vendredi 5 mai 2017

Hiver 2016-1017


Quelques nouvelles d’un hiver qui a été assez court du fait d’un printemps précoce, mais qui nous sembla passer lentement, notamment à cause d’un foutu virus que Jean-Emmanuel a traîné durant à peu près un mois et qui l’a empêché de se mettre véritablement au travail. Disons que cela a été au bénéfice de la comptabilité qu’il a pu faire tranquillement au chaud en toute bonne conscience. Avec le recul, cette période a été aussi l’occasion d’une césure après deux bonnes années de travaux. L’envie de s’y remettre n’en a été que plus grande en février. 

Chaque saison son charme: en hiver, nous nous réconfortons avec des bons plats mijotés sur la cuisinière à bois qui, nous le rappelons, sert aussi à nous chauffer. Du jardin, nous avons dégusté les choux frisés, les choux de Bruxelles et les choux-raves, sans oublier les rutabagas, ainsi que de la mâche, des blettes et quelques poireaux. Nous avions aussi, bien sûr, le stock de courges à nous mettre sous la dent. 

Les bonnes potées de Claire pour nous remonter le moral et la santé!

Du côté des travaux de la maison, la sécheresse qui persiste a été favorable aux ouvriers chargés de faire l’isolation du toit en janvier. Après avoir enlevé toutes les tuiles, ils ont posé des plaques de laine de bois rigide au-dessus des chevrons afin de perdre le minimum de hauteur de plafond dans le grenier. On en a profité pour remplacer les tuiles de la moitié nord de la toiture qui en avaient bien besoin. La deuxième partie du travail a consisté à appliquer par l’intérieur de la laine de bois souple, puis de fermer le plafond par de nouvelles plaques de laine de bois rigide. Si avec cela l’étage n’est pas bien isolé ! Jean-Emmanuel a cependant dû repasser derrière les ouvriers qui avaient laissé des passages d’air entre les plaques. Aïe aïe aïe ! On est souvent mieux servi par soi-même… m’enfin ! 

Le toit du grenier ouvert pour la pose de laine de bois sur chevrons




La chambre des woofers a dû être détruite


Résultat final avant enduit de finition




Par ailleurs, Jean-Emmanuel a effectué un petit travail pour améliorer la cheminée qui avait un trop bon tirage : il a obstrué les deux tiers du conduit et a percé un conduit d’arrivée d’air entre  la cheminée et l’extérieur, ce qui devrait éviter les courants d’air dans le salon quand elle est en fonctionnement.

La tranchée en cours jusqu'au mur extérieur côté nord


Enfin, l’hiver est favorable aux grands rangements, et il y en avait bien besoin pour mieux organiser l’espace de la grange. Jean-Emmanuel a donc retiré les superbes mangeoires à vache faites tantôt de poteaux électriques en béton, tantôt de parpaings (plus rapide à écrire qu’à faire !) dans le but d’ouvrir l’espace central sur les côtés de la grange. Cela permet à la fois d’y stocker facilement du bois et de ranger les véhicules sans encombrer le milieu de la grange. Bref, une bonne chose de faite qui reste encore à achever. 

Après avoir enlevé les mangeoires en parpaing


Ouverture de ce côté pour le stockage du futur bois de chauffage


Dans la deuxième partie de l’hiver, le temps était venu de se remettre un peu au jardin… Avec Jean, un woofer belge, Jean-Emmanuel a poursuivi le travail d’installation de la clôture autour de l’espace cueillette. 

Il s’est également lancé dans l’ébranchage sévère d’un chêne malencontreusement placé entre le soleil et les buttes et dont l’ombre diminuait nettement la productivité. Le tronc ne va pas tarder à suivre le sort des branches, mais ce n’est pas une mince affaire, dans tous les sens du terme. Pour couper les branches les plus hautes, il a reçu l’aide d’un voisin de campagne, ainsi que celle des ouvriers qui travaillaient sur le toit et avaient un outillage adapté. Claire regardait cela de la fenêtre de la maison avec une vague inquiétude, malgré le harnais dont s’était muni Jean-Emmanuel. 


