mercredi 5 février 2020

Automne 2019


De la pluie, de la pluie, et encore de la pluie ! Nous l’avons longtemps espérée et maintenant qu’elle est là, nous n’allons tout de même pas râler ! Cette pluie continue a été très dommageable pour les agriculteurs qui cultivent des céréales car la terre était trop détrempée pour permettre aux tracteurs d’aller dans les champs. Pour notre part, cette eau tombée du ciel a rempli nos marres, ce qui est plutôt positif !

L’activité de ce début d’automne, dans la continuité de la fin de l’été, fut principalement la « transfo », pour parler dans le jargon du métier, ou la transformation des légumes pour les non-initiés. Si on résume, voilà les différents bocaux que nous avons réalisés en cette fin de saison : confiture potiron-pomme-vanille, coulis de tomates, ratatouille, courgettes à la provençale, caviar d’aubergines, confit d’oignons rouges, huile d'olive au basilic, jus de légumes et gaspacho de concombres, ainsi que différentes soupes avec les légumes que nous avions en surplus : soupe à la courgette (avec sa variante courgette poivrée), soupe à la tomate, soupe tomates courgettes, soupe à l’oignon. 

En ce qui concerne les confitures, ce fut plutôt une année de vaches maigres dans notre région où beaucoup d’arbres fruitiers n’ont rien donné. Ce n’était peut-être pas plus mal pour Claire car devant accoucher mi- octobre, elle n’était pas tellement disposée à rester longtemps debout devant la cuisinière à tourner la confiture. Pas de frustration donc en espérant que l’année prochaine sera meilleure tout de même! 

Côté jardin, outre les dernières cueillettes de tomates, courgettes, aubergines, poivrons, nous avons fait la récolte des courges. Nous avons semé plutôt largement, mais n’avons pas récolté largement du fait de la sécheresse, même si Jean-Emmanuel avait pris soin de les placer en bas de butte. Petit à petit, nous sélectionnons les variétés de courges qui nous plaisent vraiment. Ils y en a tellement, mais elles sont inégales en terme de saveur et de texture. Pour l’année à venir, nous allons garder les indétrônables potimarrons et butternuts, le royal potiron, l’exotique bleue de Hongrie, l’intrigante galeuse d’Eysine, le délicieux patidou, la mignonne jack be little, la douce melonnée jaspée de Vendée. 
Cueillette des courges dans le verger au pied des buttes

Par ailleurs, Jean-Emmanuel aidé de Rodolphe a poursuivi son expérience avec les fraisiers: il s’agit de percer des trous dans le flan des buttes et d’y implanter des fraisiers pour en faciliter la cueillette. Pas de mauvaise herbe, une réserve d’eau dans la butte et une cueillette à mi-hauteur avec des fraises bien visibles.

En octobre, la dernière touche a été donnée à la chambre des enfants à l’étage avec l’aide de Dady et du même Rodolphe. Une double couche de liège et de feutre de chanvre a été posée sous le plancher pour mieux isoler des bruits de pas. Une fois l’électricité finalisée, il ne restait plus qu’à monter les meubles et les affaires de Bruno et Augustin. Quelle joie fut la leur! Cela faisait plaisir à voir!
Dernier petit effort, les détails, ça compte!
La chambre des garçons, sans maquillage ni artifice, qui attend encore la pose d'un verre sur l'oculus.

À l’étage, Malory, le même maçon qui avait réalisé l’oculus et l’œil de bœuf sur le pignon, a terminé de percer les deux fenêtres gemellées sur le mur de la façade. Une bonne chose de faite! C’est agréable de voir plus de lumière pénétrer dans le grenier. Cette double-fenêtre donne sur une chambre en cours d’aménagement qui sert aux amis de passage pour l’instant. 
Ouverture en cours de réalisation bien avancée...


... et achevée. Attention, vous êtes surveillés!

En novembre et décembre, la saison n’est plus tellement propice aux travaux, mais plutôt aux rangements de fond, notamment dans le grenier et dans la pièce qui nous sert de stockage. C’est l’époque aussi des menus travaux d’entretien etc...

