avons alors confié la place et nos activités à une petite famille désireuse de s’essayer à notre mode de vie pendant une semaine. Merci Raphaëlle et Jean-René de nous avoir remplacé en assurant les cueillettes, la préparation des paniers, les livraisons, les ventes à la ferme etc… Vous avez apparemment trouvé que ce n’était pas de tout repos ! 



En septembre nous étions encore en pleine production, surtout pour les tomates qui donnaient enfin leur mesure. Mais, comme nous vous l’avons déjà dit, la pleine saison des vacanciers est passée. Nous avons tout de même continué à vendre à quelques clients locaux et livré des légumes à l’école primaire de Civray.

La période des bocaux revient. Nous reprenons la route du laboratoire de transformation en sud-Charente pour confectionner des soupes à base de courgette, d’oignons et de tomates, légumes que nous avons en abondance.






Quant aux ratatouilles, coulis de tomates et pots de courgette à la provençale, nous pouvons  les réaliser dans la cuisine de la salle des fêtes d’Alloue avec nos stérilisateurs car le taux d’acidité est suffisant, grâce à la tomate, pour assurer une bonne conservation. 


Ca stérilise!


Claire quant à elle, commence à lever le pied, car le ventre s’arrondit sérieusement et rester debout toute la journée dans un labo est malgré tout assez fatigant. Heureusement Jean-Emmanuel est épaulé par des woofers de choc qui l’aident pour la transformation. Des temps festifs viennent agrémenter l'ordinaire surtout avant les départs des uns des autres. 


Les grandes tablées sont fréquentes l'été



Soirée des talents à la Roussie (excusez la qualité de la photo)

Par ailleurs, cette année encore nous avons eu de la visite d'amis et de famille qui nous ont fait grand bien et qui nous permettent de sortir un peu le nez du guidon!


Bruno et Augustin grandissent bien. Avec eux nous découvrons avec bonheur les différentes étapes et la grâce de l'enfance. Ils sont très complices même si les confrontations sont fréquentes. 

Bruno et Augustin jouent au "château des ennemis"


Et même si le 13 octobre, ce n’est plus l’été, nous ne pouvons passer sous silence l’événement tant attendu : la naissance de Rémi, fort bien accueilli par ses deux grands frères !