Le tronc qui devra subir le même sort

Comme vous le savez peut-être maintenant, tous les six mois nous devons faire acheminer le compost broyé de déchets verts depuis la plate-forme à 400 mètres vers le jardin. Après cela il restait à répartir les tas sur les buttes/baissières du verger ainsi qu'entre les arbres de plein champ avec l’aide du tracteur. Un petit épisode tragi-comique est venu interrompre le travail : en train de manœuvrer entre deux baissières, Jean-Emmanuel a basculé avec le tracteur dans le fossé de l’une d’elles, heureusement relativement peu profond. Et cela sous les yeux de Claire qui venait de faire une petite visite à son cher mari accompagnée de Bruno. Plus de peur que de mal : l’infortuné en est sorti indemne, et un agriculteur de Hiesse est venu tirer l’engin le lendemain. Mais il a fallu attendre ensuite qu’un autre gars du coin prenne le temps de faire les quelques réparations nécessaires suite au choc. 
Les tas de compost déposés entre les arbres fruitiers pour y accueillir plus tard des pommes de terre

Sans commentaires...
Pour compléter cet apport de matière organique, Jean-Emmanuel a eu l’opportunité de récupérer du compost mûr gratuitement (sans compter les frais de transport) et pense l’utiliser pour faire des essais de semi direct (céleri, salades, radis, poireaux, navets, choux, tomates…). Malheureusement, il s’avère sécher trop rapidement. En réalité, le meilleur terreau serait du compost réalisé par des lombrics, mais il est beaucoup plus coûteux.  Une piste à creuser. 

Le compost en question

La fin de l’hiver est l’époque aussi pour semer les fèves et les petits pois. Pour ces derniers, Jean-Emmanuel a aménagé une butte proche de la maison et y a installé un grillage pour faire grimper les pois à rames. Une jeune et joyeuse équipe l’a aidé le temps d’un week-end : merci Raphaël, Diane, Louise et Maxime pour votre participation enthousiaste ! 


Quelques nouvelles de notre four à pain. Nous avions initialement le projet de le restaurer et de nous en servir plus tard. En attendant, nous l'avions recouvert d'une bâche noire pour faire mourir l'épais manteau de lierre. Mais le soleil et les coups de vent successifs ont eu raison de cette bâche sans compter que des pans de mur avaient commencé à s'écrouler. Nous avons donc changé d'optique et voudrions, si la loi nous le permet, le transformer en un studio indépendant pour nos visiteurs et woofers de passage. Cet hiver, Jean-Emmanuel a retiré les tuiles encore utiles et a mis les autres dans le chemin pour le consolider. Rien ne se perd, tout se récupère!

Et hop, dans le godet!

Pauvre four à pain!


Claire poursuit ses cours au collège du Sacré Cœur de Ruffec, toujours à deux tiers temps, avec des classes de 6ème et 5ème. Malgré le temps partiel, ses journées sont bien remplies entre la préparation des cours, la correction des copies, la tenue de la maison, le soin de Bruno et le reste… Mais décidément pas de regrets, les lieux sont de plus en plus plaisants à habiter !

Notre petit Bruno nous réjouit toujours par ses sourires et sa joie de vivre malgré quelques épisodes douloureux dûs à la poussée des dents. Il aime beaucoup nous faire promener partout pour s'entraîner à la marche qui ne devrait maintenant plus trop tarder. 

Très heureux avec ses légos


On profite d'un petit rayon de soleil de mars

Nous vous parlerons plus amplement dans le blog suivant de nos projets d'ouverture du parcours cueillette cet été. Mais l'été devrait s'annoncer fructueux à plus d'un titre car nous avons la joie d'attendre un heureux événement pour début septembre!

vendredi 27 janvier 2017

Automne 2016 

Cet automne, la cuisine et le salon, c’est-à-dire la grande pièce du bas, ont pris une allure presque définitive. En réalité, les avancées majeures se sont faites à l’intérieur, et le chapitre « extérieur » sera beaucoup plus réduit cette fois-ci. 
Dans la cuisine, Jean-Emmanuel a fini les enduits, mais comme le résultat final n’était pas partout très homogène, il a appliqué par-dessus une patine : c’est un badigeon très léger pour égaliser le rendu final de l’enduit. Au départ un peu déçus de ne pas garder l’enduit brut, nous ne sommes finalement pas si mécontents du résultat. Le pourtour des portes et des fenêtres a ensuite été peint en blanc, à la fois pour l’esthétique et la luminosité. Nous ne savons pas encore si nous allons les garder tels quels. 