C’est aussi la saison de la chasse! Nous ne sommes pas encore adhérents de l’éminente société de chasse de Hiesse, mais nous avons fait la nôtre à notre manière... Un jour que Jean-Emmanuel circulait sur la route d’Epenède, il voit un chevreuil inerte sur le bas-côté. Bien entendu il fait demi-tour et tombe nez à nez avec une antique quatre ailes qui s’arrêtait précisément au même endroit. Le moustachu qui en sortait avait été appelé par un ami pour venir chercher le chevreuil fraîchement tapé. Très élégant, Jean-Emmanuel propose à l’homme de l’aider à mettre la bête dans son coffre. Bien lui en a pris car Guy, ainsi se nommait-il, chasseur de naissance et Hiessois d’origine, lui a promis de nous apporter la moitié du chevreuil dépecé chez nous. Ce qu’il a fait. Assez peu de temps après, nous tapons nous-mêmes un jeune chevreuil à la tombée de la nuit avec le camion (heureusement !). Jean-Emmanuel  se rend avec Bruno chez l’ami Guy pour qu’il lui montre comment dépecer l’animal. Les deux s’entendent bien, c’est même lui qui nous a prêté sa remorque pour nos livraisons de Noël en région parisienne! 
Âmes sensibles, s'abstenir!
Jean-Emmanuel commence à savoir s'y prendre, et les fils apprennent en même temps!
Mais la saga de la chasse n’est pas terminée... Début janvier, nous trouvons à la nuit sur notre petite route de la Roussie un lapin, ou un lièvre, frappé par une voiture peu de temps avant notre passage. Ni une ni deux, il se retrouve dans notre coffre et cette fois-ci, Jean-Emmanuel n’a pas eu besoin d’aller chez Guy pour le dépecer ! À Claire ensuite de cuisiner. De notre avis commun, c’est le lapin le plus savoureux, même si le chevreuil, surtout le plus jeune, était bon également. 

Nos repas dominicaux ont aussi été agrémentés grâce à nos poules. Nous avons décidé de tuer les plus âgées et de renouveler l’équipe avec de jeunes poules au printemps prochain. Cela nous a valu quelques poules au pot, fort appréciables. Ce fut pour Claire l’occasion d’apprendre à plumer et vider une poule. Un peu d’émotion à la première, surtout quand il s’agit de fourrer sa main dans les entrailles, mais comme pour la cuisine du cochon l’an dernier, aucun dégoût, voire même le contraire. Un goût à réaliser ces gestes séculaires et à être plus en prise avec la réalité des choses. 



Entre autres diverses activités, Jean-Emmanuel s’est rendu à une conférence sur le changement climatique dans notre région. D’après la chercheuse qui s’exprimait, on évoluerait en Charente vers un climat méditerranéen ce qui aurait des conséquences sur les arbres : les nombreux chênes qui forment les haies par ici vont mourir petit à petit en commençant par la tête, et nous le voyons déjà un peu, ce qui implique de les remplacer progressivement par des essences plus adaptées. La Charente limousine sans ses chênes c’est un peu Paris sans la tour Eiffel voire même sans Notre-Dame ! Pour tout vous dire nous avons même planté des amandiers. Au moins donneront-ils de belles fleurs, au mieux ils nous donneront des amandes d’ici 2050 !


En bref, va falloir s'adapter sec !!!

Pour revenir à des réalités plus contemporaines, un peu de nouveau du côté de la commercialisation. En novembre, nous avons intégré un groupement de producteurs de Charente limousine basé à Saint-Maurice des lions, justement nommé le Comptoir des lions. Un site Internet permet aux clients intéressés de faire leur commande en ligne chaque semaine: différentes viandes, légumes, bocaux divers, savon, pain, œufs, tisanes etc... Des bénévoles et des producteurs se relaient chaque semaine pour faire les paniers et assurer les permanences de livraison. C’est motivant de participer à ce genre de projet. Longue vie au comptoir ! 

Tout est dit!