Une conséquence non négligeable de la finition des enduits est que nous avons pu remettre les meubles en place. Ouf, quel soulagement ! Nous avons même descendu des cartons de vaisselle qui dormaient dans le grenier pour en garnir l’armoire et le buffet et réorganiser un peu les rangements. 



La dernière touche dans la cuisine, comme dans le salon d’ailleurs, a été pour le sol. Il a fallu gratter les joints abimés, raboter les baguettes de bois qui séparent les briques, puis effectuer les nouveaux joints. Ca a ensuite été la toilette des briques, passées au vinaigre, puis à la cire. Et ce sur toute la surface de la grande pièce. Quand on foule le sol du rez-de-chaussée, on ne s’en rend pas forcément compte, mais beaucoup d’heures auront été nécessaire pour le rendre beau comme il est maintenant. En tous cas, nous en sommes très contents… Merci à Clémence, une woofeuse, qui a été d’une grande patience dans le travail de nettoyage et de cirage. 



Dans le salon, les enduits sont également terminés, recouverts comme dans la pièce voisine d’une patine claire. Nous sommes maintenant dotés d’une superbe penderie à l’emplacement de l’ancienne pierre à évier ; c’est peut-être idiot à dire, mais c’est un confort d’avoir une penderie : plus de manteaux qui traînent un peu partout, et même une planche pour les chapeaux de Monsieur et les gants de Madame ! Dans toute la grande pièce, des baguettes ont été posées entre les poutres du plafond, support pour les  plaques de liège ou de laine de bois enduites qui feront la finition du plafond.

Mais ce n’est pas tout, nous avons franchi un seuil dans la gamme confort de la maison : nous avons maintenant un escalier ! Nous avons profité pour cela, ainsi que pour l’aménagement de la cheminée, de la venue d’un woofer très efficace et disponible arrivé tout droit d’Afrique du Sud (mais arrivé chez nous en vélo par jour de grand vent), Harald. Il avait fallu attendre que les murs soient finis pour pouvoir poser l’escalier. Nous l’avions trouvé sur le bon coin : tout collait, le quart tournant bas, les dimensions globales, mais il manquait 20 cm pour atteindre la hauteur de notre pièce. Un os, qui est finalement devenu une source de créativité. Jean-Emmanuel et Harald ont fabriqué la dernière marche en bois et brique en rappel du motif du sol, ce que nous trouvons plutôt réussi.






Nous parlions de la cheminée. Nous avons choisi d’aménager un foyer surélevé, à la fois pour le côté pratique de la chose, surtout dans une famille où la taille moyenne n’est pas ridicule, mais aussi pour améliorer le tirage de la cheminée. Pour ce faire, Jean-Emmanuel et Harald ont construit trois dômes en pierres et copeaux de bois, support de la structure en arches du foyer. Une fois la structure séchée, ils ont retiré les pierres et les copeaux, puis ils ont réalisé le dessus avec des briques sur le pourtour et une plaque de fonte redécoupée pour l’occasion à l’emplacement du foyer. Ils ont aussi pris le soin de faire deux trous pour y ranger petit bois, papier etc… Quand les arches et les deux trous ne sont pas remplis de bois et de papier, l’ensemble prend une allure quelque peu fantastique, voire monstrueuse. 





Notre future chambre a légèrement avancé : Jean-Emmanuel, aidé par Harald et une journée par son ami Never (merci !), a poursuivi les enduits finaux. Mais un dernier enduit est nécessaire pour corriger la verticalité du mur sur la cloison de séparation avec le salon. Par ailleurs, il a fabriqué un beau placard cache-tableau électrique en chêne. Le gros morceau à venir dans cette pièce est la finition du sol. Nous voulions y mettre du parquet, mais il faut trouver des solutions techniques pour que l’humidité qui remonte un peu le long des murs n’abîme pas le parquet. Petit-à-petit, mais petit-à-petit seulement, l’oiseau fait son nid !