Par ailleurs la boutique bio de Confolens, qui nous prenait un peu de légumes l’été nous prend maintenant également des bocaux. Nous avons réalisé d’ailleurs à sa demande des tomates pelées en bocal, un produit que nous n’avions pas eu l’idée de faire et qui apparemment est assez demandé.
Depuis fin janvier, nous avons passé un contrat avec un magasin de producteurs de Poitiers, les Plaisirs fermiers, une boutique autrement plus grande et fréquentée que celle de Confolens. Nous y avons déposé des soupes et des coulis de tomate, produits que nous avons encore en quantité, sachant qu’ils sont intéressés l’an prochain par d’autres bocaux. C’est une perspective assez réjouissante qui sécurise un peu les débouchés pour nos produits transformés. 



Nous ne nous sommes toujours pas lancés dans les marchés, mais nous avons testé cette année un marché de Noël dans le village voisin d’Alloue. Nous y étions allés en touristes l’an dernier et l’avions trouvé à la fois sympathique et fréquenté, ce qui ne gâche rien. Cette année, il était sympathique mais pas très fréquenté ! Nous y avons proposé des tasses de soupe chaude, des galettes et macaronés ainsi que nos bocaux. Pas de regrets malgré tout, surtout pour Claire qui aime bien vendre sur les marchés.
Pour finir avec la commercialisation, nous avons profité de notre retour en région parisienne à l’occasion de Noël pour organiser des livraisons de bocaux sur quelques points prédéfinis. Merci encore à ceux qui ont bien voulu stocker des sacs chez eux! Ce système nous a demandé un peu de travail pour préparer les colis avant notre départ, mais l’avantage était que nous emportions avec nous uniquement les quantités voulues et qu’une fois sur place il n’y avait plus qu’à livrer avec le plaisir de rendre visite ainsi aux uns et aux autres.

D’un point de vue plus strictement familial, notre vie a été un peu chamboulée avec l’arrivée le 13 octobre de Rémi qui a bien vite trouvé sa place parmi nous. Très mignon, objet de toutes les attentions de ses frères, il nous réjouit depuis ses deux mois par ses sourires et ses areuh !
Il a reçu le baptême le 10 novembre dans l’église de Confolens entouré de famille et d’amis. Merci  Seigneur ! 

Même pas pleuré!
"Emi, ça va? Didi, dada, didi!"
Les garçons sont toujours aussi en forme, ils font plaisir à voir. La grande joie de Bruno a été de préparer Noël de multiples façons: décorations de sapin en pâte à sel, installation de la crèche, réalisation d’une petite crèche pour leur chambre, couronne de Noël etc... 

L'air de la Roussie, ça réussit!
C'est tellement drôle de taper partout!

Quel plaisir de peindre les décoration de Noël en pâte à sel!
Vivement Noël prochain!
La bande de gars du 4, la Roussie
 A bientôt pour vous raconter nos aventures hivernales!


samedi 16 novembre 2019

Eté 2019


Quand on s’embarque dans un été, comme cela, l’air de rien, un 21 juin, on est bien contents mais on ne sait jamais dans quelle aventure on s’embarque… Quelles surprises va nous réserver la météo ? Un été pourri ? un été sec ? un été idéal alternant de belles plages de chaleur avec des épisodes pluvieux ? Que vont devenir nos beaux petits plants soigneusement mis en terre au printemps ? 

Bon, eh bien cette année l’été nous a surpris dès le départ avec ce fameux épisode de canicule fin juin doublé d’un autre en juillet, qui n’ont pas été sans conséquences pour nous. La canicule précoce de juin a affecté en particulier les plants de tomates, alors en fleurs. 


Nous n’avons pas réalisé sur le moment, mais seulement progressivement, que les fleurs tardaient étrangement à se transformer en fruits ; et pour cause, elles « fondaient » sous les très fortes chaleurs, c’est-à-dire que beaucoup sont tombées. Cela a signifié moins de tomates, et surtout des récoltes très tardives. Au début nous ne savions pas tout cela et nous croyions les seuls à avoir mal géré nos tomates ; mais petit-à-petit nous nous sommes rendu compte que le phénomène avait affecté avec plus ou moins d’étendue de nombreux maraîchers. En bref, cela a été une très mauvaise année pour les tomates. Nous avons dû attendre la fin août pour en mettre sur notre étal, et encore, les premiers clients  arrivés étaient les premiers servis. En revanche en septembre, elles étaient enfin bien parties, mais les principaux clients aussi… 




Curieusement, les salades n’ont pas trop mal résisté à ce temps impitoyable, sans doute grâce aux voiles dont Jean-Emmanuel les a recouvertes. 