Grâce à la venue d’un couple de woofers, Laurie et Flavien, le chantier du mur paille extérieur, que vous aviez certainement oublié, a été relancé. Il s’agissait d’enduire le mur nord extérieur de notre chambre actuelle, déjà doublé de paille par Jean-Emmanuel il y a un certain temps pour mieux isoler la pièce des frimas (comme en ce moment par exemple…). Ils ont d’abord mis un badigeon sur la paille pour faire adhérer l’enduit, puis ils ont patiemment appliqué à la main l’enduit de corps fait d’argile, de sable et de paille. Le tout renforcé par un grillage à poules. Il a fallu faire une deuxième couche avant le séchage de la première et il reste maintenant la couche finale à appliquer. 



Nous ne vous avons pas encore parlé de Cham Cham et Hippalam (orthographe approximative), deux woofers coréens qui ont passé une semaine chez nous…. en « honey moon » ! Mariés une semaine auparavant en Corée, ils ont commencé leur voyage de noces au Vietnam pendant une semaine avant de prendre la direction de Paris où un oncle les attendait. Mais il n’y ont pas fait de vieux os, leur destination finale était vraiment le fin fond de la campagne française, où ils voulaient partager les heures et les jours d’humbles maraîchers en permaculture. Dans un pays où la compétition fait rage, ils désiraient voir un mode de  vie alternatif dont ils pourraient s’inspirer pour leur propre vie. En Corée l’accès à la terre est extrêmement difficile et coûteux, et notre ferme de 5 hectares est pour eux un rêve inaccessible là-bas. Un jour que nous déjeunions près du vieux chêne au soleil, le chant des oiseaux dans les oreilles, ils ont dit avec leur délicieuse candeur habituelle : « C’est comme dans nos rêves ! C’est même mieux ! ». Ils ont participé à de petits travaux dehors : la collecte des dernières tomates vertes en vue de faire des confitures, la mise en pot de stolons de fraisiers, puis leur repiquage, du désherbage etc… Merci à eux ! D’aucuns se posent peut-être la question sur la communication : nous parlions avec eux en anglais, tout comme avec Harald (le woofer sud-africain) qui était là en même temps. 

Par ailleurs, Jean-Emmanuel a bien été occupé aussi par de menues taches : rangement de la grange, approvisionnement en bois, élagage, préparation des commandes de Noël à Paris (légumes, confitures, miel venant d’un ami apiculteur)… Quant à Claire, elle a mis la main à la pâte en réalisant des confitures : gelée de coings, confiture potiron-pommes et de tomates vertes.

Pendant ce temps-là le petit Bruno grandit, profite du vert et des bons légumes. Avec la venue des uns et des autres, il se socialise petit-à-petit et est toujours prêt à dégainer son sourire charmeur. Sa joie de vivre ne laisse de nous émerveiller chaque jour !



L’hiver a commencé déjà, nous vous donnons rendez-vous à la fin de cette saison pour la suite de nos aventures ! 

dimanche 30 octobre 2016

Eté 2016




En bons campagnards, nous commençons notre causerie par un petit commentaire sur le temps qu’il fait… Dame, c’est que la pluie ne vient toujours pas ! Et que cela dure depuis plus de trois mois maintenant (sans compter les quelques millimètres qui sont tombés sur trois ou quatre jours cet été). 
Mais, outre le fait qu’on n’y peut absolument rien, et heureusement, cette météo ne nous a pas été si funeste. 


Pour les travaux d’abord. 

Le grand chantier du mois de juillet a été de percer trois ouvertures au rez-de-chaussée : une porte et une fenêtre dans la cuisine, ainsi qu’une fenêtre dans notre future chambre (pièce de droite quand on rentre). Le père de Claire est venu prêter main forte et expérience pour poser les linteaux en pierre au-dessus de celles de la cuisine, et vu le poids des morceaux, le tracteur a été bien utile. 



Ouverture d'une fenêtre et d'une porte côté Ouest (cuisine)


Jean-Emmanuel a ensuite fini de percer ces ouvertures tout seul, avant qu’il soit à nouveau aidé par des amis pour percer la fenêtre de la façade est. Merci Pierre et Marie-Laure pour votre efficacité et votre pugnacité ! 