En revanche une culture a très bien réussi cette année, ce sont les oignons. Ils ont pleinement profité d’un printemps assez pluvieux, et la récolte a été tellement belle qu’elle nous a pris plus de temps que prévu au début de l’été, retardant les travaux auxquels Jean-Emmanuel voulait enfin s’attaquer. C’est qu’il ne suffit pas de les ramasser, ce qui prend déjà du temps, mais ensuite il faut les étendre au sec pour les mettre à sécher avant de les stocker en coupant la tige asséchée. Sur les trois variétés d’oignons, blancs, rouges et jaunes, nous avons dû récolter environ 600 kilos ! Une bonne partie a été vendue en direct, une autre a servi pour nos bocaux, et la dernière est pour notre consommation personnelle. Les oignons, c’est bon pour la santé !


Essai de la technique ancestrale des oignons suspendus

Finalement, adoption d'une technique simplifiée : coupe de la tige et séchage directement en cageots

La sécheresse et les fortes chaleurs de l’été ont porté préjudice à plusieurs cultures car vu le peu d’eau disponible dans notre puits, nous avons dû faire des choix. Nous avons arrosé en priorité les légumes de la serre ainsi que les aubergines, les courgettes et les concombres. 


Rangs d'aubergines et de courgettes. 

En revanche les choux, les poireaux et les courges ont dû se débrouiller tout seul, avec un résultat mitigé…La leçon à tirer est qu’il va falloir que nous augmentions nos ressources en eau, soit par un forage, soit par un système de récupération des eaux de pluie. C’est au programme pour la saison prochaine. 

Et la serre, nous demanderez-vous peut-être ? Elle a permis de récolter des tomates tard dans la saison sans qu’elles soient touchées par le mildiou. Mais il n’y a pas eu assez d’orages durant l’été pour qu’elle soit autonome en eau. De plus on s’est aperçus que les plants de tomates, bien développés et placés en haut des buttes, avaient fait trop d’ombre aux aubergines et aux poivrons. Il faudra à l’avenir les espacer ou les tailler davantage. Nous avons tout de même eu une belle récolte de poivrons en fin de saison. 





Pour revenir à nos tomates, leur retard a été non seulement un problème pour approvisionner les clients de notre marché à la ferme, mais encore pour fournir la Maison Maria Casares, envers qui nous nous étions engagés à livrer 20 à 25 kilos de bonnes tomates par semaine. La Maison Maria Casares, nous vous en avions déjà parlé, est un beau domaine ayant appartenu à l’actrice du même nom et légué à la commune d’Alloue qui en a fait un lieu de résidence pour des troupes de théâtre. L’été, la Maison organise durant cinq semaines des goûters, apéritifs et dîners-spectacles en ayant le souci, et cela est nouveau, de travailler avec des producteurs locaux. Mais fin juillet, nous n’étions toujours pas capables de leur fournir les tomates, ni début août, ni même mi-août ! Nous avons donc dû compléter avec nos concombres et demander à trois producteurs différents pour parvenir à livrer la dose hebdomadaire. Inutile de vous dire que nous avons été à la fois impuissants et bien contrits de cette situation !
Heureusement, nous avons pu honorer notre engagement à fournir environ 50 pots de ratatouille par semaine, toujours pour les dîners-spectacles, apparemment fort appréciée du public. Pendant cinq semaines, nous sommes allés tous les mercredis à Alloue pour cuisiner nos ratatouilles dans la cuisine de la salle des fêtes, gracieusement prêtée par la mairie, et bien plus adaptée pour ce genre de quantité que notre cuisine de la Roussie… De plus nous avons bénéficié du secours d’une machine coupe-légumes achetée par la Maison Maria Casares exprès pour la confection des ratatouilles, mais en vue d’équiper ensuite le futur laboratoire de transformation prévu dans l’ancienne boulangerie d’Alloue (voir blogs précédents). 


Les légumes sont revenus séparément à l'huile d'olive pour la ratatouille
Le fameux coupe-légume.

Nous avons renouvelé notre collaboration avec le domaine de Boisbuchet, centre d’architecture et de design, qui accueille tout l’été des jeunes  et quelques moins jeunes du monde entier pour participer à des workshops (ateliers) animés par des pointures internationales. Chaque semaine, nous leur avons ainsi livré des légumes. 

Nous avons également repris nos marchés à la ferme deux fois par semaine. La fréquentation a été clairement plus importante en août. 


Mais où est la vendeuse?

Par ailleurs, nous avons continué à fournir les deux restaurants avec qui nous travaillons depuis maintenant trois ans : la Châtellenie à Availles-Limouzine, et le Virage à Pressac.

Une nouveauté en termes de vente : nous avons commencé, depuis la fin du printemps, à livrer quelques paniers à Confolens le vendredi matin. Claire s’est habituée à faire sa petite tournée : d’abord à l’hôpital pour quelques   membres de l’Amicale du personnel, puis au Ptit Panier bio (la boutique bio de Confolens), puis chez quelques commerçantes et enfin chez quelques particuliers. Finalement, cela prend l’ensemble de la matinée, entre la cueillette, la préparation des paniers et la livraison. 


Paniers de la fin du printemps

Quant aux travaux, les choses ont avancé. A l’heure où nous vous écrivons, Bruno et Augustin, nos deux aînés, dorment enfin dans leur belle chambre toute neuve, fruit du travail de cet été. Si les matinées étaient plutôt consacrées au jardin, et en particulier la cueillette, les après-midis restaient libres pour les enduits de la future chambre ainsi que du plafond de la salle de bain. Les woofers que cela intéressait pouvaient y participer. Merci à eux ! 


Dur, dur, la première expérience d'enduit sur un plafond!

Ca avance la chambre des enfants!


Monte-sceau

Et nous aussi on travaille! (Avec les doudous s'il vous plaît...)


Fin août, nous avons pris la liberté de nous absenter de la ferme pour participer à des vacances familiales. Nous avons alors confié la place et nos activités à une petite famille désireuse de s’essayer à notre mode de vie pendant une semaine. Merci Raphaëlle et Jean-René de nous avoir remplacé en assurant les cueillettes, la préparation des paniers, les livraisons, les ventes à la ferme etc… Vous avez apparemment trouvé que ce n’était pas de tout repos ! 



En septembre nous étions encore en pleine production, surtout pour les tomates qui donnaient enfin leur mesure. Mais, comme nous vous l’avons déjà dit, la pleine saison des vacanciers est passée. Nous avons tout de même continué à vendre à quelques clients locaux et livré des légumes à l’école primaire de Civray.

La période des bocaux revient. Nous reprenons la route du laboratoire de transformation en sud-Charente pour confectionner des soupes à base de courgette, d’oignons et de tomates, légumes que nous avons en abondance.






Quant aux ratatouilles, coulis de tomates et pots de courgette à la provençale, nous pouvons  les réaliser dans la cuisine de la salle des fêtes d’Alloue avec nos stérilisateurs car le taux d’acidité est suffisant, grâce à la tomate, pour assurer une bonne conservation. 


Ca stérilise!


Claire quant à elle, commence à lever le pied, car le ventre s’arrondit sérieusement et rester debout toute la journée dans un labo est malgré tout assez fatigant. Heureusement Jean-Emmanuel est épaulé par des woofers de choc qui l’aident pour la transformation. Des temps festifs viennent agrémenter l'ordinaire surtout avant les départs des uns des autres. 


Les grandes tablées sont fréquentes l'été



Soirée des talents à la Roussie (excusez la qualité de la photo)

Par ailleurs, cette année encore nous avons eu de la visite d'amis et de famille qui nous ont fait grand bien et qui nous permettent de sortir un peu le nez du guidon!