Percement de la fenêtre côté Est (chambre) avec Pierre


Nous devions partir un gros week-end pour nous rendre à un mariage, mais laisser la maison avec trois trous béants, même bâchés, nous ennuyait quelque peu. Le menuisier qui devait poser les huisseries était occupé par un gros chantier, ne répondait pas au téléphone et devait ensuite partir en vacances. Par miracle, il a fini par nous rappeler et a accepté de consacrer sa dernière demi-journée à poser la porte et les deux fenêtres sur nos deux pignons. Pendant qu’il travaillait sur un pignon, Jean-Emmanuel finissait tout juste à grand bruit de raboteuse l’ouverture de la chambre, et nous sommes partis tous en même temps, le menuisier et nous, en vacances ! Heureusement que Bruno est plutôt un petit père tranquille… 

La fenêtre tout juste posée


Dans cette même future chambre, Jean-Emmanuel a ensuite coulé un ragréage de sa fabrication, de sorte qu’il ne reste plus qu’à poser le parquet pour finir le sol de cette pièce. Quant aux murs, il a avancé aussi en appliquant un enduit isolant sur les parois donnant sur l’extérieur, avec un coup de main d’un ami, Antoine, qui s’est aperçu que ce n’était pas si facile ! 

Antoine à l'oeuvre


Un petit progrès dans les toilettes : nous marchons maintenant sur un plancher, qu’il reste à enduire de plusieurs couches pour le protéger.

Le deuxième grand chantier de la saison fut les enduits dans le salon et la cuisine. Dans le salon, il s’agissait d’appliquer d’abord l’enduit isolant fait avec des copeaux de bois, puis l’ensuit final. A droite de la porte d’entrée, nous avons transformé un ancien placard, qui avait lui-même pris la place de l’ancienne pierre à évier, en future penderie pour les manteaux. Pour cela, il a fallu finir de creuser l’ouverture vers le bas (et un trou de plus dans les murs de la maison !) et l’enduire en même temps que les murs. Nous en sommes très contents, pas une place n’est perdue. Pour se lancer dans le chantier, Jean-Emmanuel a reçu l’aide inattendue de Victor, un ancien woofer qui avait passé trois semaines chez nous en novembre dernier. Il a pu admirer dans la grande pièce le sol fini, qu’il avait largement contribué à avancer. 



Avant

Après, avant enduit.




Dans la cuisine, il n’y a « que » l’enduit final à faire, réalisé avec du sable, de la chaux et de l’argile claire prélevée dans une de nos mares. Il y avait un petit travail de préparation à effectuer autour des ouvertures pour casser les angles et les préenduire délicatement. 

L'angle de la fenêtre en cours de taille d'arrondissement

Enduit de finition dans la cuisine

Si l’on compte bien, avec le coup des ouvertures, cela fait trois mois que c’est le chantier dans la cuisine, les meubles décollés des murs, ce qui réduit considérablement l’espace ! Les travaux, par ces périodes d’incommodité plus ou moins longues, sont aussi l’occasion de grandes joies, telle l’éblouissement, n’ayons pas peur des mots, quand Jean-Emmanuel a enlevé la bâche noire de devant les ouvertures, laissant entrer la belle lumière du soir dans toute la grande pièce. Claire se prépare ainsi à la joie qui sera la sienne quand les meubles auront regagné leur place dans la cuisine ! 



Quid du jardin ? 

Début juillet, nous nous sommes lancés dans les lasagnes ! Pas avec la béchamelle ou les tomates qui n’étaient pas encore mûres, mais avec du mulch et de la tonte de gazon… Il s’agit de tester une technique innovante et de superposer des couches de matière brune riche en carbone (le mulch) et des couches de matière verte riche en azote (l’herbe fraîchement coupée). Cela produit des couches chaudes qui sont sensées accélérer la pousse des plantes. Nous avons abondamment arrosé la lasagne au tout début, puis une deuxième fois, et c’est tout. Le bilan que nous en tirons : ça chauffe effectivement un peu et les plants que nous y avons mis, tardivement par rapport à la saison, ont bien poussé, mais cette technique convient mieux pour certaines plantes comme la pastèque, le melon, l’aubergine que pour d’autres comme la tomate. L’intérêt dans tous les cas c’est qu’on récupère un bon compost à la fin. On reprendra sans doute cette technique l’an prochain, mais en s’y prenant plus tôt pour avoir plus de fruits. 