Bruno et Augustin grandissent bien. Avec eux nous découvrons avec bonheur les différentes étapes et la grâce de l'enfance. Ils sont très complices même si les confrontations sont fréquentes. 

Bruno et Augustin jouent au "château des ennemis"


Et même si le 13 octobre, ce n’est plus l’été, nous ne pouvons passer sous silence l’événement tant attendu : la naissance de Rémi, fort bien accueilli par ses deux grands frères ! 






lundi 15 juillet 2019

Printemps 2019





Le printemps est là, il a même été en avance cette année, nous poussant à l’action après le temps des bilans et de la réflexion sur la saison à venir. 

Les pommes de terre, les petits pois et les oignons ont déjà été semés, il reste maintenant les fèves, en attendant les plantations des légumes d’été qui nécessitent plus de chaleur. 
Bruno et Augustin "au travail" près des fèves qui émergent tout juste

La grande affaire de la saison a sans nul conteste été la fabrication de la serre derrière la maison, du moins la première partie, car elle a vocation à être doublée l’année prochaine. Enfin ! direz-vous peut-être… Un maraîcher sans serres est un drôle de maraîcher ! D’abord, Jean-Emmanuel voulait tester ce qu’il était en mesure de cultiver sans cet artifice. Et il a vu que pour les légumes d’été comme les tomates, mais surtout les aubergines et les poivrons, il y avait tout de même besoin de cette maison chaude pour étendre leur période de production... 
De plus, il voulait prendre le temps de concevoir une serre idéale, si tant est qu’elle puisse exister, du moins qui tenterait de pallier les inconvénients des serres conventionnelles (les tunnels plastifiés): 
- Par rapport au  problème de  la prise au gel quand le thermomètre descend en-dessous de 0, il a choisi de doubler la bâche plastique ; 
Agraffage de la double-bâche avec Manon, Coline et Maxime
- pour réduire la quantité d’eau nécessaire à l’arrosage d’une serre classique, il a prévu la récupération de l’eau de pluie qui coulera des toits directement sur le sommet des buttes de culture et irriguera ainsi toute la butte 

- quant à la circulation insuffisante de l’air en cas de forte chaleur, elle peut être corrigée en optant pour la version « serre chapelle » plutôt que la traditionnelle « serre tunnel ». Les couloirs de cultures appartiennent à un même vaste espace dans lequel l’air circule mieux et se réchauffe moins vite. Jean-Emmanuel a maintenu le choix des buttes étagées pour cultiver dans la serre : cela gagne de la place et permet de mieux optimiser l’eau. 

A la fin de l’hiver, la réflexion était mûre, les matériaux nécessaires commandés : le chantier a été lancé, et la réalisation a duré pratiquement tout le printemps. Evidemment, cela a pris plus de temps que nous ne l’imaginions, tous ceux qui se lancent dans des travaux le savent. 


Le père de Jean-Emmanuel en train de réaliser l'ossature des modules de la serre

Pendant ce temps, Jean, Florian et Jean-Emmanuel s'attellent à la construction des buttes de culture
Et un module de posé !
L'arrimage des modules aux buttes

Sur le bord de la serre, des bacs pour les semis

En parallèle de la réalisation de la serre, de nouveaux espaces de cultures ont été mis en place : les « plates-bandes du bureau », toutes proches de la maison elles aussi (c’est le meilleur moyen de bien en prendre soin), ainsi que « l’octogone » dans le parcours et les « plates-bandes de la plage » près de l’une des mares. 


L'octogone avant...

Après ! 

Au mois de mai, les saints de glace ont sévi en avance, les traitres. Heureusement que la météo existe ! Nous avons voilé tous les fraisiers en fleurs, mais n’avons pu empêcher le gel d’endommager les plants de pommes de terre déjà sortis. Ces coups de froid terminés, nous pouvions commencer à semer et planter les légumes d’été : les haricots, tomates, basilic, aubergines, poivrons, concombres, courgettes et courges essentiellement. 

Savez-vous planter les choux, à la mode de chez nous?

Ici tout le monde travaille ! Implantation de courges. 

Cette année, Jean-Emmanuel a essayé une nouvelle technique sur plusieurs plates-bandes : la plantation sur bâche biodégradable. La bâche noire fournit un paillage (c’est que cette année la paille est chère à cause de la sécheresse de l’été dernier), elle réchauffe le sol, évite le désherbage et permet d’économiser de l’eau en maintenant l’humidité du sol. 


Dans le champ, le sarrasin a laissé place cette année à un semis d’engrais verts. Il était prévu au départ d’y cultiver une céréale, mais c’est que de l’idée à la réalisation, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît pour des bleus comme nous. A force de recherches pour savoir quoi semer, où se fournir la semence, à qui faire appel pour faire le travail de préparation du sol, la saison des semailles était passée, et nous avons dû nous rabattre sur les engrais verts, ce qui au fond n’est pas si mal car notre champ a grand besoin d’être régénéré !
Début du labours dans le champ
 La fin de l’hiver, nous avions semé au fond du champ entre les lignes d’arbres plusieurs variétés de pommes de terre en espérant que les doryphores ne s’y déplaceraient pas. Mais ce n’est pas assez loin encore pour eux, et nous avons été pris d’assaut pas ces voraces. Quand on ne traite pas, le seul moyen est d’essayer de les éradiquer avant que les larves n’éclosent. Mais quel travail de minutie et de patience le dos courbé ! Tout comme le désherbage, certes réduit par le paillage, mais tout de même nécessaire. 

Pour toutes ces tâches énumérées au-dessus, nous devons remercier chaleureusement le père de Jean-Emmanuel qui a été d’une aide précieuse pour plusieurs tâches, surtout la serre, ainsi que tous les woofers qui se sont succédé durant le printemps. 
Une jolie petite barrière séparant le verger du jardin. Merci Dady ! 

Une belle équipe cette semaine-là avec Jean, Florian, Vincent, Roxane et Caroline

Dernier repas pour Manon et Coline.
François reviendra pour de nouvelles semaines de stage chez nous.
 

Nous nommerons Jean en particulier, chercheur en paléontologie, qui est resté chez nous durant quatre mois, de début mars à fin juin et qui a été un fidèle soutien, motivé, intéressé et intéressant. Un grand merci à lui ! 
Jean nous montre une belle couleuvre qu'il a trouvée dans une des mares. 

Pour loger tout ce petit monde, de un à quatre woofers en même temps, nous bénéficions du studio mis à disposition dans leur ancien garage par les parents de Jean-Emmanuel (grand merci à eux !), d’une tente d’appoint ainsi que d’une caravane nouvellement acquise. Nous avions remarqué que nos voisins avaient stocké leur caravane dans leur jardin et ne s’en servaient guère. Notre prix fut le leur, un grand coup de propre et hop, la voilà en service ! 


Le printemps apporte avec les nouveaux légumes qui apparaissent progressivement de nouvelles saveurs dans l’assiette, et ça, c’est un vrai plaisir ! Les orties d’abord sont revenues à foison. Il nous restait des pommes de terre, les dernières de la saison : nous avons donc décidé de descendre en Sud Charente dans le labo de transformation que nous avions déjà loué l’an dernier pour faire une grande tournée de soupes d’orties. Plus de trois cents bouteilles en une journée. Avis aux amateurs pour l’hiver prochain !
Empaquetage des bouteilles de soupes après leur sortie de l'autoclave

Puis les fraises ont fini par rougir vers la mi-mai. Aussi bonnes dégustées fraîches ou en sorbet qu’en confitures.

Des sorbets maison à la mode du Poitou ! 

Il y a eu ensuite les fleurs de sureau dont on peut tirer un bon sirop, ce que nous avons fait. Bruno est toujours aussi demandeur d'aider en cuisine...
Filtrage du sirop de sureau après avoir trempé une dizaine de jours avec les fleurs

Et enfin les salades, les oignons frais avec leurs tiges vertes, les choux pointus, les petits pois, les fèves, les betteraves, les blettes et tout dernièrement les pommes de terre nouvelles. 
Les gousses de petits pois: vert sur vert, pas facile la cueillette ! 