La sécheresse s’étant confortablement installée, il a fallu faire face en installant un goutte à goutte. Jean-Emmanuel pensait que son broyat de déchets verts suffirait à retenir l’eau durablement sur les buttes. En bonne éponge, ce broyat a effectivement absorbé l’eau quand elle est tombée, mais il s’est aussi asséché quand le soleil a perduré. Il aurait fallu pailler au-dessus du broyat pour maintenir l’humidité. Cela aura été une des grandes leçons de la saison. 

Le paillage de printemps s'est révélé insuffisant durant la canicule


Le goutte à goutte est cependant une solution à moitié satisfaisante car les trous ne sont que tous les 30 cm et 3 tuyaux pour des buttes d’1,40 mètres de large se sont avérés insuffisants. Il en faudrait au moins six pour irriguer correctement toute la butte, ce qui n’est pas un petit investissement. 

Mais pas d’irrigation possible sans eau ! Heureusement Jean-Emmanuel avait creusé des mares avec la fameuse pelleteuse l’automne dernier. Elles se sont bien remplies durant tout l’hiver et le printemps et elles ont permis d’arroser non seulement les buttes, mais aussi les arbres fruitiers tout juste plantés en février. Zepp Holzer, le grand inspirateur de Jean-Emmanuel, l’avait bien dit : le nerf de la guerre, c’est l’eau. Il faut en stocker le maximum sur son terrain ! D’ailleurs, dans la même idée, les baissières se sont révélées très efficaces (voir les blogs précédents) : les arbres fruitiers qui ont été plantés au pied des buttes des baissières n’ont subi aucune perte malgré un très faible arrosage (une ou deux fois dans l’été), alors que les fruitiers plantés en plein champ ont beaucoup moins bien résisté à la sécheresse (10 arbres sur 25 sont morts). Cet exemple montre encore l’importance de retenir l’eau le plus longtemps possible sur le terrain. 



Bon, ce n’est pas tout ça, mais si on se donne tout ce mal, c’est bien pour récolter quelque chose ! Qu’avons-nous mangé, mais aussi vendu, cet été ? 
  • Les concombres : nous en avons eu de plusieurs variétés, des verts et des jaunes, des petits et des plus longs, des piquants et des lisses, des amères et des « normaux »… On s’est bien régalés jusqu’à la fin du mois d’août, mais le hic c’est que les plans sont fragiles et prennent assez facilement la maladie. 
Cherchez les concombres! Combien y en a-t-il?

  • Les courgettes, rondes et longues : elles ont bien donné, spécialement certains pieds. Nous sommes très contents de notre nouveau fournisseur de plants ! Nous avons découvert une nouvelle variété de courgettes, les vert clair : nous les trouvons très bonnes, fermes et savoureuses, même quand elles sont un peu grosses. 
La grosse courgette est gardée pour faire de la semence



  • Les tomates : cela a été la production phare de l’été et une expérience positive. Elles ont très bien poussé, même si assez tardivement à cause d’un printemps froid et humide, à l’exception de certains endroits trop ombragés. Les tomates aiment le soleil, on le sait, et n’ont pas besoin de trop d’eau, elles n’ont donc pas été trop perturbées par la sécheresse. Quelques pieds ont été affectés par la nécrose, ou pourriture apicale, ou bien, pour parler plus familièrement, par le « cul noir ». Comme l’indique cette dernière expression, cela produit une tache noire sur la tomate, la rendant ainsi invendable. Mais la chose s’est résorbée toute seule dans la saison. Nous avions une quinzaine de variétés différentes : des noires de Crimée, des cornues des Andes, différentes sortes de cœur de bœuf, des red zebra, deux sortes de tomates jaunes, des tomates vertes, différentes sortes de tomates cerise etc… C’est très beau dans l’assiette comme sur l’étal !



  • Les melons et les pastèques : ils ont mis longtemps à arriver. Toujours ce printemps fort médiocre, et nous les avons plantés trop tardivement. De plus, bleus que nous sommes encore, nous les avons arrosés comme les autres plantes, ce qu’il ne fallait surtout pas faire (sauf au tout début) car cela produit des fruits fades. On en a pris de la graine pour l’an prochain ! 