En-dehors des légumes, nous avons testé, grâce à Florian et Jean motivés pour aller à la pêche, les cuisses de grenouille. De nos mares bien sûr ! Et bien, contrairement aux escargots l’an dernier, nous avons été heureusement surpris du résultat : une chair blanche, assez fine, au goût discret mais bien présent. 
Le dépeçage des grenouilles

Les cuisses de grenouilles à l'ail et au persil
De même Florian, qui venait d’une ferme où il avait appris à tuer et vider un poulet, nous a préparé deux poules de notre poulailler, qui ont fini l’une rôtie comme un poulet, et l’autre au pot comme au temps du bon roi Henri. Et bien nous réalisons que ce n’est pas un hasard si les vieilles poules étaient plutôt passées à la marmite qu’au four, elles sont plus tendres ainsi… 

Tant qu’à parler des animaux de notre ferme, voici quelques nouvelles, pas tellement réjouissantes pour certaines… Commençons par les poules : nous les avons déplacées de leur enclos historique, où il n’y avait plus d’herbe et donc plus grand-chose à manger en partie à cause des cochons, pour les emmener sur la « plage ». Jean-Emmanuel leur a confectionné un poulailler sur pilotis dans lequel elles puissent monter toutes seules le soir. 
C’est qu’elles n’y sont pas toutes arrivées du premier coup et il a fallu leur proposer plusieurs genres d’échelle pour que tout ce petit monde rentre au bercail sans que le renard y monte aussi. Et puis les poules n’aiment pas tellement le changement : cela se voit au temps qu’elles ont pris pour se remettre à pondre comme avant. Pendant ce temps, l’engrais vert semé dans leur ancien enclos a poussé assez rapidement avec les pluies de printemps et elles sont maintenant revenues à la maison. La petite poule naine noire s’est mise à couver, nous attendons les naissances. 

Une belle surprise un beau jour d'avril: une cane sauvage s'est invitée dans notre mare ronde pour faire éclore ses petits canetons. 

Quant à Oseille, nous devons malheureusement vous annoncer qu’elle n’est plus de ce monde. Nous l’avons retrouvée raide morte devant notre porte au matin de l’Ascension, non sans avoir constaté la veille qu’elle n’était pas très en forme. C’est alors que Claire a réalisé qu’elle l’avait surprise l’avant-veille dans la bergerie, où il lui était interdit d’aller et où nous mettions des pastilles empoisonnées pour venir à bout des rats. Cela fait un vide, elle avait petit à petit conquis sa place parmi nous et conquis tous nos visiteurs par son calme et son côté très affectueux. 


Au mois de juin, nous avions finalement pas mal de choses à vendre dans notre jardin, les fraises bien sûr, mais aussi des salades, des oignons frais, des blettes, puis des petits pois et des fèves, des choux pointus et des betteraves avant de voir apparaître les toutes premières pommes de terre nouvelles et courgettes. Ne commençant les ventes régulières que mi-juillet, nous avons spontanément organisé une vente/cueillette à la ferme durant trois matinées du samedi en faisant appel à notre propre réseau. Sur un malentendu, une journaliste de la Charente Libre est venue lors de la première vente ; l’occasion fait le larron, c’est bien connu, nous l’avons donc laissé rédiger un petit article dans le journal qui nous a rapporté sur les ventes suivantes… deux clients !! Heureusement, nous avons déjà commencé à tisser un réseau local qui s’étend peu à peu. 

Les mêmes, en couleur ! 

La vie continue à la Roussie, bien animée par les enfants en pleine forme, par le séjour des différents woofers ou par la visite ponctuelle de famille ou d’amis, toujours bienvenue. 
Bruno a fêté ses trois ans en avril, non sans fierté, avec une grande conscience d'être devenu un grand. 


Le petit numéro trois semble bien grandir. Rendez-vous en octobre pour l’heureux événement !