  • Les aubergines  et les poivrons : ce sont des plantes exigeantes. D’abord parce que les limaces raffolent des jeunes plants. En une nuit on s’est fait dévorer tous les plants de poivrons, et nous n’en avons pas replanté. Pas de poivron donc, mais quelques aubergines issues d’un pied qui a survécu et qui s’est bien plu. D’autres pieds mis plus tardivement ont fleuri mais n’ont pas eu le temps de porter du fruit. 


  • Le maïs : la récolte a beaucoup varié en fonction de son lieu d’implantation et de l’arrosage. Toute une série, à peine arrosée, est restée rachitique. En revanche Jean-Emmanuel, qui raffole du maïs, avait pris soin d’en semer au bord de la grande mare : les plants ont ainsi profité des infiltrations d’eau, et ils ont donné de beaux épis que nous commençons tout juste à déguster. 

  • Les courges : reléguées cette année dans le verger, elles ont diversement souffert de la sécheresse. Nous avons eu de beaux potimarrons et des courges vert olive (un délice !), mais aussi de tout petits spécimens de potirons et potimarrons. C’est mignon, mais ça ne pèse pas lourd ! Les longues de Nice ont aussi un peu souffert de la météo, mais trois beaux fruits ont poussé et vont nous servir à faire de la graine pour l’an prochain. Quant aux pommes d’or, l’espèce est plutôt prolifique, mais c’est la loterie du goût. Certaines sont filandreuses et pas fameuses, tandis que d’autres sont plus crémeuses et bonnes à farcir. Compliqué pour vendre… Cueillies à un stade précoce, elles rappellent un peu la courgette et sont très appréciables
Bruno dans les pommes d'or!

  • Les salades 
  • Les oignons et l’ail : la récolte a été modeste cette année, mais ce n’est qu’un début ! 

Pour finir sur la cueillette, nous nous sommes aperçus que récolter les légumes prend beaucoup de temps, et nous commençons à comprendre par exemple pourquoi les tomates cerise ont un certain prix en magasin…

Avec tout cela, cet été a été la première saison où nous avons pu quasiment nous passer de courses de frais. Quel plaisir et quelle joie (c’est Claire qui parle) d’aller cueillir dans le jardin ce qu’il faut pour le repas ! 



Vers la fin de l’été, quand les récoltes de tomates ont été massives, après avoir faits moulte bocaux de coulis, nous avons songé plus sérieusement à la commercialisation. Le premier samedi de septembre, nous avons investi le trottoir devant la mairie de Hiesse, le petit village dont nous dépendons (après avoir demandé l’autorisation au maire, bien entendu !). Nous avons eu quelques clients, à la fois étonnés de nous voir là et contents de s’approvisionner tout près de chez eux. Pour ceux qui connaissent, Hiesse est vraiment une toute petite bourgade… Cela a plutôt été une bonne expérience, restée cependant sans lendemain pour cette saison car nous n’étions pas là les autres week-end de septembre, mais nous espérons bien, quand nous serons bien lancés, pouvoir vendre une partie de la production le plus localement possible. 


Etal lors de notre essai de vente le samedi matin à Hiesse
Nous avons pu écouler quelques kilos de tomates durant tout le mois de septembre auprès d’une petite boutique bio de Confolens. Nous avons vendu aussi des légumes aux collègues de Claire, ainsi qu’à nos familles et amis croisés à telle ou telle occasion en septembre. Enfin, Jean-Emmanuel s’est mis en contact avec une association qui achète des légumes à des producteurs, et les vend à bas prix à des personnes aux revenus modestes. 


En route pour Paris!


Tout cela est en train de prendre forme, mais n’oublions pas que l’objectif est d’abord de faire de la cueillette à la ferme. Nous espérons pouvoir ouvrir un premier parcours à l’été prochain. Mais d’ici là, il y a encore bien du travail ! Il nous faut notamment bien penser le côté pratique de la cueillette, et trouver un bon système pour tuteurer les plants de tomates qui deviennent vite envahissants. 


Bref, on ne s’ennuie pas, et si vous voulez venir vous amuser avec nous, tant pour les travaux intérieurs que pour le jardin, vous êtes les bienvenus ! Pour l’instant, du haut de ses six mois Bruno ne nous est pas d’une grande aide, mais il grandit bien et nous ravit par ses nombreux sourires.